● BFM Tech
📅 01/05/2026 à 17:46
INFOGRAPHIE. De la Norvège à l'Australie en passant par la France, quels pays envisagent d'interdire les réseaux sociaux aux plus jeunes?
Géopolitique
Alors que la Norvège compte interdire à son tour les réseaux sociaux aux moins de 16 ans, plusieurs pays, notamment en Europe, réfléchissent à la question. Certains sont cependant plus avancés que d’autres. Mais tous restent profondément divisés sur la méthode à adopter, entre interdictions strictes, restrictions partielles et simples recommandations."Nous présentons ce projet de loi parce que nous voulons d’une enfance où les enfants puissent être des enfants. Le jeu, l’amitié et la vie quotidienne ne doivent pas être accaparés par les algorithmes et les écrans", rappelait le Premier ministre norvégien, Jonas Gahr Store, dans un communiqué, le 24 avril dernier.À Oslo, on ne plaisante plus avec les réseaux sociaux. Et si l’idée d’interdire les plateformes aux adolescents pouvait encore sembler radicale il y a quelques années, elle s’impose désormais comme une option sérieusement envisagée, voire déjà adoptée, dans une partie croissante du monde.Le gouvernement norvégien prévoit de présenter d’ici à la fin de l’année un projet de loi visant à interdire l’accès aux réseaux sociaux aux moins de 16 ans. Une mesure qui s’accompagnerait d’une obligation pour les plateformes de vérifier l’âge de leurs utilisateurs.Faut-il réguler les réseaux sociaux ? – 04/02 55:13"Il s’agit d’une mesure importante pour protéger le quotidien numérique" des mineurs, a insisté le chef du gouvernement. Sa ministre de la Numérisation, Karianne Tung, appelle, elle, les géants de la tech à "respecter la loi" et à assumer cette responsabilité, plutôt que de la faire peser sur les enfants.Une vague européenne encore désordonnéeLa Norvège n’est pas un cas isolé. Partout en Europe, la question d’une majorité numérique fait son chemin, sans pour autant déboucher sur une réponse harmonisée. L’objectif? Protéger les jeunes utilisateurs des effets nocifs des plateformes. Plusieurs pays commencent donc à légiférer sur le sujet.C’est le cas en France. Le gouvernement prévoit d’interdire l’accès aux réseaux sociaux aux moins de 15 ans dès la rentrée 2026. Le texte, déjà adopté par l’Assemblée nationale, a éte modifié au Sénat. Désormais, seuls les réseaux jugés "susceptibles de nuire" seraient concernés par l’interdiction. Les autres resteraient donc accessibles avec l’accord parental.Mais la modification du texte initial par le Sénat risque de ralentir le calendrier, d’autant que cette nouvelle version pourrait ne pas être compatible avec le droit européen. Bruxelles devrait faire des recommandations dans un délai de trois mois, selon la ministre Anne Le Hénanff.Les ados bientôt privés de réseaux sociaux – 26/01 26:57L’Autriche a de son côté fait savoir le 27 mars dernier qu’elle allait interdire les réseaux sociaux jusqu’à l’âge de 14 ans. Plus au sud, la Grèce prévoit d’interdire l’accès aux réseaux sociaux aux moins de 15 ans à partir de 2027, tandis que le Portugal envisage un dispositif similaire, assorti d’un consentement parental pour les adolescents. Une loi a été adoptée en ce sens en février dernier.Même son de cloche en Italie. Le Parlement a présenté un projet de loi en mai 2025 susceptible d’imposer des restrictions sur les réseaux sociaux aux moins de 15 ans. Le texte, actuellement en cours d’examen au Sénat, prévoit notamment des mesures destinées à encadrer l’activité des influenceurs mineurs sur les plateformes.Des réfléxions en coursD’autres pays y songent. Les gouvernements allemand, espagnol, danois, polonais et slovène ont, eux aussi, fait part de leur intention de proscrire les réseaux sociaux pour les moins de 15 ans. Au Danemark, la Première ministre Mette Frederiksen estimait en octobre dernier que les réseaux sociaux "volent l’enfance" des jeunes.En Espagne, le Premier ministre Pedro Sánchez a annoncé le 3 février une série de mesures visant à lutter contre "la manipulation et l’amplification des contenus illégaux" sur les plateformes en ligne. Il a notamment exprimé sa volonté d’interdire l’accès aux réseaux sociaux aux moins de 16 ans, afin de les protéger des menaces auxquelles ils sont exposés.Même dynamique en Allemagne, où le débat politique s’intensifie sans qu’une loi fédérale ait encore été adoptée. Un panel d’experts est chargé d’examiner la question. Le chancelier, Friedrich Merz, a exprimé sa "sympathie" pour l’idée.Au Royaume-Uni, le débat est encore loin d’être tranché. La Chambre des Lords a voté à deux reprises en faveur d’un amendement visant à interdire les réseaux sociaux aux moins de 16 ans, mais le gouvernement de Keir Starmer s’y oppose pour l’instant. Le texte fait l’objet d’un bras de fer parlementaire avec la Chambre des communes, majoritairement travailliste, qui l’a rejeté début avril.Réseaux sociaux: ces parents organisent la riposte pour protéger leurs ados 20:05L’exécutif privilégie donc une phase de consultation, ouverte jusqu’au 26 mai, qui explore plusieurs pistes: une interdiction sur le modèle australien, mais aussi un encadrement des fonctionnalités jugées addictives, comme le défilement infini des contenus. Dans