● BFM Tech 📅 01/05/2026 à 15:58

Les "atteintes numériques" ont explosé de 87% en cinq ans: la France est de plus en plus touchée par des cyberattaques et les pirates varient leurs techniques

Cybersécurité
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Le ministère de l'Intérieur a dévoilé l'édition 2026 de son rapport annuel sur la cybercriminalité. Couvrant toute l'année 2025, elle montre une explosion des menaces numériques.Avec 453.200 "atteintes numériques" en 2025, la France a été particulièrement touchée par la cybercriminalité, selon un rapport émanant du ministère de l'Intérieur. De nombreuses institutions et entreprises privées comme publiques ont été touchées par plusieurs attaques, allant du rançongiciel aux vols de données.Un chiffre en hausse de 27% par rapport à 2024, alors même que la France faisait l'objet d'une attention médiatique importante cette année-là, notamment avec les Jeux olympiques de Paris. En cinq ans, les atteintes numériques bondissent d'ailleurs de 87%, note le rapport.Moins de rançongiciels mais plus de DDoSDans le détail, on apprend que 116.695 signalements et plaintes ont été réalisés pour des escroqueries sur internet, 231.853 concernent des contenus illicites et reçus par la plateforme Pharos, et 206.902 concernent l'usage frauduleux d'une carte bancaire.Le rapport explique néanmoins que la technique du rançongiciel, qui consiste à bloquer l'accès à un ordinateur ou à une base de données et à demander de l'argent pour tout récupérer, est en diminution de 19%: "Cela vient confirmer la baisse amorcée et un changement dans la manière d'opérer des attaquants." Le document explique que les pirates ne chiffrent plus systématiquement les données exfiltrées, rendant la résolution du problème plus simple.Ces attaques sont revendiquées, mais pas dans tous les cas. L'agence cyber de l'Etat a ainsi recensé 1.347 revendications ou annonces de cyberattaques visant la France en 2025. Elles étaient 1.062 en 2024.Au-delà du rançongiciel, la technique la plus utilisée dans les atteintes numériques est l'attaque par déni de service (DDoS). Dans ce cadre, des pirates viennent surcharger un serveur, rendant le site indisponible le temps de l'attaque. Les DDoS se sont multipliés de la part de groupes de pirates affiliés à des Etats, notamment russe ou iranien, en parallèle des conflits en Ukraine et au Moyen-orient. 78% des attaques de ce type font ainsi référence à l'invasion russe en Ukraine.Des pirates parfois très jeunes et opportunistesLe rapport pointe également du doigt la "démocratisation des ventes de données volées". Si autrefois, ce type de ventes était réservé aux recoins sombres du darkweb, certains forums de partage de données piratées ont désormais pignon sur rue, et des groupes Telegram accessibles à tous s'en sont fait une spécialité:"Ce marché attire des profils variés, allant de cybercriminels expérimentés bénéficiant d'une réputation établie à une multitude d'acteurs opportunistes."On l'a vu avec le piratage de l'ANTS qui a donné lieu à l'interpellation d'un adolescent de 15 ans. Des jeunes pirates "attirés par des gains rapides" qui peuvent, pour certains, fabriquer de toute pièce de fausses données volées.ANTS piratée : l'État incapable de protéger nos données ? - 21/04 12:282025 a également été l'année de la recrudescence de "collectifs" de pirates. C'est le cas de celui formé par une personne sous le pseudonyme ShinyHunters. Le groupe est spécialisé dans les "attaques par rebonds". Autrement dit, ils vont s'attaquer à un organisme ou une plateforme afin d'atteindre les clients ou d'autres entreprises. En juin dernier, il s'était attaqué à Salesforce, ce qui lui avait ouvert les portes de sociétés comme Air France, LVMH ou Chanel, avec à la clef, une campagne d'extorsion.Face à la multiplication des attaques, le gouvernement a décidé de renforcer ses moyens. Après le piratage de l'ANTS, le Premier ministre Sébastien Lecornu a annoncé un vaste plan, dont une rallonge de 200 millions d'euros, pour lutter contre les cybermenaces. Cela pourrait passer par la création d'une "autorité numérique de l'Etat" dont l'ambition serait de mieux préparer les organismes à des attaques."Des scénarios de crise, y compris de black-out numérique, seront anticipés pour faire face aux situations les plus graves. Des outils d'intelligence artificielle seront développés et déployés pour détecter les failles et vulnérabilités dans nos systèmes," a précisé Sébastien Lecornu sur les réseaux sociaux.Les plus lusL'État va-t-il devoir payer les amendes des boulangers? Entre tolérance du gouvernement et absence de nouvelle loi, les commerces dans le brouillard complet sur le droit d’ouvrir ou non ce 1er-MaiL'Italie d'"aucune aide" et l'Espagne "odieuse": après l'Allemagne, Donald Trump envisage d'autres réductions de ses troupes militaires en EuropeDeux hommes exécutés aux États-Unis, dont un qui avait passé près de 50 ans dans le couloir de la mortLes images impressionnantes du bus tombé dans la Seine en EssonneCongrès de la Fifa: un dirigeant palestinien refuse une photo avec un dirigeant israélien proposée par Infantino
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