● Numerama
📅 04/05/2026 à 10:50
Il pèse 4 fois moins lourd mais veut racheter eBay : l'incroyable pari de GameStop
Cybersécurité
👤 Lisa Imperatrice
Lecture Zen Résumer l'article GameStop lance une OPA non sollicitée sur eBay, valorisant la plateforme à environ 56 Md$. Ryan Cohen promet 2 Md$ d’économies annuelles pour relancer la création de valeur et faire d’eBay un « vrai concurrent » d’Amazon. La faisabilité de l’opération est jugée incertaine par les analystes, avec le risque d’une bataille de gouvernance. GameStop lance une OPA non sollicitée sur eBay, valorisant la plateforme à environ 56 Md$. Ryan Cohen promet 2 Md$ d’économies annuelles pour relancer la création de valeur et faire d’eBay un « vrai concurrent » d’Amazon. La faisabilité de l’opération est jugée incertaine par les analystes, avec le risque d’une bataille de gouvernance. Recevez tous les soirs un résumé de l’actu importante avec Le Récap’ Le 3 mai 2026, GameStop a créé la surprise en annonçant une OPA non sollicitée sur eBay, valorisée à 55,5 milliards de dollars. Une offensive audacieuse, portée par Ryan Cohen, qui ambitionne de transformer la plateforme en concurrent direct d’Amazon. L’opération a de quoi surprendre tant elle détonne dans le paysage des acquisitions. Le 3 mai 2026, la chaîne américaine de magasins de jeux vidéo GameStop — propriétaire de Micromania — a créé la surprise en annonçant vouloir s’offrir eBay pour environ 56 milliards de dollars. Une OPA non sollicitée avec une ambition claire : faire de la plateforme un « vrai concurrent » d’Amazon. Depuis le 4 février, le groupe a discrètement accumulé près de 5 % du capital d’eBay. L’offre, financée à parts égales en numéraire et en actions GameStop, valorise chaque titre 125 dollars, soit une prime d’environ 46 % par rapport au cours moyen d’eBay sur cette période, selon les calculs de l’entreprise. « eBay devrait valoir davantage et vaudra davantage d’argent », a assuré Ryan Cohen, patron de GameStop, dans un entretien au Wall Street Journal. Avant d’ajouter : « Je réfléchis à faire d’eBay une entreprise valant des centaines de milliards de dollars. » GameStop propose d’acquérir eBay à 125 $ par action. // Source : GameStop Le plan de Ryan Cohen pour mettre la main sur eBay Concrètement, pour rendre ce montage possible, Ryan Cohen affirme disposer d’une lettre d’engagement « très favorable » de TD Bank portant sur environ 20 milliards de dollars de dette, qui viendraient s’ajouter aux 9,4 milliards de dollars de trésorerie dont le détaillant dit disposer au 31 janvier 2026. L’entreprise de jeux vidéo, qui, pour rappel, pèse environ quatre fois moins que eBay en Bourse, tente ainsi de tirer parti de sa capacité d’endettement retrouvée et de l’appétit actuel des marchés pour se hisser, d’un coup, dans la cour des géants du commerce en ligne. Car la promesse centrale de Ryan Cohen est limpide : générer de la « création de valeur », alors même qu’eBay serait aujourd’hui sous-valorisé, selon le dirigeant. Pour y parvenir, GameStop met en avant un plan d’économies de coûts particulièrement agressif, visant 2 milliards de dollars de réductions annualisées dans les douze mois suivant la finalisation. Selon la lettre, ces économies passeraient notamment par 1,2 milliard dans les ventes et le marketing, 300 millions dans le développement produit, ainsi que 500 millions dans les fonctions administratives, immobilières et informatiques. À périmètre comparable, le groupe assure que cette cure d’austérité suffirait à faire bondir le bénéfice net par action d’eBay de 4,26 dollars à 7,79 dollars dès la première année. Sur le papier, l’opération doit aussi rebattre les cartes pour eBay dans le paysage du e-commerce. En combinant la marketplace mondial du site et le réseau de 1 600 magasins de jeux vidéo de GameStop aux États-Unis, Ryan Cohen promet un acteur plus intégré, capable d’offrir davantage de services aux vendeurs, de nouer de nouveaux partenariats avec des marques et d’investir dans la logistique comme dans la publicité à un niveau plus proche de celui d’Amazon. Dans sa communication, le dirigeant présente le projet comme une réponse directe à la domination du géant de Seattle, en misant sur un modèle