ce cadre, 300 adolescents britanniques de 13 à 17 ans vont être soumis pendant six semaines à des restrictions de différentes natures liées à leur usage des réseaux sociaux, afin d’en évaluer l’impact.Bruxelles tente d’imposer un cadre communFace à cette fragmentation, la Commission européenne cherche à coordonner les initiatives. Elle a présenté mi-avril un prototype d’application de vérification d’âge, censé permettre aux utilisateurs de prouver qu’ils ont plus de 18 ans sans divulguer leurs données personnelles.Sa présidente, Ursula von der Leyen, plaide désormais pour une "approche européenne harmonisée". En mars dernier, elle a inauguré un comité d’experts chargé de réfléchir à la possibilité d’une interdiction harmonisée à l’échelle européenne. Leurs recommandations devraient être rendues avant l’été. Le Parlement européen s’est, de son côté, prononcé en faveur d’un âge minimum de 16 ans, avec une possibilité d’accès dès 13 ans sous contrôle parental.Reste que le cadre juridique demeure incertain. Le règlement sur les services numériques (DSA) impose déjà des obligations de protection des mineurs, mais ne définit pas précisément ce qu’est un "réseau social". Une ambiguïté qui complique toute tentative d’interdiction uniforme.Au-delà de l’Europe, des décisions déjà appliquées...Ces États rejoindraient ainsi l’Australie. Le pays a été le premier à interdire l’accès à plusieurs réseaux sociaux aux moins de 16 ans. Une mesure entrée en vigueur en décembre 2025. Facebook, Instagram, X, Threads, Snapchat, Tiktok, ou encore Twitch et son concurrent australien Kick, se sont conformés à la nouvelle législation, sous peine d’amendes pouvant atteindre 28 millions d’euros.Mais sans surprise, les adolescents se sont rapidement attelés à contourner ces interdictions. VPN, profils des parents, IA… Les jeunes Australiens redoublent d’inventivité et ça fonctionne. Selon une étude de la Molly Rose Foundation, plus de 60% des adolescents ayant déjà un compte avant la loi continuent d’accéder aux réseaux sociaux malgré l’interdiction.Depuis le mercredi 10 décembre, les réseaux sociaux sont officiellement interdits aux moins de 16 ans en Australie. Une mesure qui vise à protéger les mineurs de l'addiction croissante aux écrans © BFM TechL’Indonésie a également franchi le pas. Depuis le 28 mars, les réseaux sociaux sont interdits aux moins de 16 ans, soit 70 millions de mineurs. "Merci de rejoindre le mouvement", avait alors lancé Emmanuel Macron sur X.Le 23 avril dernier, la Turquie a adopté une loi pour interdire les réseaux sociaux aux moins de 15 ans. Il impose également la possibilité pour les parents d’avoir des outils de contrôle parental, ainsi qu’une obligation d’action très rapide de la part des acteurs du secteur.Mais malgré ces trois contre-exemples, la majorité des pays n’en sont qu’au stade de la réflexion. En Nouvelle-Zélande, le Premier ministre entend s’inspirer de son voisin australien. Fin 2025, la Malaisie a annoncé vouloir interdire les réseaux sociaux aux moins de 16 ans courant 2026.Harcèlement, incitation au suicide: peut-on réellement protéger les ados des réseaux sociaux? 14:53De l’autre côté de l’Atlantique, aux États-Unis, chaque état légifère à sa façon. Selon la National Conference of State Legislatures, les parlementaires de 27 états ont tenté de légiférer sur l’utilisation des réseaux sociaux pour les mineurs en 2025.Des interdictions partielles... et politiquesPlusieurs pays ont mis en place des mesures pour interdire partiellement les réseaux sociaux. En Chine, depuis août 2023, les moins de 18 ans ne peuvent plus utiliser d’appareils connectés entre 22 heures et 6 heures, et leur temps d’écran est limité selon l’âge, de 40 minutes à deux heures par jour.La Russie a, de son côté, renforcé son contrôle d’internet en restreignant ou en bloquant plusieurs plateformes occidentales. D’autres pays, comme l’Iran, l’Inde ou encore la Syrie ont choisi d’interdire certaines applications, dont Tiktok.Mais ces politiques répondent souvent à des logiques plus larges que la seule protection des mineurs. Elles s’inscrivent fréquemment dans des stratégies de contrôle de l’information et de censure des contenus en ligne.Au fond, la question reste entière. Entre annonces politiques, bricolages techniques et usages bien ancrés, il n’est pas certain que quelques barrières d’âge suffisent à tenir les adolescents à distance. Reste à savoir si ces lois changeront réellement les pratiques… ou si elles ne feront que courir derrière elles.Les plus lusL'État va-t-il devoir payer les amendes des boulangers? Entre tolérance du gouvernement et absence de nouvelle loi, les commerces dans le brouillard complet sur le droit d’ouvrir ou non ce 1er-MaiL'Italie d'"aucune aide" et l'Espagne "odieuse": après l'Allemagne, Donald Trump envisage d'autres réductions de ses troupes militaires en EuropeDeux hommes exécutés aux États-Unis, dont un qui avait passé près de 50 ans dans le couloir de la mortLes images impressionnantes du bus tombé dans la Seine en EssonneCongrès de la Fifa: un dirigeant palestinien refuse une photo avec un dirigeant israélien proposée par Infantino
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