● Les Numériques Télécom 📅 03/05/2026 à 17:00

Windows 10 : nous avons testé “l'antidote” à 3 € de Back Market pour sauver votre vieux PC

Géopolitique 👤 Corentin Bechade
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Fin de Windows 10 : peut-on sauver son vieux PC avec la clé USB à 3 € de Back Market ? Par Corentin Bechade (@corentinbechade) Publié le 03/05/26 à 17h00 Nos réseaux : Suivez-nous Ajoutez nous à vos favoris Google Commenter 7 © Corentin Béchade / Les Numériques - La boîte de la clé USB Back Market Après le coup d’éclat de son “ordinateur obsolète”, Back Market tente de capitaliser sur la fin prochaine de Windows 10 en commercialisant un “antidote contre la fast tech” sous la forme d’une petite clé USB à 3 €.Volontiers présentée comme “un remède contre l’obsolescence programmée”, la clé n’est en réalité rien de plus qu’un support d’installation pour ChromeOS Flex, le système d’exploitation conçu par Google. La célèbre place de marché s’est associée au géant de la recherche pour faciliter l’installation d’un OS alternatif et garder les millions de machines Windows 10 visées “loin de la décharge”. Publicité, votre contenu continue ci-dessous Publicité Vendu à prix très bas (et même parfois offert), ce petit accessoire porte une lourde responsabilité. D’après Thibaud Hug de Larauze, il doit à la fois “montrer qu’on ne fait pas forcément de compromis en gardant son ordinateur” tout en restant suffisamment accessible pour que le grand public parvienne à le prendre en main. Or, installer un nouveau système d’exploitation n’est jamais une sinécure, surtout pour une population peu technophile, peu habituée à plonger dans les entrailles logicielles de sa machine.Pour jauger les promesses de Back Market, nous avons testé cette clé USB afin de voir si le contrat de simplicité était réellement rempli.Une longue mise en gardeAvant même l’achat, Back Market conseille aux utilisateurs potentiels de vérifier la compatibilité de leur ordinateur avec ChromeOS Flex en se basant sur la liste établie par Google. Première difficulté pour un néophyte : cette liste n’est pas exhaustive (et ne pourra probablement jamais l’être), ce qui ne signifie pas pour autant qu’un PC non répertorié soit condamné. Publicité, votre contenu continue ci-dessous Publicité La firme propose également une foire aux questions sur son site. Après la commande, un email d'accompagnement guide l’acheteur tout au long du parcours d’installation. Ce dernier renvoie vers une page d’aide synthétisant habilement les enjeux de la migration : usages conseillés et déconseillés, public cible, conseils et astuces… Le tout est complété par une vidéo YouTube pédagogique et un tutoriel détaillé. Le sens de la communication de Back Market transparaît jusque dans le packaging. La clé est présentée dans une boîte en carton empruntant aux codes graphiques du secteur médical et de l’activisme écologique. Un mini-tutoriel y est imprimé pour rassurer l’utilisateur dès l'ouverture.Le défi du BIOSUne fois la clé reçue, le véritable défi commence. Quiconque a déjà installé une distribution Linux ou réinstallé Windows sait que démarrer sur un support externe peut s'avérer frustrant. Les raccourcis pour accéder au menu de démarrage (BIOS/UEFI) varient d'un constructeur à l'autre, les interfaces oscillent entre “relativement ergonomiques” et “franchement hostiles”, et il n’est pas toujours facile de comprendre à quel moment exactement il faut marteler Echap ou F12 durant le processus de démarrage.C’est ici que réside le principal point de friction pour le grand public. Back Market s'efforce néanmoins de dédramatiser l'étape : les méthodes d’accès sont détaillées par marque sur leur site. Pour les modèles non listés, la boîte conseille une recherche Google type “[votre modèle] touche de démarrage”. Un conseil pragmatique qui s’est avéré payant lors de nos tests sur des machines Lenovo, Asus, Intel et Apple. Publicité, votre contenu continue ci-dessous Publicité Le géant du reconditionné affirme avoir conçu les tutoriels les plus simples possible, avoir fait tester le gadget “par des non-geeks” et rester de toute façon à la disposition de ceux qui peineraient à passer cette étape. En suivant scrupuleusement la procédure, nous avons réussi à démarrer sur la clé avec nos quatre machines de test. Rien d’insurmontable, même si cela reste l'étape la plus intimidante du processus.Un processus d’installation bien penséUne fois le démarrage sur clé réussi, le reste du parcours est fluide. L’assistant de ChromeOS Flex est ergonomique, malgré quelques latences ponctuelles. Point positif : il est possible de tester le système en mode Live USB afin de découvrir l'interface sans modifier le contenu du disque dur.L'écran d'accueil lors de la phase d'installation de ChromeOS Flex.