● Silicon.fr Télécom 📅 04/05/2026 à 10:01

Après l'épisode ANTS, l'État entérine la cyber offensive

Cybersécurité 👤 Clément Bohic
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« Plutôt que d’attendre de voir comment un adversaire peut le faire, autant le faire nous-mêmes. » En visite à l’ANTS*, Sébastien Lecornu a fait passer le message : l’État doit « stresser [ses] vulnérabilités ». Les services de sécurité ont reçu des instructions dans ce sens. Pour accompagner l’initiative, il s’agira d’avancer sur l’IA appliquée aux tests et à la détection. Un sujet qui « appelle des discussions d’autonomie stratégique européenne », n’a pas manqué de rappeler le Premier ministre. « J’ai demandé qu’on ait de vrais scénarios de crise, de black-out numérique, a -t-il ajouté. Y compris si une administration américaine décidait de nous priver d’outils. » DINUM et DITP, un projet de fusion qui interroge Sébastien Lecornu souhaite que dès 2027, chaque ministère dédie 5 % de ses budgets numériques à la cyber. Il faudra bien clarifier le rôle de chacun, admet-il : qu’est-ce qui dépend d’un investissement propre et qu’est-ce que l’État doit prendre en charge ?… Lire aussi : ClickFix et l’exploitation du geste de confiance de l’utilisateur Autre perspective à l’horizon 2027 : la constitution d’un fonds pour la modernisation des infrastructures de l’État. L’alimenteront l’ensemble des amendes que prononce la CNIL (environ 500 M€ en 2025). Cette réforme sera portée dans le cadre du prochain projet de loi de finances. De manière plus immédiate (cette semaine en l’occurrence), il y a le déblocage de 200 M€ pour « investir dans les applications, les outils de détection et la cryptographie post-quantique ». Une enveloppe prise sur les crédits de France 2030. On se dirige par ailleurs vers une fusion de la DITP (Direction interministérielle de la transformation publique) et de la DINUM (Direction interministérielle du numérique). Une manœuvre qui laisse Gilles Babinet circonspect. On est en droit de se demander en quoi les expertises de l’une renforceront celles de l’autre, estime l’entrepreneur membre du Conseil national de l’IA et du numérique. La DITP « comprend des experts en organisation, en transformation, des designers, des gestionnaires de projets, des hauts fonctionnaires, mais aucun cas en cybersécurité », rappelle-t-il. Ce à quoi on lui rétorque, entre autres, qu’une fusion entre DINUM et ANSSI aurait peut-être été plus logique… * Mi-avril, l’ANTS (Agence nationale des titres sécurisés) a subi un piratage. L’attaque a exposé près de 12 millions de comptes contenant des données personnelles. Un individu de 15 ans soupçonné d’y avoir contribué a été interpellé. Illustration principale © mapsandphotos – Adobe Stock
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