● Courrier International 📅 03/05/2026 à 06:04

Trump menace l’Allemagne d’un retrait militaire encore plus important

Géopolitique
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Des soldats américains lors d’une visite du président américain Donald Trump sur la base américaine de Ramstein en Allemagne, le 27 décembre 2018. SAUL LOEB / AFP “L’Allemagne s’est réveillée samedi matin en apprenant que les Américains comptaient réduire leur présence militaire sur son territoire. [Après avoir annoncé] un retrait de 5 000 soldats”, “la colère de Trump semble s’être encore intensifiée” dans la soirée, résume la Süddeutsche Zeitung. Le président républicain a “menacé” samedi 2 mai de retirer un nombre encore plus important de troupes américaines stationnées en Allemagne, rapporte The Hill. “Nous allons réduire bien davantage et nous réduisons bien plus que 5 000”, a déclaré le locataire de la Maison-Blanche à la presse depuis West Palm Beach en Floride, alors qu’il s’apprêtait à monter dans son avion. La diminution des effectifs américains annoncée vendredi par le Pentagone est prévue dans les “six à douze prochains mois” et correspond à environ 15 % des 36 000 soldats stationnés en Allemagne. À lire aussi : Défense. Donald Trump “se venge de Merz” et retire près de 5 000 soldats d’Allemagne Le ministre allemand de la Défense Boris Pistorius a réagi samedi à la décision américaine en “cherchant à minimiser son impact”, observe Politico. “Que des troupes des États-Unis se retirent d’Europe et d’Allemagne était attendu”, a-t-il déclaré. “Nous, Européens, devons prendre plus de responsabilités pour notre sécurité”, a-t-il plaidé. Des responsables aux États-Unis et en Allemagne ont indiqué samedi qu’un retrait de soldats américains “était à l’étude depuis des mois, dans le cadre d’un examen plus large du Pentagone de ses effectifs militaires dans le monde”, précise le New York Times. “Mais son annonce a été nettement accélérée afin d’apaiser un président irrité par les critiques” qu’a formulées Berlin “à l’égard de la stratégie américaine en Iran”. Le chancelier allemand Friedrich Merz a déclaré lundi que Téhéran “humiliait” la première puissance mondiale, provoquant la colère de Donald Trump. Des répercussions sur l’économie locale Dans certaines villes d’Allemagne où sont stationnés des militaires américains, “l’inquiétude est palpable chez les habitants”, raconte la Frankfurter Allgemeine Zeitung. “Les alliés américains, dont la présence soutient souvent de manière significative l’économie locale, vont-ils les abandonner ? ”, se demandent-ils. The Guardian s’est rendu à Landstuhl, une ville allemande en Rhénanie-Palatinat qui accueille “la plus importante communauté militaire américaine hors des États-Unis”. “Malgré les fanfaronnades récurrentes de Donald Trump, Nadine Firmont”, une habitante de la commune, “affirme que la décision du président américain de retirer des troupes d’Allemagne a eu l’effet d’une bombe dans sa ville”. “Je dois dire que j’ai été honnêtement choquée”, a-t-elle confié samedi au quotidien britannique. “Nous aimons nos Américains : ils enrichissent la communauté à tous les niveaux et rendent la vie plus colorée”, a-t-elle expliqué. Tout le monde n’apprécie pas forcément le bruit de leurs avions militaires au-dessus de nos têtes, mais ce serait vraiment dommage qu’ils partent. Cela nous ferait mal.” À lire aussi : Analyse. En Allemagne, une réforme des services secrets pour se défaire de la dépendance à Washington Une décision contestée dans les rangs républicains Si les annonces du président américain suscitent des inquiétudes en Europe, “des personnalités influentes aux États-Unis sont convaincues que le problème réside désormais, en grande partie, chez les Américains eux-mêmes”, souligne la Süddeutsche Zeitung. Samedi, les deux présidents républicains des commissions parlementaires des forces armées de la Chambre des représentants et du Sénat, qui appartiennent pourtant au camp de Donald Trump, se sont dits “très inquiets” de cette décision et du “mauvais signal envoyé à Vladimir Poutine”. “Même si les alliés vont vers des dépenses de défense à 5 % de leur PIB, la concrétisation de cet investissement […] prendra du temps. Réduire prématurément la présence américaine en Europe avant que ces moyens soient pleinement opérationnels risque de fragiliser la dissuasion”, se sont alarmés Mike Rogers et Roger Wicker dans un communiqué. À lire aussi : Diplomatie. Les États-Unis envisagent d’écarter l’Espagne de l’Otan, mais en ont-ils les moyens ? Noémie Taylor-Rosner Europe Réveil Politique de défense Otan Donald Trump Amériques Nos lecteurs ont lu aussi Vu de Russie. Pourquoi le Sud global préfère Pékin à Moscou Pendant que vous dormiez. Guerre en Iran, Biélorussie, pilule abortive aux États-Unis : les informations de la nuit Robots-taxis . En Californie, les véhicules autonomes qui enfreignent le code de la route seront désormais verbalisés Art. Oriol Vilanova, le Catalan qui révèle la “voix intérieure” des cartes postales Nos services Soirée de lancement Inscrivez-vous pour la soirée de lancement du jeudi 07 mai à 19h30 à l’auditorium du Groupe Le Monde. 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