● Courrier International 📅 30/04/2026 à 16:51

Ils méprisent ceux qui utilisent ChatGPT

Cybersécurité
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À mesure que les dangers de l’IA générative sont documentés, l’utilisation de ChatGPT devient “un outil de jugement d’autrui”, constate le magazine britannique “Dazed”. Dessin de Falco, Cuba Intelligence artificielle. Ils méprisent ceux qui utilisent ChatGPT 30 avril 2026 Comme souvent lorsqu’on est dans le déni, Theo pensait que ce n’était qu’une passade. Qu’une fois évanouis le frisson et l’éblouissement des premiers instants, son entourage se rangerait de son côté. Mais ce ne fut pas le cas. Lorsque l’intelligence artificielle s’est popularisée, il s’attendait à ce que ses amis et ses collègues, “pour la plupart des gens de gauche et des créatifs”, partagent son point de vue. À savoir que “l’IA vole le travail des artistes et accapare des emplois”, résume Dazed. Au contraire : ils ne peuvent plus se passer des chatbots. “Je trouve ça très déprimant”, confie Theo au magazine britannique. “Ce n’est pas une simpletechnologie innovante.L’IA générative est aussiextrêmement clivante.” Le magazine britannique Dazed Disons, pour exposer ce clivage, que deux pôles s’opposent. D’un côté, il y a ceux qui, conscients des répercussions politiques, environnementales, économiques et culturelles des IA génératives, refusent catégoriquement de s’en servir. De l’autre, ceux qui ont intégré l’IA à leur quotidien. Et pensent que les premiers passent à côté de l’avancée du siècle. Selon OpenAI , ChatGPT comptait 700 millions d’utilisateurs hebdomadaires en septembre 2025, rapporte le magazine britannique “Dazed”. Photo Steve Legato/The New York Times “Pour mes frèreset sœurs,mon refusde l’utiliserrevient à raterle top départde la ruée vers l’or.” Kya au magazine britannique Dazed On estime que 2 900 milliards de dollars seront investis dans la construction de centres de données dédiés à l’IA d’ici à 2028, rappelle “Dazed”. Photo Jamie Kelter Davis/The New York Times Certains managers “la portent aux nues, comme la clé de l’efficacité et de l’auto-optimisation, même si cela implique de supprimer des emplois et de ramollir nos cerveaux”, poursuit Dazed. Vendue comme un fidèle compagnon à l’écoute, l’IA “est aussi une arme de violence sexuelle, capable de déshabiller des images de femmes et d’enfants en un seul clic”. “Personne ne peut me direque sa liste de coursesou son programmed’entraînementgénéré par IAest plus importantque son accèsà une eau potableet à un air respirable.” Kya au magazine britannique Dazed “Vous découvrirez peut-être, par exemple, que votre cousin se sent seul et que c’est pour cela qu’il utilise ChatGPT sans cesse”, explique Alix Dunn, fondatrice d’une entreprise d’intérêt public spécialisée dans les technologies. Photo Kübra Arslaner/Pexels “Les gens qui l’utilisent me rebutent. Lorsque quelqu’un a l’application, je le méprise”, renchérit Ross, un trentenaire qui travaille dans l’édition. La frustration et la colère sont légitimes, estime Alix Dunn. Mais pour la fondatrice d’une entreprise d’intérêt public spécialisée dans les technologies, ces émotions sont mal dirigées. Autrement dit, elles ne s’adressent pas aux bonnes personnes. “Nombre des problèmes politiques de l’IA proviennent des entreprises qui nous submergent de ces produits. Plus on ressent de la colère envers ceux qui ne contrôlent pas cet outil, moins on pourra construire une solidarité susceptible d’engendrer une mobilisation et un changement concrets.” “À l’image denos opinions politiquesou de nos passe-temps,l’utilisation de l’IA générativeest devenue un critèrede jugement des autreset de la manière dontils envisagent leurresponsabilité personnellevis-à-vis des problématiquesplus larges dans le monde.” Le magazine britannique Dazed Pour Alix Dunn, si les gens ont du mal à se passer de l’IA, c’est qu’ils “ne se sentent ni jugés ni nuls ou idiots de penser ou de dire certaines choses.” “C’est un signe que nous devons être plus attentifs à nos conversations avec ceux qui nous sont chers.” Et responsabiliser les vrais coupables : “les milliardaires des géants de la tech”.— [Cette story a été publiée pour la première fois sur notre site le 25 février 2026 et republiée le 30 avril] “Moi, vous, vos amis, vos amours : nous sommes tous des cobayes pour l’intelligence artificielle générative, une technologie qui, comme nous le découvrons sans cesse, a été déployée sans garanties ni réglementations adéquates”, résume le magazine britannique “Dazed”. Photo Andres Kudacki/The New York Times Éloïse Duval À lire aussi : Vidéo. En abusant de l’IA, Trump brouille les frontières du vrai et du faux À lire aussi : États-Unis. “QuitGPT”, la campagne pour résilier son abonnement à ChatGPT, prend de l’ampleur À lire aussi : Love, etc. “Propose-moi une réponse futée et drôle” : ChatGPT et les nouveaux “arnacœurs”
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