● Presse-Citron
📅 02/05/2026 à 10:00
Tout ce qu’il faut savoir sur Sobry, le nouveau fournisseur d’énergie qui veut vous faire passer au « vrai prix » de l’électricité
Cybersécurité
👤 Mathilde Rochefort
© Miljan Zivkovic / Shutterstock.com 0 En franchissant le cap des premiers abonnés après une phase de test réussie, Sobry, pour sobriété, bouscule un secteur que l’on pensait figé pour de bon. « Aujourd’hui, le métier de fournisseur n’a pas évolué depuis des décennies », tranche d’emblée Jérémy Assayag, cofondateur et PDG de Sobry, dans un entretien accordé à Presse-citron. Le dirigeant occupait auparavant le poste de directeur des achats d’énergies pour le géant industriel Arkema. C’est là, en gérant l’un des plus gros portefeuilles d’Europe en pleine crise énergétique de 2022, qu’il réalise l’absurdité du système domestique. « J’ai vu qu’on pouvait faire des choses pour les grands industriels qu’on ne faisait pas pour les particuliers. On a un problème en France : nos contrats sont obsolètes », confie-t-il. Car autrefois, la production s’adaptait à la consommation. Aujourd’hui, avec l’injection massive d’énergies renouvelables comme le solaire ou l’éolien, c’est la production qui dicte sa loi. Elle est abondante quand il y a du Soleil ou du vent, et plus disparate le reste du temps. Mais les contrats, eux, ne sont pas adaptés à cette réalité selon l’expert. Sobry entend offrir davantage de transparence et de flexibilité aux clients, de quoi « ouvrir beaucoup de portes pour la décarbonation et l’électrification », explique Jérémy Assayag. En clair, l’infrastructure doit s’effacer derrière un service intelligent qui récompense enfin l’utilisateur qui consomme au bon moment. Le « vrai prix » La jeune pousse propose un modèle de tarification basé sur le prix dynamique « pur » heure par heure. Contrairement aux fournisseurs traditionnels qui moyennent les coûts sur l’année pour offrir une stabilité, souvent coûteuse, Sobry expose directement le client au prix du marché de gros. « Imaginez que votre pompiste vous dise : “pour les quatre prochaines années, votre essence sera à 2,10 euros le litre”. Vous serez forcément frustré si, un mois plus tard, le panneau affiche 0,50 euro. C’est exactement ce qu’il se passe avec les contrats actuels à prix fixes : vous êtes bloqués à des tarifs parfois déconnectés du marché », illustre le PDG. Sobry, elle, veut proposer le « vrai prix ». Par exemple, lorsque les prix spot deviennent négatifs suite à une surproduction d’énergies renouvelables, cela se répercute sur la facture des clients. « Ce week-end, mes clients ont été payés pour consommer. Au moment où certains paient 100 euros pour charger leur voiture, nos clients ont touché entre 5 et 15 euros pour faire leur plein d’électricité », s’enthousiasme-t-il. De même, l’entreprise ne prend aucune marge sur le volume d’électricité consommé. « Que vous consommiez 0 ou 200 kWh, notre marge reste la même. vous payez un abonnement pour accéder au marché, rien de plus », assure Jérémy Assayag. En découplant son profit de la quantité d’énergie vendue, Sobry lève un conflit d’intérêt historique : pour la première fois, le fournisseur a tout intérêt à ce que son client consomme moins, ou mieux, pour réduire sa facture. © Sobry Trois offres distinctes Mais alors, combien gagne-t-on vraiment à passer au prix dynamique ? « Si vous avez un véhicule électrique, une pompe à chaleur, ou une consommation qui peut être équilibrée entre l’été et l’hiver, c’est super intéressant. On profite de plus de 1 000 heures par an où le prix est gratuit », détaille le dirigeant. Concrètement, l’impact sur la facture peut être massif pour les gros consommateurs. « Un boulanger peut faire -35 % à -40 % sur l’année. Pourquoi ? Parce qu’il utilise son outil de travail toute l’année, pas qu’en hiver, et qu’il consomme souvent au meilleur moment », étaye-t-il. En