● Silicon.fr Télécom 📅 30/04/2026 à 15:45

Les GAFAM plaident le bien-fondé de leurs dépenses dans l'IA

Intelligence Artificielle 👤 Clément Bohic
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On dépense beaucoup pour l’IA, mais on est confiant. Chacun à sa manière, les GAFAM ont fait passer le message dans le cadre de leurs résultats trimestriels. Google a commencé à vendre ses TPU… L’exercice fiscal d’Alphabet (maison mère de Google) est aligné sur l’année civile. Au 1er trimestre, le chiffre d’affaires a avoisiné 110 Md$ (+22 % sur un an). Le résultat d’exploitation frôle les 40 Md$ (+30 %), portant la marge opérationnelle à 36,1 % (+2,2 points). Lire aussi : Les dépendances numériques de l'UE chiffrées, GenAI comprise Le segment Google Cloud atteint 20 Md$ de CA (+63 %). Le résultat d’exploitation reste dans le rouge, à -2,1 Md$ (vs -1,2 Md$ au 1er trimestre 2025). Le carnet de commandes de Google Cloud atteint 462 Md$, bénéficiant largement de contrats IA. En corollaire, les dépenses d’exploitation d’Alphabet ont plus que doublé, pour s’élever à 35,7 M$ sur le trimestre. Le cash-flow libre s’en ressent : 10,1 Md$, alors qu’il était proche de 25 Md$ les deux trimestres précédents). Le groupe confirme que ses capex sont liées en majorité aux dépenses d’infrastructure (60 % sur les serveurs, le reste sur les datacenters et les équipements réseau). Elles augmenteront nettement en 2027, ajoute-t-il sans donner d’estimation chiffrée. En corollaire, la dépréciation ira croissant, accentuant la pression sur le P&L… Alphabet l'assure : ces investissements sont d'autant plus nécessaires qu'il ne parvient pas à satisfaire tout la demande. Cela inclut la vente de racks de TPU. L'entreprise a commencé à en livrer à quelques clients. La majorité des revenus associés seront comptabilisés en 2027. ... et Amazon envisage la même chose avec ses puces Trainium Amazon aussi a aligné son exercice fiscal sur l'année civile. Au 1er trimestre, il a dégagé 181,5 Md$ de chiffre d'affaires (+17 % sur un an). Le résultat d'exploitation a crû davantage (+30 %, à 23,9 Md$). Le segment AWS représente 37,6 Md$ de CA (+28 %, sa plus grosse croissance séquentielle depuis 5 ans). Son résultat d'exploitation connaît une hausse plus ou moins du même ordre (+23 %, à 14,2 Md$). Sans compter l'accord à 100 Md$ récemment annoncé avec Anthropic, le carnet de commandes atteint 364 Md$. Cela inclut jusqu'à 2 GW en Trainium qui seront mis en service à partir de 2027 pour OpenAI. Ou encore les « dizaines de millions » de cœurs Graviton que Meta compte exploiter pour ses workloads agentiques. Lire aussi : Régulations numériques : les 4 axes prioritaires des états généraux Au total, Amazon recense plus de 225 Md$ d'engagements sur ses puces Trainium. Les investissements en infra augmentent en conséquence. Sur le trimestre, le groupe a dépassé les 40 Md$ de capex (près de 80 % de hausse d'une année sur l'autre). Sur 12 mois glissants, il en est à 151 Md$ (+61 %). Cash-flow libre d'Amazon, impacté par la hausse des capex. Amazon rappelle rester partenaire de NVIDIA (il a prévu de déployer « plus d'un million » de GPU en 2026). Mais il clame que les puces Trainium ont largement leur place (elles font déjà tourner la plupart des workloads sur Bedrock)... et qu'elles sont susceptibles de réduire ses capex de plusieurs dizaines de milliards par an. Amazon assure avoir des clients pour une « grande partie » de l'infra dans laquelle il a investi en 2026. Selon les composants, il s'écoule de 6 à 24 mois entre investissement et monétisation, précise-t-il. Et d'ajouter avoir déjà connu, avec le premier cycle de croissance d'AWS, une situation dans laquelle les capex augmentaient plus vite que le chiffre d'affaires... Sur le même principe que Google avec ses TPU, l'idée de vendre des racks de puces Trainium est dans les tuyaux. Microsoft mise sur l'optimisation logicielle... Fin mars, Microsoft a bouclé le 3e trimestre de son exercice fiscal 2026. Le chiffre d'affaires s'est élévé à 82,9 Md$ (+18 % sur un an). Le résultat d'exploitation, à 38,4 Md$ (+25 %). Le carnet de commandes sur les offres B2B (segment « Commercial ») atteint 392 Md$. Sur le trimestre, les capex ont tutoyé les 32 Md$. Environ la moitié ont porté sur des actifs à courte durée de vie, à commencer par les puces IA. La location-financement pour les datacenters (15 à 20 ans de durée de vie annoncé) en a constitué environ un tiers. Lire aussi : Apple pourrait ouvrir sa propre usine de production d'écrans OLED Microsoft entend doubler, sur deux ans, son empreinte datacenter. Pour le moment, comme Google, il admet manquer de ressources pour répondre à la demande : son infrastructure devrait demeurer en sous-capacité au moins jusqu'à mi-2026. Dans ce contexte, Microsoft mise sur les optimisations logicielles. Ainsi que sur la constitution d'une flotte « fongible » capable d'accueillir une diversité de worklads. Cela impliquera une modernisation continue... et donc, sur le plan financier, une accélération de la dépréciation. Les opportunités de revenus sont néanmoins importantes, veut croire le groupe. A fortiori avec les architectures agentiques, susceptibles de gonfler les ARPU. ... et Meta, sur les réductions d'effectifs Meta a aligné son exercice fiscal sur l'année civile. Au 1er trimestre, il a réalisé un chiffre d'affaires de 56,3 Md$ (+33 %). Son résultat d'exploitation a connu une croissance du même ordre (+30 %, à 22,9 Md$). Les capex ont augmenté de quasiment 50 % sur un an (19 Md$). Sur 12 mois glissants, l'augmentation est encore plus nette (+84 %, à 72 Md$). Lors de l'annonce de ses résultats, Meta a relevé ses prévisions de capex pour 2026 : de 115-135 Md$, on est passé à 125-145 Md$. En première ligne, l'augmentation des prix de la RAM. Il admet avoir, jusque-là, constamment sous-estimé ses besoins. En combinant les contrats d'achat d'infrastructure et les deals avec les fournisseurs cloud, le niveau des engagements contractuels de Meta a augmenté de 107 Md$ sur le trimestre. Dans ce contexte, l'entreprise a récemment annoncé, en interne, qu'une réduction d'effectifs aurait lieu en mai. Illustration principale générée par IA
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