● Courrier International 📅 29/04/2026 à 14:27

En Afrique du Sud, le ministère de la Communication pris au piège de l’IA

Géopolitique
Illustration
Le ministre de la Communication sud-africain, Solly Malatsi, ici photographié au Cap, le 27 mai 2025. PHOTO SUMAYA HISHAM/REUTERS Moment embarrassant pour le ministre de la Communication sud-africain, Solly Malatsi. Quinze jours après la publication d’un ambitieux projet de loi visant à réglementer l’utilisation de l’intelligence artificielle, il vient d’ordonner le retrait du texte. Rédigé à l’aide d’une intelligence artificielle, le projet contenait des “hallucinations” de la machine. À lire aussi : À la une du magazine. Intelligence artificielle : serons-nous vraiment tous remplacés au travail ? Après avoir passé le document au peigne fin, le site sud-africain News24 a révélé samedi 25 avril que plusieurs des publications académiques citées dans le document sont “entièrement fictives”. “L’explication la plus probable est qu’un outil d’intelligence artificiel les a hallucinées”, affirme le média. Trente minutes après la publication de l’article sur les réseaux sociaux, Solly Malatsi a annoncé, toujours sur les réseaux sociaux, avoir diligenté une enquête interne. Le lendemain, il a confirmé qu’une intelligence artificielle était à l’origine des erreurs et informé du retrait du texte. “Cet échec n’est pas un simple problème technique, il compromet l’intégrité et la crédibilité du projet de réglementation”, reconnaît le responsable, qui évoque une situation “assez embarrassante”, dans une interview avec la chaîne eNCA. “C’est assez ironique” “Notre intention […] était de poser un cadre clair à l’utilisation éthique de l’IA dans un environnement professionnel. C’est assez ironique d’être tombé dans le panneau en essayant d’y parvenir”, a admis le ministre, étoile montante de l’Alliance démocratique (DA), le deuxième parti du pays, qui gouverne désormais aux côtés de son adversaire historique, le Congrès national africain (ANC). Révélé le 10 avril, le document visait à “positionner l’Afrique du Sud comme un leader continental de l’innovation en matière d’intelligence artificielle, tout en relevant les défis éthiques, sociaux et économiques”, rappelait l’agence Reuters au moment de sa publication. À lire aussi : Opinion. De bonne grâce ou pas, Meta, TikTok et Google vont devoir aider les journaux australiens Le texte prévoyait notamment la création d’un “conseil d’éthique” de l’intelligence artificielle, d’un “institut de sûreté de l’IA” et même d’un fond d’assurance destiné à indemniser les victimes d’éventuels dommages causés par l’intelligence artificielle. Mais en cherchant à vérifier les 67 références citées dans le document, News24 explique avoir découvert une revue scientifique créée de toutes pièces, l’“AI policy journal”, ainsi que plusieurs articles académiques imaginaires. Le média évoque “au moins six” publications inventées, tout en précisant ne pas avoir été en mesure de vérifier “avec certitude” le nombre exact de références fictives. “L’incident doit servir de leçons à tous”, commente le quotidien régional The Herald dans un éditorial en se réjouissant du fait que “la plupart des Sud-Africains savent désormais qu’un processus est en cours pour élaborer une réglementation de l’intelligence artificielle”. Mathilde Boussion Afrique Sciences & Techno Nouvelles technologies Nos lecteurs ont lu aussi Une du jour. À Porto Rico, la viande de caïman est au menu, mais les habitants ne sont pas prêts Vidéo. “Euphoria”, une saison 3 qui ne passe pas Ligue des champions. Après PSG-Bayern Munich, la presse européenne en extase : “Vive le football moderne !” États-Unis. “Délirant” : le portrait de Donald Trump imprimé sur des passeports américains Nos services Soirée de lancement Inscrivez-vous pour la soirée de lancement du jeudi 07 mai à 19h30 à l’auditorium du Groupe Le Monde. Je m’inscris → HORS-SÉRIE Comment les Russes vivent-ils aujourd’hui ? Quatre ans après le début de la guerre en Ukraine, c’est une plongée rare dans ce pays de plus en plus fermé que nous vous proposons dans notre nouveau hors série, en vente à partir du 18 mars. Politique, économie, société, culture : dans la Russie de Vladimir Poutine, la guerre laisse partout son empreinte. Un numéro presque entièrement réalisé à partir de sources russes, la plupart en exil, qui dresse un portrait réaliste de la société russe. Je découvre → Slow Autriche [Contenu partenaire] Salzbourg en été : une scène à ciel ouvert Je découvre l’article → Paris Globe Festival Tentez de remporter un pass valable pour 2 spectacles au choix parmi la sélection du festival Paris Globe du 27 mai au 4 juin. Je tente ma chance →
← Retour