● Siècle Digital
📅 28/04/2026 à 15:14
La Chine bloque le rachat de Manus par Meta et relance la guerre mondiale de l'IA
Géopolitique
👤 Jennifer Larcher
Économie La Chine bloque le rachat de Manus par Meta et relance la guerre mondiale de l’IA Pékin interdit à Meta de finaliser l'acquisition de Manus, un agent IA développé par des ingénieurs chinois. Par Jennifer Larcher Publié le 28 avril 2026 à 15h14 Le deal semblait plié. Meta avait annoncé fin décembre 2025 le rachat de Manus pour un montant estimé entre 2 et 3 milliards de dollars. Une centaine d’employés avaient déjà posé leurs cartons dans les bureaux du groupe américain. Le patron de Manus, Xiao Hong, rendait compte directement au directeur des opérations de Meta, Javier Olivan. Et puis lundi, la NDRC (la toute-puissante Commission nationale du développement et de la réforme) a sorti le carton rouge. Un veto sec et sans explication Le communiqué de Pékin tient en quelques lignes. La NDRC ordonne l’annulation pure et simple de la transaction, au titre d’une interdiction d’investissement étranger dans le projet Manus. Il n’y a pas de justification détaillée, de porte laissée entrouverte pour une renégociation. 📩 L’actu digitale évolue vite. Restez à jour.Recevez la newsletter quotidienne, gratuitement. En vous inscrivant vous acceptez notre politique de protection des données personnelles. Meta maintient que le deal respectait toutes les lois applicables et dit attendre une résolution appropriée. Manus est l’agent IA qui a tout déclenché Pour comprendre pourquoi Pékin s’en mêle, il faut revenir à ce qu’est Manus. Ce n’est pas un chatbot de plus. Il s’agit d’un agent IA conçu pour mener des missions sans une intervention humaine. Il peut trier des CV, organiser un voyage, piloter des workflows du début à la fin. Il n’a rien à voir avec ChatGPT et DeepSeek qui répondent à des questions dans une fenêtre de discussion. Créé en 2022 à Pékin par Xiao Hong, Yichao Ji et Tao Zhang sous le nom de Butterfly Effect, le projet a décollé en mars 2025 quand une démo est devenue virale. L’entreprise a ensuite migré son siège à Singapour et Meta s’est jeté dessus quelques mois plus tard. Le ministère chinois des Affaires étrangères avait déjà brandi Manus comme une fierté nationale, au même titre que le modèle R1 de DeepSeek. Des fondateurs coincés en Chine Le Financial Times rapportait le mois dernier que Pékin empêchait les deux cofondateurs de sortir du pays. Un levier de pression redoutable. L’équipe opérationnelle est à Singapour, mais les cerveaux du projet sont bloqués de l’autre côté de la frontière. Il est difficile d’imaginer comment Meta pourrait maintenir l’intégration technique dans ces conditions. Côté américain, le deal posait aussi problème. Le sénateur John Cornyn avait publiquement questionné l’opportunité de voir des capitaux américains financer une entreprise d’origine chinoise, même relocalisée à Singapour. Un véritable rapport de force Ce blocage dépasse le cas Manus. La Chine considère ses startups IA comme des actifs stratégiques, même quand elles déménagent à l’étranger. Pour Meta, le coup est rude. Le groupe cherchait à accélérer dans l’IA agentique. Il s’agit d’un terrain où il accuse du retard face à OpenAI et Anthropic. En perdant Manus, il perd clairement du temps. Et dans cette course, le temps se compte en trimestres, voire en semaines et non en années. Pour aller plus loin Sur Facebook et Instagram, des arnaques auraient rapporté gros à MetaPour améliorer ses agents IA, Meta va enregistrer les gestes de ses employésMeta prépare une vague de licenciements massive dès mai, jusqu’à 16 000 postes menacésMeta pourrait dépasser Google dans la pub mondiale dès 2026Apple voudrait rivaliser avec les Ray Ban Meta grâce à des lunettes connectées au look inéditMeta lance un nouveau modèle d’IA, pour tenter de rattraper Google et OpenAI IA Meta
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