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📅 29/04/2026 à 12:02
Google sommé d'ouvrir Android : les attentes de la Commission européenne
Cybersécurité
👤 Clément Bohic
App Functions, Circle to Search, System Intelligence… Autant de composants d’Android dont la Commission européenne réclame l’ouverture. En toile de fond, le DMA (législation sur les marchés numériques) et ses exigences d’interopérabilité. En la matière, Bruxelles s’est d’abord penché sur le cas Apple. La procédure concernant Google fut ouverte en janvier 2026. Il en résulte des propositions de mesures, soumises à consultation publique jusqu’au 13 mai 2026. En voici un résumé. Google invité à ouvrir Circle to Search Android permet, par un appui long sur le bouton d’accueil ou la barre de navigation, d’invoquer Google Search. Celui-ci se superpose aux autres applications et peut exploiter le contexte, notamment le contenu de l’écran. Google implémente cette fonctionnalité sous le nom Circle to Search. Lire aussi : L'écosystème Google reste en travaux pour le DMA Il est demandé à Google de donner aux applications tierces le même niveau d’accès à cette fonctionnalité que celui dont bénéficient ses propres services. Cela implique notamment de rendre publiques les API de Circle to Search. Et de ne pas se réserver l’usage du bouton d’accueil, de la barre de navigation ou de tout autre point d’accès, que ce soit par la voir technique ou contractuelle. Bruxelles demande un « Hey Google » plus interopérable Android permet d’invoquer des services – à commencer par l’assistant vocal de Google – en prononçant un mot-clé. Y compris lorsque l’écran est éteint et lorsque le téléphone est en mode économie de batterie. La Commission européenne demande à Google d’ouvrir ce mécanisme aux applications tierces. Cela inclut l’enregistrement et l’exécution de modèles sonores, la conception de pipelines personnalisés pour entraîner ces modèles et la possibilité pour les développeurs tiers de les tester sur leurs propres appareils sans accord préalable. Mais aussi le système de validation des mots-clés et d’invocation des applications, ce en continu. Bruxelles souhaite aussi que les utilisateurs puissent personnaliser le mot-clé sans quitter l'application concernée. Et que les développeurs tiers puissent suggérer des mots-clés. Les apps invoquées devront par ailleurs pouvoir accéder au même contexte que les services Google. Garantir un accès équitable aux données des applications... À l'appui de bases de données locales ou de plates-formes de partage, Android permet un accès centralisé aux données des applications. La fonctionnalité AppSearch, par exemple, en tire parti, mais uniquement pour l'application définie comme assistant par défaut. La Commission européenne souhaite que les apps tierces aient le même niveau à cette fonctionnalité que les services Google. Lire aussi : Bruxelles menace Meta de sanctions d'urgence sur WhatsApp ... et aux suggestions contextualisées Android permet aux applications de fournir des suggestions basées sur le contexte utilisateur. Sur les smartphones Pixel, la fonctionnalité Magic Cue en tire parti. Bruxelles en donne deux exemples d'utilisation : afficher le numéro d'un vol lorsqu'on appelle une compagnie aérienne et recommander d'ouvrir l'agenda quand on reçoit par texto une invitation à dîner. Pour les applications tierces, il y a deux enjeux : faire office de surface d'entrée et de sortie. Sur le premier point, Google doit garantir qu'elles puissent fournir à la fois des données, du contexte d'écran et des actions qu'elles sont capables de réaliser. Ainsi que des informations supplémentaires au moment de la génération des suggestions. Par exemple, transmettre le numéro appelé - ce qui, pour reprendre le cas sus-évoqué, peut permettre à une application de déterminer qu'on contacte une compagnie aérienne et donc de suggérer le numéro de vol. Sur le deuxième point, les développeurs tiers devront pouvoir afficher des suggestions à la fois dans leurs apps et en dehors. Ces apps devront aussi pouvoir exécuter des actions suggérées (Magic Cue peut, par exemple, conseiller de rechercher des restaurants avec Gemini). Et recevoir les données que produisent les suggestion (copier du texte dans une messagerie, par exemple). Les « expériences intelligentes » également dans le viseur de la Commission européenne En complément aux suggestions, Android peut fournir des « expériences intelligentes ». C'est-à-dire contextualisées, entre autres grâce aux données des capteurs de l'appareil. De la traduction en temps réel à la reconnaissance musicale, elles sont essentiellement implémentées via le composant Android System Intelligence. Google est prié de donner aux apps tierces le même niveau d'accès au contexte physique (capteurs) et numérique (audio, écran, notifications, contacts, raccourcis...) que celui donné à ses propres services. Même exigences pour l'accès aux ressources de traitement, tant matérielles que logicielles (modèles locaux et cloud). Ainsi qu'auxu canaux de présentation de ces expériences, qui doivent être personnalisables (branding, icône, liens vers les apps sources). Lire aussi : DMA : Bruxelles laisse 6 mois à Google pour ouvrir Android aux concurrents Ouvrir les canaux d'intégration et d'automatisation Sur Android, un service IA peut exécuter des actions dans d'autres applications. Cette fonctionnalité est implémentée via des canaux d'intégration tels qu'App Actions et App Functions. La Commission européenne souhaite que les applications tierces puissent découvrir toutes les intégrations, les exécuter et le signaler à l'utilisateur. Le tout avec le même niveau d'accès que celui accordé aux services Google. Android permet aussi à des services Google d'automatiser des tâches dans certaines applications. En tête de liste, Gemini, qui peut imiter les actions de l'utilisateur, y compris en arrière-plan. Bruxelles demande que les applications tierces puissent accéder à cette fonctionnalité au même niveau que les services Google. Cela inclut la possibilité d'afficher des indicateurs d'exécution au niveau de l'OS. Et la possibilité, pour les utilisateurs, de reprendre le contrôle à tout moment. L'API Computer Control pourrait avoir à être ouverte dans ce cadre. Android permet à des services de lire et écrire des données dans d'autres. L'accès en lecture peut servir pour la recherche sémantique (la Commission européenne donne cet exemple, en évoquant un assistant qui, en réponse à la question « Quand est mon voyage en Espagne ? », peut comprendre, en cherchant dans l'agenda, qu'un événement « Vol pour Barcelone » s'y rapporte). L'accès en écriture est ce qui permet par exemple à Gemini d'éditer des notes dans Keep et d'envoyer des SMS au nom de l'utilisateur. Bruxelles souhaite également une interopérabilité pour les intégrations avec l'OS. On parle là de modifier des paramètres et de contrôler des fonctions comme le redémarrage, les captures d'écran ou la gestion des alarmes. Assurer un accès non discriminant aux modèles locaux Il est plus globalement demandé à Google de permettre aux apps tierces, sous les mêmes conditions que ses services, l'accès aux modèles locaux intégrés à Android. Ainsi que leur personnalisation. Les développeurs tiers devront aussi pouvoir implémenter leurs propres modèles locaux. Et bénéficier à la fois du système centralisé qui permet de les exposer et des capacités d'exécution en arrière-plan. Cette interopérabilité implique un accès équitable aux ressources (mémoire, calcul) et à leur mécanisme d'allocation. Ainsi qu'à celui qui permet de lancer ou de reprendre des tâches en arrière-plan en fonction du contexte. Illustration générée par IA
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