● Presse-Citron 📅 30/04/2026 à 08:31

L’Everest était inaccessible depuis 2 semaines. Une équipe de Sherpas vient d’ouvrir la voie aux alpinistes bloqués au camp de base

Géopolitique 👤 Camille Coirault
Illustration
© Andreas Gäbler / Unsplash 0 Entre le mois d’avril et le mois de mai, c’est la période de rush pour atteindre le sommet du Mont Everest. Les violents vents qui le flagellent, frôlant parfois les 200 km/h se calment, et remontent vers le nord pour laisser place à des conditions météo légèrement plus favorables. Une accalmie qui dure rarement plus que quelques jours, parfois même moins. Les équipes doivent donc être en position pour s’élancer, au risque de rater ce créneau et de devoir patienter jusqu’à l’année suivante pour retenter leur chance. Très frustrant pour un alpiniste qui a dépensé des dizaines de milliers de dollars pour s’offrir l’ascension, après des mois de préparation physique intense et de logistique coûteuse. Mais le géant de pierre et de glace reste ici le seul maître qui gouverne vraiment, interdisant l’accès au toit du monde si son souffle n’est pas apaisé. Malheureusement pour celles et ceux qui avaient pour projet de venir à bout de cette montagne mythique, depuis le début du mois d’avril un sérac de 30 mètres de haut bloquait le passage vers Khumbu Icefall, le premier gros obstacle de l’itinéraire. Un sérac, c’est le cauchemar de tout alpiniste : une colonne de glace instable qui menace de s’effondrer à tout moment. Des centaines d’alpinistes étaient donc coincés au premier camp de base, situé à 5 364 mètres d’altitude. Il y a deux jours, le 28 avril, une équipe de Sherpas a réussi à forcer le passage en atteignant le camp 1 700 mètres plus haut. Mont Everest : Khumbu Icefall, gardien de la route vers le sommet Depuis le camp de base, les alpinistes doivent d’abord traverser le Khumbu Icefall, la cascade de glace du Khumbu, un glacier en perpétuel mouvement, truffé de gigantesques crevasses et de seracs. C’est l’un des passages les plus meurtriers de toute l’ascension, où le jeune YouTubeur français Inoxtag avait rencontré également des difficultés lors du tournage de son documentaire Kaizen. Techniquement, le Khumbu est un glacier suspendu qui s’effondre d’une falaise géante au-dessus du premier palier de l’Everest, marquant la frontière entre le confort tout relatif du camp de base et l’enfer glacé des pentes sommitales. Régulièrement, des séracs bloquent le passage, et celui-ci menaçait de tomber depuis deux semaines. Ce sont les « icefall doctors » qui ont finalement rouvert la voie, 19 sherpas dont le métier est de domestiquer ce glacier. Chaque saison, ils doivent donc recommencer inlassablement le même travail : ancrer des cordes dans la glace vive des parois, poser des échelles d’aluminium au-dessus de crevasses béantes et retracer un itinéraire le moins suicidaire possible au sein du capricieux Khumbu. Avançant parfois de un mètre par jour, c’est l’un des glaciers les plus rapides du monde et il peut effacer en quelques heures le labeur des sherpas. Au-delà du Khumbu, l’itinéraire s’étage en quatre camps : le camp I à 6 060 mètres, le camp II à 6 400 mètres, le camp III à 7 200 mètres et le camp IV à 8 000 mètres, seuil de la fameuse « zone de la mort ». Aucun de ces paliers n’avait été obstrué cette saison, le seul passage condamné était le Khumbu, unique zone qu’il est impossible de contourner. Lhakpa Sherpa, employé de l’entreprise 8K Expedition et coordinateur de l’opération menée par les icefall doctors a confirmé qu’ « ils devraient fixer des cordes jusqu’au camp II, ce qui n’est pas difficile ». Un flegme qui ferait presque oublier que ce tronçon « facile » est en réalité une zone où a lieu une bonne partie des accidents mortels. Les alpinistes vont donc pouvoir reprendre leur grimpette vers le sommet de l’Everest, ainsi que les autres qui visaient le Lhotse et le Nuptse, deux sommets proches qui doivent se gravir en partageant certaines portions de l’itinéraire. Tout ce beau monde doit maintenant rattraper le retard sur un calendrier déjà bien amputé par le sérac qui menaçait le Khumbu. Kenton Cool, grimpeur britannique à sa vingtième tentative sur l’Everest – un record absolu chez les non-Népalais – ne se fait guère d’illusions : « Ce retard va repousser les tentatives au sommet et créer probablement des embouteillages dans la cascade de glace et peut-être au sommet […] ». Et autant dire que la zone de la mort, située à 8 000 mètres d’altitude entre le camp IV (le Col Sud) et le sommet n’est pas franchement l’endroit où l’on a envie de faire la queue. Mais comme le Gouvernement népalais ne fixe pas de plafond légal aux nombres de permis délivrés pour grimper l’Everest (425 cette année et 153 pour le Lhotse et le Nuptse) , il y a de fortes chances que cela se produise. C’est d’ailleurs l’une des polémiques les plus virulentes concernant ce massif, mais pour le pays, l’ascencion représente une source de revenus conséquente. Des millions de dollars de revenus annuels, sans compter les retombées pour l’économie locale. Aujourd’hui l’ascenscion de l’Everest est une véritable autoroute, disputée chaque année par des centaines d’alpinistes fortunés : un business de l’altitude qui ne connaît pas la crise. Une équipe de Sherpas a rouvert la voie vers l’Everest, après deux semaines de blocage dû à un sérac. 425 alpinistes peuvent désormais reprendre l’ascension, mais le retard accumulé pourrait entraîner des embouteillages en haute altitude. L’absence de limite sur le nombre de permis d’ascension soulève des préoccupations quant à la sécurité des grimpeurs. 📍 Pour ne manquer aucune actualité de Presse-citron, suivez-nous sur Google Actualités et WhatsApp. Newsletter 🍋 Abonnez-vous, et recevez chaque matin un résumé de l’actu tech Votre email : Je m'inscris J'ai lu et accepte les termes et les conditions Laissez ce champ vide si vous êtes humain : environnementScienceSport [ Source ] Sur le même sujet Sur le banc pendant 1h, un joueur de foot rentre sur le terrain et marque, puis offre un verre à tout le stade Une récompense de 200 000 dollars offerte à la personne qui trouvera une solution contre les moules invasives avant que celles-ci n’atteignent les pompes, les canalisations et les équipements énergétiques Une IA est bloquée à 1930 et on lui demande de réaliser les mêmes percées scientifiques sans nos connaissances modernes. Va-t-elle créer Internet, aller sur la Lune et découvrir l’ADN ? 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