hybride — entre commerce en ligne, distribution physique et discipline des coûts — pour gagner en compétitivité. Les locaux d’eBay à San Jose en Californie. // Source : Wikimedia/CC/And3275 GameStop peut-il vraiment acquérir eBay ? Si les intentions affichées peuvent sembler séduisantes, s’attaquer à une cible bien plus grande que soi reste une entreprise délicate. Les premières réserves émergent du côté des analystes et d’investisseurs déjà convaincus par la trajectoire actuelle d’eBay. À Wall Street, plusieurs voix doutent de la capacité de Ryan Cohen à mener à bien une opération d’une telle ampleur, tant sur le plan financier qu’opérationnel. Des analystes de Bernstein (via le Wall Street Journal) soulignent notamment que le redressement d’eBay est déjà bien engagé. En effet, la plateforme s’est recentrée sur les objets de collection et d’autres niches, tout en affichant des résultats solides : un volume de transactions en hausse de 18 % sur un an au premier trimestre, des réductions de coûts ciblées et un recours accru à l’intelligence artificielle pour optimiser les achats et les ventes. Dans ce contexte, certains s’interrogent sur l’intérêt de « bouleverser l’ordre établi ». Face à ces critiques, Ryan Cohen met en avant son parcours d’investisseur activiste et de dirigeant adepte des paris audacieux. Il s’est fait connaître en entrant au capital de GameStop en 2020, en dénonçant la lenteur de sa transition vers le e-commerce, puis en devenant l’une des figures de la frénésie des « meme stocks » en 2021, avant d’être nommé directeur général en 2023. Depuis, il a fermé des centaines de magasins, quitté plusieurs marchés internationaux et recentré l’entreprise sur des produits à plus forte marge, comme les cartes à collectionner et les consoles rétro. Aujourd’hui, il propose d’appliquer cette méthode à eBay : intégrer les boutiques GameStop comme points de collecte et d’authentification pour les vendeurs, accélérer sur le live commerce, et aligner sa propre rémunération sur la performance du nouvel ensemble. Le plan, présenté en janvier 2026, prévoit un mécanisme pouvant lui rapporter jusqu’à 35 milliards de dollars en actions si la valorisation de GameStop atteint 100 milliards. GameStop // Source : Flickr Un énorme coup de communication ? À ce stade, les chances de voir le projet aboutir restent très incertaines. Sur le papier, la mécanique financière existe : les banques sont prêtes à prêter, des précédents montrent que des groupes plus petits ont déjà absorbé des cibles plus grosses, et Ryan Cohen a un plan détaillé de coupes de coûts et de synergies. Mais l’opération cumule les fragilités : une offre non sollicitée, un eBay déjà en phase de redressement, un fort endettement et un dirigeant dont la rémunération est directement corrélée à la hausse du cours, ce qui l’incite à prendre des risques extrêmes. La question n’est donc pas seulement de savoir si GameStop peut techniquement racheter eBay, mais si les actionnaires d’eBay et les régulateurs jugeront ce pari suffisamment crédible pour le laisser exister. Signe supplémentaire de la fragilité du projet, l’offre de GameStop est entièrement à sens unique. eBay n’a pas cherché de repreneur et n’a, à ce stade, donné aucun signe d’ouverture. Ryan Cohen reconnaît lui‑même qu’il s’agit d’une démarche « non sollicitée » : si le conseil d’administration refuse d’entrer en discussion, il se dit prêt à contourner la direction pour aller séduire directement les actionnaires, au prix d’une bataille de gouvernance potentiellement longue et très conflictuelle. Pour les investisseurs, difficile de trancher entre projet industriel sérieux et pari de communication à très haut risque. L’offre sur eBay est incontestablement plus structurée qu’un simple coup de publicité — GameStop a monté une vraie participation, obtenu un engagement bancaire et détaillé un plan de coupes et de synergies –, mais elle s’inscrit dans la même logique que le reste de la stratégie de Ryan Cohen : faire beaucoup de bruit autour d’un pari boursier géant, pendant que les anciennes boutiques, de Micromania à d’autres filiales internationales, sont progressivement sacrifiées. 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