● Numerama
📅 30/04/2026 à 15:51
Ce projet titanesque de 83 km pourrait empêcher l'effondrement du climat mondial
Géopolitique
👤 Hugo Ruher
Lecture Zen Résumer l'article Une étude dans Science Advances prévoit que l’AMOC pourrait perdre 51 % de sa force d’ici 2100, accentuant les risques climatiques globaux. Pour le renforcer, des chercheurs proposent un barrage géant au détroit de Béring (env. 83 km de large, 59 m de profondeur), jugé techniquement envisageable malgré un chantier extrême. Son efficacité ne serait possible que si les émissions chutent et que le courant n’a pas trop faibli, ce qui en fait un pari de géo‑ingénierie loin d’être une solution miracle. Une étude dans Science Advances prévoit que l’AMOC pourrait perdre 51 % de sa force d’ici 2100, accentuant les risques climatiques globaux. Pour le renforcer, des chercheurs proposent un barrage géant au détroit de Béring (env. 83 km de large, 59 m de profondeur), jugé techniquement envisageable malgré un chantier extrême. Son efficacité ne serait possible que si les émissions chutent et que le courant n’a pas trop faibli, ce qui en fait un pari de géo‑ingénierie loin d’être une solution miracle. Recevez tous les soirs un résumé de l’actu importante avec Le Récap’ Le courant océanique AMOC est chaque année de plus en plus faible, ce qui est inquiétant pour l’écosystème mondial. Afin de le renforcer, des scientifiques ont eu une idée : construire un barrage géant dans le détroit de Béring. Une solution prometteuse, mais pas miraculeuse. Les océans de la planète sont beaucoup plus dynamiques que ce que l’on pourrait croire. Sous la surface, d’importants courants se manifestent et jouent un rôle majeur dans le maintien de l’écosystème mondial. Parmi eux, l’AMOC : un méga-courant qui circule à travers le globe, et permettant une meilleure répartition de la chaleur entre les eaux froides du nord, et celles plus chaudes du sud. Mais l’AMOC s’affaiblit. Depuis plusieurs années maintenant, les scientifiques mettent en garde contre les émissions de gaz à effet de serre qui perturbent le climat et fragilisent ce courant. Une nouvelle étude parue mi-avril dans la revue Science Advances ajoute désormais qu’il pourrait perdre 51% de sa force d’ici la fin du siècle, ce qui est encore plus alarmant que les précédentes projections. 83 kilomètres à boucher Face à cela, une équipe de scientifiques a imaginé une solution : un barrage géant dans le détroit de Béring pour redonner toute sa force à l’AMOC. Ils publient leurs résultats dans la revue Science Advances également où ils cherchent à savoir si cette solution peut être réalisable, et surtout utile. Commençons par l’aspect technique. Le détroit de Béring est une bande de mer entre l’Alaska et la Russie, étroite de 83 kilomètres à l’endroit le plus fin. Il fut longtemps un passage clé, jalousement gardé entre les deux blocs pendant la Guerre froide, mais il s’agit surtout du point de liaison entre l’océan Pacifique et l’océan Arctique. L’AMOC relie tous les océans de la planète et redistribue la chaleur. Source : Nasa/Wikimedia Commons Imaginer un barrage ici représenterait un chantier phénoménal, mais d’après les auteurs, ce serait tout de même réalisable. Le détroit est peu profond : il ne plonge qu’à 59 mètres sous le niveau de la mer. À titre de comparaison, la digue de Saemangeum, en Corée du Sud, est profonde de 57 mètres. Cette même digue mesure également 33 kilomètres, signe que l’on sait aussi construire des structures de ce type de très grande taille. Le détroit de Béring est certes très large, mais en s’appuyant sur les quelques îles au milieu, la construction apparaît envisageable dans l’esprit des chercheurs. Certes, ce chantier aboutirait au plus grand barrage du monde, mais sans être extrêmement éloigné des records actuels. Un bémol cependant : les autres constructions similaires se trouvent dans des eaux plus calmes et des milieux plus hospitaliers que le froid de l’Arctique. En outre, elles ne relient pas deux puissances mondiales aux relations tumultueuses, voire conflictuelles. Ça peut marcher, mais… Même à supposer que cela soit envisageable aussi bien financièrement qu’en termes de génie civil, quel serait l’effet sur l’AMOC ? Pour le savoir, les chercheurs ont modélisé le comportement de l’océan et du courant selon ce scénario. Durant le Pliocène, il y a trois millions d’années, le détroit n’était pas ouvert comme aujourd’hui, donc la force du courant ne se perdait pas vers le Nord. Ils ont estimé qu’avec ce barrage fermant le détroit de Béring, l’AMOC pourrait être renforcé, mais uniquement sous certaines conditions. L’affaiblissement de l’AMOC aurait des conséquences désastreuses sur la température globale des océans. // Source : artist-unlimited Pour que l’effet soit intéressant, il faut que le courant soit encore assez fort. S’il faiblit trop, une fermeture du détroit ne fera que l’affaiblir encore plus. De plus, ce renforcement ne se fera que si, d’ici là, les émissions mondiales de gaz à effet de serre sont réduites. Sinon, l’effet sera nul. En résumé, ce projet de géo-ingénierie n’est pas une solution miracle, mais plutôt un dernier recours face à l’urgence. Et il ne doit pas représenter une porte de sortie sans autres mesures drastiques à côté. Enfin, les auteurs préviennent que la construction d’une telle digue aura sans doute un impact conséquent sur la biodiversité locale, mais aussi sur la circulation des navires en Arctique. Des variables à prendre en considération au moment de se lancer dans ce chantier. Toute l'actu tech en un clin d'œil Ajoutez Numerama à votre écran d'accueil et restez connectés au futur ! Installer Numerama Tous nos articles sont aussi sur notre profil Google : suivez-nous pour ne rien manquer ! Pour le protéger, il faut comprendre l' Environnement Et si on construisait un barrage géant entre la Russie et l’Alaska ? Internet haut débit par satellite : voici une alternative française qui défie les géants étrangers Netflix, NASA… pourquoi tout le monde a partagé des photos satellites ? Un mystérieux orbe doré a été découvert au fond de l’océan, et on sait enfin de quoi il s’agit Vos pare-brise sont moins sales qu’avant, et c’est une très mauvaise nouvelle Crédit photo de la une : artist-unlimited Signaler une erreur dans le texte géo-ingéniérie océan Réchauffement climatique Ne plus voir cette pub Ne plus voir cette pub
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