revanche, « si vous ne consommez qu’en hiver aux heures de pointe, votre tarif réglementé est plus avantageux », admet-il. Ainsi, Sobry a segmenté son service en trois offres distinctes, avec une différence dans le niveau de protection contre les pics de prix, une sorte d’assurance que l’on choisit de souscrire selon son profil : L’offre Liberté : c’est le modèle « pur » pour les technophiles ou ceux qui maîtrisent leur domotique. Aucune protection, mais aucun surcoût. Vous payez le prix du marché, point. L’offre Sérénité et l’offre Intégrale : Ici, Sobry introduit un mécanisme de plafonnement mensuel. « Comme chaque assurance, ça se paye », concède Jérémy Assayag. En échange d’une légère rémunération sur le volume pour couvrir le risque, le client s’offre un filet de sécurité : même si le marché s’emballe, la facture ne dépassera jamais un plafond prédéfini (environ +20 % par rapport au tarif réglementé en hiver, et jusqu’à -30 % en été). Du fournisseur à l’« energy manager » Au-delà du simple contrat d’électricité, l’ambition de Sobry est de transformer radicalement la relation que les Français entretiennent avec leurs appareils énergivores. Sa vision : transformer le fournisseur en un véritable gestionnaire intelligent, capable de créer des partenariats pour piloter automatiquement les bornes de recharge, les ballons d’eau chaude ou le chauffage électrique. L’utilisateur se contentera de fixer ses besoins, comme une voiture chargée à 100 % pour 9h00 le lendemain, et le logiciel se chargera de capter les moments où l’électricité est la moins chère et la plus abondante sur le réseau. Pour prouver que ce modèle est viable à grande échelle, le dirigeant pointe du doigt les pays du Nord, la Norvège en tête, qui a déjà vingt ans d’avance sur ces sujets. Contrairement aux idées reçues, ce n’est pas seulement l’aide de l’État qui a poussé ce pays froid vers le véhicule électrique, mais la cohérence d’un système qui récompense l’usage intelligent. « Depuis qu’ils ont des prix dynamiques, ils ont des prix très bas par moments. Résultat : 95 % du parc automobile est électrique », souligne Jérémy Assayag. C’est ce même cercle vertueux qu’il souhaite importer en France pour accélérer l’électrification des usages sans alourdir le budget des ménages. Le cofondateur voit aussi dans cette flexibilité un véritable levier de souveraineté nationale. « La France est un poumon énergétique européen. Avec un peu de volonté et de disruption, on peut redevenir un pays ultra-compétitif pour l’industrie, les data centers ou l’IA, car nous avons une électricité décarbonée et compétitive. Il faut juste savoir l’utiliser à bon escient », conclut-il. Sobry brise les codes en proposant une tarification dynamique « pure » sans aucune marge sur le kWh, permettant aux abonnés de payer le prix exact du marché de gros heure par heure. Pour rassurer face à la volatilité, la startup introduit un plafonnement mensuel qui garantit de ne jamais dépasser un prix plafond, tout en profitant des périodes où l’électricité est quasi gratuite. En déplaçant les consommations lourdes (véhicule électrique, chauffage) vers les heures creuses réelles, les économies peuvent atteindre jusqu’à 40 % par an par rapport au tarif réglementé. 📍 Pour ne manquer aucune actualité de Presse-citron, suivez-nous sur Google Actualités et WhatsApp. Newsletter 🍋 Abonnez-vous, et recevez chaque matin un résumé de l’actu tech Votre email : Je m'inscris J'ai lu et accepte les termes et les conditions Laissez ce champ vide si vous êtes humain : électricitéénergieFrance Sur le même sujet La fourmi électrique : une espèce invasive aux piqûres extrêmement douloureuses est arrivée en France. Déjà détectée dans le Var, les autorités craignent une invasion du pays Les ventes de voitures électriques explosent de 48 % en France. 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