● Revue Conflits
📅 29/04/2026 à 04:15
La France qui gagne
Géopolitique
👤 Jean-Jacques Netter
En France, il y a des entreprises qui gagnent. Jean-Jacques Netter, vice-président de l’Institut des Libertés, dresse, dans un environnement qui taxe tout ce qui bouge, un tableau qui montre que certains entrepreneurs ont heureusement beaucoup de talent. Un article à retrouver dans le N62. Corée du Nord : La forteresse nucléaire. Plusieurs groupes industriels français performants pénalisés Dans l’indice MSCI Europe, la part des valeurs industrielles françaises représente 27 % de la capitalisation contre 21 % pour l’Allemagne. Cela est dû à Schneider, Safran, Air Liquide, Thales, Saint-Gobain, Legrand, Dassault Aviation, Stellantis, Michelin. Ce sont des sociétés qui depuis longtemps ont l’habitude de travailler en dehors de France et surtout de ne pas dépendre directement de l’État. Au lieu de les encourager, le gouvernement va une fois de plus alourdir leur fiscalité dans son prochain budget. La France a exporté 92,3 TWh d’électricité en 2025, soit plus que la consommation annuelle de la Belgique. De son côté, la France a consommé 544 TWh, soit 50 % en dessous de son niveau de 2010. Les principaux clients de la France sont l’Italie, l’Allemagne, la Belgique, la Grande-Bretagne et la Suisse. On pourrait se réjouir de cette évolution, car cela a rapporté 5 Md €. Malheureusement, comme l’électricité ne peut pas être stockée, elle doit être à certains moments vendue sans marge. Une partie de notre production d’origine nucléaire ne rapporte donc pas autant qu’elle devrait. Ces chiffres n’apportent pas pour autant de la lisibilité dans la lecture de l’économie de l’électricité. Le dernier exemple particulièrement intéressant est celui de l’annonce triomphante par le gouvernement de la diminution du prix de l’abonnement à l’électricité. Il s’agissait en fait de la réduction de 25 % de la « Contribution Tarifaire d’Acheminement » (CTA) qui n’a rien à voir avec son intitulé. Elle finance depuis vingt ans les régimes spéciaux de retraite des électriciens et gaziers encore dans le statut de fonctionnaire. Comme elle était beaucoup trop généreuse, il a été possible de la raboter de 500 M € ! C’est beau, les finances publiques, car tout le monde a été d’accord, y compris la CGT ! Par ailleurs, les fournisseurs d’énergie doivent désormais intégrer du biométhane à leur offre depuis le 1er janvier 2026. Il s’agit de supprimer les subventions de l’État. Comme la filière biométhane n’est toujours pas viable sans soutien, il s’agit pour la supporter de faire payer les consommateurs. Lire aussi : La France a choisi un modèle social qui conduit à son décrochage. Entretien avec Félix Torrès Les bénéfices nets réalisés par les sociétés appartenant au « MAG 7 » sont impressionnants : Google Alphabet 125 Md $, Apple 112 Md $, Microsoft 105 Md $, Nvidia 100 Md $, Amazon 76 Md $, Meta 58 Md $ et Tesla 5 Md $. Au total cela représente 580 Md $. Pour prendre la mesure de ces chiffres, il faut les comparer à ceux d’une des plus brillantes sociétés françaises, la société LVMH, qui sont de 13 Md $. Cela permet de comprendre leurs pouvoirs en face de Donald Trump et surtout de nombreux États qui sont très loin d’avoir des ressources financières comparables. Dans le domaine des batteries, 99 % viennent de Chine. Nothvolt, la société suédoise qui ambitionnait de devenir le leader européen, a fait faillite. Automotive Cells Company (ACC) détenue par Total Énergies, Stellantis, Mercedes est vulnérable. Verkor n’a pas encore décollé. Ce n’est donc pas gagné, car il s’agit de faire baisser le taux de rebut des batteries fabriquées en dessous de 5 %, ce qui est industriellement très difficile à réaliser. Lire aussi : La France doit s’armer pour contrer la guerre économique. Entretien avec Nicolas Moinet MaiaSpace est une startup qui développe une petite fusée réutilisable avec des méthodes inspirées de SpaceX, la société spatiale d’Elon Musk, qui produit Falcon 9, le leader mondial des lancements spatiaux avec 165 lancements l’année dernière. Les fusées européennes n’ont réalisé que sept missions pendant la même période. MaiaSpace est une filiale d’Ariane Group (Airbus et Safran) constructeur de la fusée Ariane 6. L’objectif est simple. Il s’agit de développer un nouveau lanceur en deux fois moins de temps et trois fois moins cher qu’une fusée traditionnelle. Les premiers essais sont prévus sur le pas de tir de Soyouz en Guyane à l’automne 2026. La version réutilisable de Maia doit entrer en service en 2028. La fusée Ariane, qui était financée majoritairement par la France, a perdu en 2023 son monopole sous la pression de l’Allemagne et de l’Italie. Face à une Allemagne qui veut devenir le moteur de l’Europe spatiale, la bataille n’est pas gagnée d’avance, car il y a des concurrents : allemands (Isar Aerospace, RFA Augsbourg) ; espagnols (PLD Space) et anglais (Orbex). Lire aussi : Infographie — La montée en puissance des entreprises privées dans l’industrie spatiale
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