● Siècle Digital
📅 30/04/2026 à 13:15
La Commission européenne accuse Meta de laisser des enfants accéder à Instagram et Facebook
👤 Jennifer Larcher
Réseaux Sociaux La Commission européenne accuse Meta de laisser des enfants accéder à Instagram et Facebook Bruxelles reproche à Meta de se contenter d'un formulaire pour protéger les moins de 13 ans sur ses plateformes. Par Jennifer Larcher Publié le 30 avril 2026 à 13h15 Un enfant de dix ans veut ouvrir un compte Instagram. On lui demande alors sa date de naissance. Il ment puis il entre, car personne ne vérifie. Il s’agit de la barrière que Meta oppose aux mineurs qui n’ont pas l’âge requis. La Commission européenne vient de lui reprocher dans les conclusions préliminaires d’une enquête ouverte il y a deux ans. Un contrôle d’âge qui n’en est pas un Meta fixe l’accès à 13 ans minimum, mais ne fait quasiment rien pour s’assurer que cette limite est respectée. À l’inscription, Facebook et Instagram se contentent d’un champ pour la date de naissance que n’importe qui remplit comme il veut. Vous n’avez pas de pièce d’identité, de vérification croisée. 📩 L’actu digitale évolue vite. Restez à jour.Recevez la newsletter quotidienne, gratuitement. En vous inscrivant vous acceptez notre politique de protection des données personnelles. Quand un compte est signalé comme appartenant à un utilisateur trop jeune, le résultat n’est guère plus convaincant. La procédure de signalement existe, mais selon Bruxelles, elle ne débouche sur rien de concret. L’enfant continue à scroller, à liker, à recevoir des recommandations sans qu’aucun mécanisme ne vienne interrompre son usage. La Commission s’appuie sur un ensemble de données collectées dans toute l’Union. Entre 10 % et 12 % des enfants âgés de moins de 13 ans auraient accès à Instagram ou Facebook malgré l’interdiction. Meta se défend, mais Bruxelles ne lâche pas Un porte-parole du groupe a assuré que des comptes de mineurs sont repérés et fermés en permanence et que des annonces suivront la semaine prochaine. Le discours met en avant des investissements dans la technologie, un engagement pour la protection, des promesses de renforcement. Henna Virkkunen, vice-présidente chargée du numérique, estime que le fait d’écrire réservé aux plus de 13 ans dans ses CGU ne vaut rien si aucun mécanisme ne vient derrière. Le DSA (le règlement européen sur les services numériques) exige de vraies actions. Si Meta ne propose pas de remèdes jugés suffisants, l’amende pourrait grimper jusqu’à 6 % de son CA annuel et mondial. Sur les résultats 2025 du groupe, cela représente une facture potentielle de plusieurs milliards d’euros. Un front plus large que Meta Ce dossier ne tombe pas du ciel. Bruxelles mène une offensive coordonnée sur la protection des mineurs en ligne. Snapchat fait l’objet d’une enquête similaire depuis un mois. TikTok a été sommé de repenser le design de son application, accusé de rendre les jeunes dépendants. Plusieurs sites pornographiques ont été épinglés pour des manquements comparables. Et la Commission a présenté en avril sa propre application de vérification d’âge, mise à disposition des États membres, dont la France, qui veut interdire les réseaux sociaux aux moins de 15 ans. Pour aller plus loin Réseaux sociaux : les arnaques coûtent 2,1 milliards de dollars aux AméricainsSur Facebook et Instagram, des arnaques auraient rapporté gros à MetaLes réseaux sociaux pourraient freiner les capacités de lecture des adolescents selon une étudeEurosky : l’Europe lance son pari audacieux contre les réseaux sociaux américainsFacebook rattrapé par un nouveau scandale : 30 000 photos privées au cœur d’une enquêteLes Britanniques publient de moins en moins sur les réseaux sociaux, selon une étude Facebook Instagram Meta
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