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📅 03/05/2026 à 08:10
Écologie et numérique : l'IA se ramasse des mauvais points en France
👤 Corentin Bechade
Presque 90 % des Français se disent "préoccupés par l’impact environnemental du numérique" Par Corentin Bechade (@corentinbechade) Publié le 03/05/26 à 08h10 Nos réseaux : Suivez-nous Ajoutez nous à vos favoris Google Commenter 5 © Luke Conroy, Anne Fehres & AI4Media / Better Images of AI ( CC-BY 4.0) - Le numérique se traine une sale réputation écologique Une très large majorité de la population s’inquiète des effets délétères du numérique sur la planète. C’est ce que nous apprend le dernier baromètre sur la sobriété numérique publié par l’Ademe. On y apprend que près de 88 % des répondants "jugent la question de l’impact environnemental du numérique et la notion de pollution numérique préoccupante", un chiffre en légère hausse par rapport à 2024, où il s’établissait à 85,8 %.Mais "si les préoccupations sont bien là, elles peinent encore à se traduire en actes", note le rapport. Une majorité de la population (56 %) préfère toujours le neuf à la seconde main et seul un quart de la population prend toujours le soin de faire recycler ou reconditionner son smartphone. Et au milieu de tout ça, les craintes climatiques liées à l’IA pointent généreusement le bout de leur nez.Un front contre les dangers de l'IAEn effet, 63,5 % des répondants et répondantes perçoivent l’intelligence artificielle générative comme une menace (voire une menace "très importante") pour l’environnement. En face, moins de 8 % de la population perçoit l’IA comme une chance pour l’environnement.L'appréciation des dangers environnementaux de l'IA en France© AdemeÀ noter que les jeunes entre 18 et 25 sont volontiers les plus critiques avec 77 % de cette classe d’âge qui voit dans la technologie générative un danger pour la planète. Le niveau de diplôme et la classe sociale sont aussi des critères structurants dans la critique environnementale de l’IA avec une condamnation plus ferme chez les plus aisés et les plus éduqués. Un peu plus de 25 % de la population générale ne se prononce par contre pas sur le sujet en raison de "la relative nouveauté du sujet, ainsi qu’une connaissance encore imprécise des enjeux environnementaux liés à l’intelligence artificielle générative". À lire également : La course effrénée aux datacenters est “incompatible avec l’accord de Paris”, prévient l’Ademe Paradoxalement, malgré ces fortes craintes sur le sujet écologique, "près d’un tiers des personnes interrogées estime que la France devrait devenir un leader mondial de l’IAG, quelles qu’en soient les conséquences environnementales", note l’Ademe. En face, un autre tiers y est opposé et un dernier ne se prononce pas. Une tripartition qui "illustre bien le partage de l’opinion sur ces sujets".Une sensibilisation fructueuseConcernant nos smartphones, tablettes, ordinateurs et télévisions, la sensibilisation commence à faire son chemin. La majorité des répondants et répondantes sont conscients des solutions à mettre en œuvre pour limiter leurs empreintes carbone. "Les plus citées en 2025 sont l’allongement de la durée de vie des appareils (65,3 %), la réparation plutôt que le remplacement (64,4 %) et l’achat d’occasion ou reconditionné (58,0 %)", explique le rapport. Les "éco-gestes" du quotidien (limiter le nombre d’applications, privilégier l’audio à la vidéo, etc.), importants, mais moins impactants, restent par contre "largement méconnus", regrette l’agence pour la transition écologique.Au chapitre des bonnes nouvelles quand même, si le prix reste le critère d’achat n° 1 pour l’acquisition d’un appareil électronique, l’indice de réparabilité et la durée de vie des appareils sont une donnée de plus en plus prise en compte au moment de l’achat (+6,3 et +4,6 points respectivement par rapport à 2024). De même, une large panoplie de pratiques pour prolonger la durée de vie des appareils numériques sont désormais mises en place par une majorité de la population. 70,2 % des répondantes et répondantes déclarent protéger et entretenir leurs appareils, 54,4 % font attention à préserver la batterie de leurs gadgets et 53,1 % affirme avoir recours à la réparation en plutôt qu’au renouvellement en cas de panne.Les méthodes connues du grand public pour limiter l'empreinte carbone du numérique© AdemeEnfin, de manière plus structurelle, la régulation des incitations à la consommation (publicités) et l’obsolescence symbolique avec le développement de modèles toujours plus performants commencent à être vues d’un œil critique aussi. Une tendance déjà détectée par Halte à l’Obsolescence programmée l’année dernière.Qui doit faire des efforts ?Concrètement, que ce soit face à l’IA ou au déferlement des nouveaux gadgets sur le marché, l’Ademe dessine le portrait "d’une opinion publique sensibilisée aux enjeux écologiques du numérique, mais toujours partagée dans ses comportements" qui rend "difficile la transition vers une véritable sobriété numérique". Autrement dit, la population française est consciente des efforts à faire, mais peine encore à changer ses habitudes.Du côté des solutions, l’opinion publique se tourne largement vers les entreprises et l’état pour régler ce problème. Plus des 40 % des répondants et répondantes estiment que c’est d’abord aux constructeurs d’agir en faveur de la réduction de l’impact du numérique. L’état, via des régulations et des obligations, arrive sur la seconde marche du podium avant "les particuliers utilisateurs de produit" en bout de chaîne. Consommer mieux d’accord, mais à condition que tout le monde mettent la main à la pâte. Suivez toute l'actualité des Numériques sur Google Actualités et sur la chaîne WhatsApp des Numériques Envie de faire encore plus d'économies ? Découvrez nos codes promo sélectionnés pour vous.
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