© Corentin Béchade / Les NumériquesPour une installation définitive, comptez une vingtaine de minutes pour effacer les anciennes données et configurer l'OS. Il suffit de faire preuve de patience et d’implication pendant les phases de mises à jour, mais aucune compétence technique particulière n'est requise à ce stade.Une vraie seconde vie ?Quid des performances ? Sur nos machines de test, la différence avec un Windows 10 vieillissant est flagrante. La réactivité est immédiate et aucun conflit matériel majeur n’a été relevé. Sur un PC doté de seulement 4 Go de RAM, la métamorphose est indéniablement salutaire.Il n’est guère surprenant qu'un système basé à 95 % sur le cloud soit plus véloce qu'un Windows lesté par une lourde dette technique. Toutefois, les pages web devenant de plus en plus gourmandes, ne vous attendez pas à transformer un vieux coucou en bête de course : le système sera plus nerveux, mais restera limité par les composants physiques. Publicité, votre contenu continue ci-dessous Publicité Cette migration offre-t-elle une réelle seconde vie à un PC ? Tout dépend de vos usages. Si vous évoluez déjà dans l’écosystème Google et travaillez essentiellement via un navigateur, la réponse est oui. Dans ce scénario, la clé de Back Market remplit son contrat en évitant l’achat d’un nouveau matériel. C’est une victoire pour le portefeuille comme pour la planète.Les applications de ChromeOS Flex tournent bien sur un vieux PC Windows 10© Corentin Béchade / Les NumériquesEn revanche, si vous dépendez de logiciels Windows spécifiques ou si vous refusez de confier votre vie numérique à Google, cette solution montrera vite ses limites. Comme nous le soulignions lors de notre test de l’ordinateur obsolète, ChromeOS Flex impose des barrières tant techniques que philosophiques. Sans connexion internet, votre machine devient, par exemple, un presse-papiers de luxe.Et pourquoi pas Linux ?Pour échapper à la fin de Windows 10, Back Market a privilégié ChromeOS Flex, arguant que “les usages existent déjà et les interfaces sont largement adoptées”. Si l'argument s'entend, proposer des clés d'installation Linux sur le même modèle aurait été pertinent.L’OS libre propose une logithèque plus fournie et est reconnu pour sa compatibilité étendue et sa sobriété matérielle. Il garantit surtout une meilleure souveraineté numérique en limitant la transmission de données aux géants du net. À lire également : Ordinateur à 99 € et réparation en trois clics : Back Market fait sa rentrée sous le signe de la durabilité Des distributions comme Linux Mint permettent même une installation en parallèle de Windows (dual-boot). L’interface n'est pas plus complexe que celle de Microsoft, même si la gestion de certains pilotes peut parfois s'avérer épineuse sur des configurations exotiques.ConclusionEst-il possible de sauver son vieux PC avec une clé à 3 € ? Oui, sans l'ombre d'un doute. Changer d’OS est une cure de jouvence radicale pour un PC. Cet article est d'ailleurs rédigé sur une machine vieille de 10 ans, libérée de l'emprise de Microsoft depuis longtemps. ChromeOS Flex est-il la panacée ? Pas forcément. Selon vos besoins, une distribution Linux “user-friendly” pourrait offrir un second souffle plus polyvalent aux néophytes.Pour autant, l'initiative de Back Market est salutaire. Chaque ordinateur sauvé de la décharge est une victoire, et inciter les utilisateurs à reprendre le contrôle de leur matériel est une démarche pédagogique nécessaire. On aurait simplement aimé pouvoir s’extraire des griffes d’un géant du web sans se précipiter chez un autre. Mais ça viendra peut-être. 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