● Courrier International 📅 02/05/2026 à 13:30

No Na, le girls band qui met l’Indonésie sur la carte pop

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Propulsé par les réseaux sociaux, le quatuor féminin indonésien No Na s’est imposé en quelques mois comme le nouveau visage de la pop d’Asie du Sud-Est à l’international, associant codes de l’industrie mondiale et références culturelles indonésiennes. PHOTO DOK.88RISING Musique. No Na, le girls band qui met l’Indonésie sur la carte pop 2 mai 2026 Depuis quelques semaines, un nouveau girls band asiatique affole les réseaux sociaux. Mais cette fois il ne vient pas de Corée du Sud, mais d’Indonésie. No Na, dont le nom signifie “mademoiselle” en bahasa indonesia, est un quatuor de chanteuses qui fait sensation depuis ses débuts en mai 2025. Le groupe cumule près d’un demi-milliard de streams et de vues à l’échelle mondiale, s’enthousiasme le quotidien indonésien Kompas. La recette ? Des mélodies immédiatement mémorisables et des chorégraphies simples et dynamiques, taillées pour la reprise sur les réseaux sociaux. Sans oublier des titres accrocheurs comme Shoot, Superstitious, Falling in Love ou Sad Face, et un nouveau single, Rollerblade, sorti le 17 avril. Signé par le label américain 88rising, le groupe revendique une identité de “filles des îles”, en référence à l’archipel indonésien. Les chansons en anglais intègrent des mots indonésiens et puisent dans des sonorités locales, des ceng-ceng balinais (cymbales traditionnelles) au suling, flûte en bambou de Java-Ouest. “C’est une explorationmusicale audacieuse,mêlant le reggaeton,l’énergie des clubs urbainsde Jakarta et des élémentstypiquement indonésiens,comme le dangdutet le gamelan.” Le quotidien indonésien Kompas L’univers de No Na se prolonge dans l’esthétique. Les tenues s’inspirent du batik, tissu traditionnel indonésien, les chorégraphies empruntent des mouvements aux danses balinaises, et des clips mettent en scène rizières et cascades luxuriantes, mais aussi paysages ruraux de l’archipel. Esther du groupe No Na PHOTO CAPTURE YOUTUBE Ce n’est pas la première fois qu’un groupe asiatique s’impose à l’international. Depuis une décennie, la K-pop domine régulièrement les classements mondiaux. Et le Chinamaxxing, qui désigne la fascination des jeunes internautes occidentaux pour la culture et le mode de vie chinois, s’installe progressivement. Shaz du groupe No Na. PHOTO CAPTURE YOUTUBE. La percée d’artistes d’Asie du Sud-Est sur les marchés occidentaux est plus récente, mais les industries du divertissement regardent de plus en plus vers la région. L’Eurovision lancera en 2026 une édition asiatique, dont la finale se tiendra à Bangkok. Christy du groupe No Na. PHOTO CAPTURE YOUTUBE Le mois dernier, le groupe philippin Bini s’est produit au festival Coachella, le rendez-vous majeur de l’industrie musicale mondiale, quatre ans après la performance de la rappeuse thaïlandaise Milli. Avant No Na, des figures indonésiennes comme Niki ou Rich Brian, tous deux produits par le label 88rising, avaient déjà ouvert la voie aux artistes de l’archipel. Vaila du groupe No Na. PHOTO CAPTURE YOUTUBE Pour le média Kompasiana, “la représentation culturelle portée par No Na constitue une forme concrète de diplomatie du divertissement indonésienne”. Et contribue à diffuser une image attractive et accessible du pays, dans une industrie musicale globale particulièrement compétitive. Si le groupe a fait son entrée sur la scène occidentale avec des performances remarquées au festival californien Head in the Clouds et à New York l’an dernier, le quatuor ne s’est paradoxalement encore jamais produit en Indonésie. “Un rêve encore à réaliser”, confie au site de la chaîne américaine CNN Baila, l’une des chanteuses.— Margot de Groot van Embden À lire aussi : Musique. Bini vs SB19, du rififi dans la pop philippine À lire aussi : Société. En Indonésie, la danse sulfureuse qui choque les religieux À lire aussi : Vidéo. Quand les Américains s’initient au style de vie chinois : le “Chinamaxxing”
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