● Journal du Net
📅 30/04/2026 à 06:45
Cet avantage pour les retraités va disparaître : les seniors vont payer jusqu'à 255 euros de plus par mois
Cybersécurité
👤 Hugo Franceschi
Passé l'âge de la retraite, les séniors perdent en autonomie. Beaucoup de retraités font alors appel à des services d'aide à domicile. Mais certains retraités n'ont plus le droit de profiter d'une exonération spéciale et leur facture va augmenter. Le décret a été discrètement publié le 10 avril 2026 au Journal officiel. Il va impacter, tôt ou tard, la plupart des retraités qui emploient une aide à domicile pour accomplir les petites tâches de la vie quotidienne. Sont donc concernés tous les retraités qui embauchent une personne pour faire leur ménage, leur repassage, leur cuisine, leur jardinage ou leurs démarches administratives. Jusque-là, les seniors âgés de 70 ans ou plus bénéficiaient d'un avantage considérable : en tant qu'employeur d'une aide à domicile, ils profitaient d'une exonération de cotisations patronales de sécurité sociale. Et ce, quel que soit leur revenu. Concrètement, un senior de 67 ans qui embauche une femme de ménage doit payer des cotisations patronales qui viennent s'ajouter à la somme qu'il verse chaque mois à son employée. Une fois la barre des 70 ans atteinte, il peut profiter de l'exonération et réduire ainsi sa facture. Cette exonération est néanmoins plafonnée, par mois et par ménage, à 65 fois le Smic horaire, soit 248,42 euros (congés payés inclus) ou 225,88 euros (hors congés payés). Or, avec le décret nᵒ 2026-261, le gouvernement a repoussé la limite d'âge permettant de bénéficier de cet avantage. Et pas qu'un peu ! L'exonération de cotisations patronales pour l'emploi d'une aide à domicile est désormais réservée aux personnes âgées de 80 ans ou plus. Pour un couple employeur, la condition d'âge est remplie dès lors que l'un des deux conjoints a atteint 80 ans. Le décret précise que ce changement s'applique rétroactivement aux cotisations dues depuis le 1ᵉʳ janvier 2026, y compris pour les périodes déjà déclarées. Résultat espéré : "Une économie de 100 millions d'euros pour les finances publiques", selon la direction de la Sécurité sociale. En revanche, ce sont les séniors âgés de 70 à 80 ans qui vont devoir assumer des coûts supplémentaires auxquels ils ne s'attendaient pas. 9 organisations professionnelles du secteur de l'aide à la personne, dont la FEPEM, la FESP, le Synerpa, la Fedesap, l'UNA et l'ADMR, ont adressé un courrier au gouvernement, en mars 2026, pour dénoncer une mesure "en décalage avec les objectifs affichés de soutien à l'autonomie et au maintien à domicile des personnes âgées", alors que le vieillissement de la population est une préoccupation majeure. Julie L'Hotel Delhoume, présidente de la Fédération des particuliers employeurs de France (Fepem), craint une hausse du coût de l'emploi de 15% pour environ 348 000 employeurs particuliers. Elle redoute que certains employeurs, face à ce surcoût, décident de réduire le nombre d'heures de travail de leur aide à domicile, "ce qui pourrait conduire des salariés à se retrouver avec moins d'heures, voire à perdre leur emploi ou à basculer dans le travail dissimulé", prévient-elle. De son côté, le groupe Domia (qui possède notamment la célèbre entreprise d'aide à domicile Shiva) évoque "un surcoût de 2,50 à 3 euros par heure pour les plus de 70 ans concernés par cette réforme". Les retraités qui vont conserver leur droit aux exonérations de cotisations patronales sont donc ceux âgés de 80 ans ou plus, ainsi que ceux reconnus comme fragiles et bénéficiant à ce titre de l'allocation personnalisée pour l'autonomie (APA) ou de la prestation de compensation du handicap (PCH). Malgré l'exonération de certaines cotisations patronales, les seniors employeurs d'une aide à domicile restent redevables de plusieurs contributions : les cotisations de retraite complémentaire, de prévoyance, de chômage, le fonds national d'aide au logement (FNAL), la contribution solidarité autonomie (CSA), la formation professionnelle, la contribution au dialogue social et les cotisations d'accident du travail, ainsi que l'intégralité des cotisations salariales.
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