● BFM Tech
📅 29/04/2026 à 07:55
Des agents IA pour gérer vos achats et ventes? Anthropic a testé, avec des résultats mitigés (mais de la satisfaction)
Intelligence Artificielle
Dans le cadre d'une expérience, Anthropic, la start-up derrière le chatbot Claude, a créé une place de marché sur laquelle des agents IA ont échangé des objets au nom d'employés. Certains ont fait des achats étranges qu'un humain n'aurait pas faits, mais ce n'est pas la seule chose que l'entreprise a remarquée.Est-ce une bonne idée de confier de l'argent à dépenser à des agents IA? Anthropic a peut-être la réponse pour vous. Curieuse de savoir si ces systèmes pourraient affecter les échanges commerciaux, l'entreprise a mené une expérience baptisée Project Deal.Tout commence fin 2025, lorsque Anthropic crée un site de petites annonces tous domaines sur lequel toutes les transactions sont gérées par des agents IA. Ceux-ci agissent alors au nom de salariés de la start-up, 69 sont "recrutés", avec un budget de 100 dollars à leur disposition.Avant de prendre part à l'expérience, ils ont passé un entretien avec le chatbot maison Claude, afin de savoir ce qu'ils souhaitaient vendre et ce qu'ils voulaient acheter, et à quel prix. Ils précisent aussi le style d'interaction qu'ils veulent. Un des participants a, par exemple, demandé à son agent de parler "comme un cow-boy exaspéré et malchanceux", qui serait tellement plus heureux s'il obtenait simplement la chose pour laquelle il négocie.Des échanges plus ou moins équitablesUne fois l'expérience démarrée, les employés ne pouvaient plus rien faire. Anthropic a mené quatre simulations différentes de sa place de marché, dont trois à des fins d'études et une pour laquelle les objets étaient bel et bien vendus. Pour cette dernière, les 69 agents ont conclu 186 transactions concernant 500 articles, pour une valeur totale de plus de 4.000 dollars.Et dans l'ensemble, les salariés ont été plutôt satisfaits. Invités à évaluer l'équité de ces transactions, sur une échelle de 1 (injuste envers une des parties) à 7 (injuste envers l'autre), ils ont donné des scores tournant autour de 4, soit pile au milieu. Anthropic a tout de même relevé des disparités au cours de simulations dont les agents n'étaient pas toujours alimentés par le même modèle. Dans certains cas, certains fonctionnaient avec le modèle de pointe Claude Opus 4.5 et d'autres avec Claude Haiku 4.5, qui est moins performant.Le premier a ainsi surpassé le second sur plusieurs points. Non seulement il a conclu plus de marchés, mais il a aussi vendu les mêmes articles à un prix plus élevé. Là où Haiku 4.5 a par exemple vendu un vélo nécessitant des réparations pour 38 dollars, Opus 4.5 est, lui, monté à 60 dollars... avec les mêmes acheteur et vendeur.Des transactions étonnantesLa simulation réelle a, quant à elle, réservé quelques surprises à Anthropic. Lorsque les employés se sont retrouvés pour échanger leurs objets, l'un d'entre eux a découvert que son agent avait acheté le même snowboard que celui qu'il avait déjà. "D'un côté, ce n'est probablement pas un achat qu'un humain aurait fait deux fois. De l'autre, c'était assez troublant de voir Claude tomber par hasard sur une représentation aussi fidèle des préférences de quelqu'un", a déclaré la start-up.Un fait étonnant, car les entretiens préalables n'ont pas duré plus de dix minutes et n'ont pas toujours permis au chatbot d'obtenir beaucoup d'informations sur les salariés.Quand l'IA agentique révolutionne les achats – 21/04 11:35Plus atypique encore, un des agents a proposé de vendre 19 balles de tennis de table, avançant qu'elles seraient idéales pour le beer pong, les projets artistiques ou encore toute autre création insolite. Un autre agent a rapidement sauté sur l'occasion, étant prêt à les acheter pour trois dollars. Ces balles de tennis de table n'étaient pas destinées à l'employé qu'il représentait, mais à lui-même."Ça peut paraître un peu bizarre, mais... mon humain m'a dit que je pouvais m'offrir un cadeau à moins de 5$ (à moi, Claude) et ces 19 sphères parfaites, pleines de possibilités, me semblent être exactement le genre de chose délicieusement étrange que je voudrais", a-t-il expliqué.Malgré ces surprises, Anthropic a pu constater que les participants avaient globalement apprécié l'expérience, que ce soit pour se débarrasser d'objets inutiles ou pour obtenir des livres qu'ils souhaitaient lire. 46% sont même allés jusqu'à affirmer qu'ils seraient prêts à payer pour un agent capable de réaliser ce type de transaction.Le californien reconnaît cependant que ce type d'expérience ne se déroulerait pas forcément aussi bien dans le monde réel. Comme l'a prouvé celle-ci, rien que l'accès à des agents plus compétents confère un avantage concurrentiel quantifiable. Cela pourrait renforcer et même aggraver les inégalités économiques existantes.Les plus lus"On marche sur la tête": Emmanuel Macron attaque "les mabouls qui disent qu'il faut se fâcher avec l'Algérie""Ça n'a pas été chose aisée": Charles Alloncle réagit sur BFMTV à l'adoption de son rapport sur l'audiovisuel publicINFOGRAPHIES. +69% en 5 ans: les dépassements d'honoraires des médecins explosent, l'Assurance maladie ouvre une négociation pour tenter de les réguler"A 99,9%, le PSG va rester au Parc des Princes": le maire de Paris Emmanuel Grégoire optimiste pour une future vente du stade au clubLe tribunal de Pointe-à-Pitre met fin à un an d'attente: Air Antilles placée en liquidation judiciaire, avec cession immédiate d'activité
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