● Courrier International 📅 29/04/2026 à 06:17

La visite de Charles III aux États-Unis, entre “offensive de charme” et “avertissements voilés”

Géopolitique
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Le vice-président des États-Unis, JD Vance, et le président de la Chambre des représentants, Mike Johnson, écoutent le roi Charles III s’adresser au Congrès à Washington, le 28 avril 2026 (Photo par Kylie Cooper / POOL / AFP). KYLIE COOPER / AFP “Rien de tel qu’un peu de faste et de cérémonies pour panser les plaies d’une relation bilatérale, celle de Londres et de Washington, fortement endommagée ces derniers mois”, observe El País. Le roi Charles III et la reine Camilla sont arrivés lundi aux États-Unis pour une visite de quatre jours qui se veut “une célébration : celle du 250e anniversaire des États-Unis, des liens anglo-américains durables et de la “relation spéciale” ” entre les deux pays, remarque la BBC. “Mais elle a également été présentée comme une mission de sauvetage”. “L’état actuel des relations entre les États-Unis et le Royaume-Uni est tendu – reflet de la réticence britannique à soutenir pleinement la guerre conjointe américano-israélienne contre l’Iran”, explique le diffuseur britannique. “L’objectif du monarque était donc d’apaiser ces tensions par une offensive de charme royale, notamment lors de son allocution devant le Congrès, mardi après-midi”. Cette allocution du souverain – la deuxième dans l’histoire du Congrès pour un monarque britannique, après sa mère Elizabeth II en 1991 – était en effet particulièrement attendue. Et “si l’on en juge par les acclamations et les applaudissements qu’il a reçus à la fin, cette démonstration de “soft power” a fait merveille, et la “relation spéciale” a encore de beaux jours devant elle”, juge The Guardian. “Valeur de l’alliance transatlantique” Charles n’avait pourtant pas hésité à “glisser quelques répliques – d’une extrême subtilité – à l’adresse de M. Trump” et de sa politique, relève The New York Times. Devant les élus, il a notamment évoqué “la valeur de l’alliance transatlantique, l’importance de l’équilibre des pouvoirs, ainsi que sa passion pour l’environnement”. “Il a même fait référence à son passage au sein de la Royal Navy, alors même que M. Trump avait dénigré les capacités navales britanniques au cours des dernières semaines”, note le quotidien américain. Nul doute que certaines de ses remarques “ont pu être perçues par le public américain comme des avertissements voilés, qu’ils fussent intentionnels ou non”, renchérit Bloomberg. Le média économique cite notamment l’évocation par Charles III de “la Magna Carta britannique, y voyant une source d’inspiration pour les États-Unis quant à la manière dont le pouvoir exécutif devrait être soumis à un système de contre-pouvoirs”. À l’heure où beaucoup dénoncent “l’extension considérable du pouvoir exécutif opérée par Trump” grâce à la “complaisance” des élus républicains, et alors que des millions d’Américains manifestent à travers les États-Unis à l’appel du mouvement “No Kings”, la pique royale a fait “se lever et applaudir” les dirigeants démocrates présents dans l’hémicycle. Louanges de Trump Plus tôt dans la journée, le couple royal a eu droit à une salve de 21 coups de canon, à une fanfare militaire de 200 musiciens et “au défilé de 500 membres des forces armées américaines sur la pelouse de la Maison-Blanche, sous une pluie fine que Trump a qualifiée, sur le ton de la plaisanterie, de “temps très britannique” ”, raconte The Wall Street Journal. Mais le président américain a surtout tenu à tresser les louanges de son invité et de son pays. “Avant même que nous ne proclamions notre indépendance, les Américains portaient en eux le plus rare des dons – le courage moral – et celui-ci provenait d’un royaume, petit mais puissant, situé de l’autre côté des mers”, a-t-il ainsi déclaré en accueillant Charles à la Maison-Blanche. Les “éloges” ont continué toute la journée, souligne The New York Times, jusqu’au dîner de gala, organisé juste après le discours du Congrès. “Les Américains n’ont pas eu d’amis plus proches que les Britanniques”, a-t-il assuré, et le lien entre les deux nations est destiné à “perdurer”. Romain Raynaldy Melania Trump Europe Réveil Royaume-Uni Donald Trump Amériques Sur le même sujet Géopolitique. Au Royaume-Uni, Donald Trump rend visite à son vassal Diplomatie. “Fastes royaux” et manifestations pour la visite de Trump au Royaume-Uni Vu du Royaume-Uni. 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