● Courrier International 📅 28/04/2026 à 14:53

Au Bangladesh, des îlots de vie sauvés des eaux

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Photo extraite de la série “Homes of Haor”, 2025. Photo Joy Saha (Bangladesh), vainqueur de la compétition professionnelle des Sony World Photography Awards 2026, dans la catégorie Architecture et design. Photo. Au Bangladesh, des îlots de vie sauvés des eaux 28 avril 2026 Au milieu des eaux brunes, de rares îlots fragiles surnagent ici et là, avec maison et jardin, dessinant des paysages étranges qu’on dirait tout droit sortis de l’apocalypse climatique qu’on nous promet. Mais la série Homes of Haor du photographe bangladais Joy Saha ne vient pas de l’avenir. Elle documente la vie à Astagram et à Kishorganj, dans la zone humide des haor, où depuis des générations les habitants ont appris à vivre avec les inondations saisonnières, raconte l’hebdomadaire britannique The Observer, à l’occasion des Sony World Photography Awards – où Joy Saha vient de recevoir le premier prix dans la catégorie Architecture et design. Photo Joy Saha (Bangladesh), vainqueur de la compétition professionnelle des Sony World Photography Awards 2026, dans la catégorie Architecture et design. Photo extraite de la série Homes of Haor, 2025. Les haor, qui se trouvent dans le nord-est du Bangladesh, sont des dépressions topographiques qui se remplissent d’eau pendant la saison des pluies. Leurs habitants “vivent depuis des siècles avec les crues”, rappelle The Observer. Et ont sculpté des paysages renversants, saisis depuis le ciel par Joy Saha. Photo Joy Saha (Bangladesh), vainqueur de la compétition professionnelle des Sony World Photography Awards 2026, dans la catégorie Architecture et design. Photo extraite de la série Homes of Haor, 2025. Photo Joy Saha (Bangladesh), vainqueur de la compétition professionnelle des Sony World Photography Awards 2026, dans la catégorie Architecture et design. Photo extraite de la série Homes of Haor, 2025. À la saison sèche, c’est un site idéal pour l’élevage des vaches et des buffles et pour la culture du riz. Mais, chaque année, pendant près de huit mois, “quand l’eau monte à nouveau et submerge la plaine”, le territoire change de visage et se constelle d’îlots construits par les habitants. “Pour les populationsvivant dans les régionsinondables de la planète,l’excès d’eau a toujours étéà la fois une bénédictionet une malédiction : tantôtl’eau submerge les habitationset vole des vies, tantôtelle crée un habitat idéalpour la chasse et le commercecar riche en gibier d’eauet recouvert d’une végétationluxuriante.” L’hebdomadaire britannique The Observer Photo Joy Saha (Bangladesh), vainqueur de la compétition professionnelle des Sony World Photography Awards 2026, dans la catégorie Architecture et design. Photo extraite de la série Homes of Haor, 2025. “Au fil des générations, explique l’hebdomadaire londonien, les habitants ont aménagé des buttes de terre pour y construire leurs habitations et installer leurs petites exploitations au-dessus du niveau de l’eau. Les flancs de ces monticules, vulnérables à l’érosion causée par les vagues lors des crues, sont consolidés par des plantations d’herbes.” “Je voulais montrer au monde la réalité de leur vie, à quel point elle est difficile, explique Joy Saha dans The Observer. Je voulais montrer leur force.” Ses photographies “mettent en lumière la résilience de l’architecture des zones humides”, estime le média britannique : “Sans ces maisons construites sur des terres surélevées, les populations et leurs moyens de subsistance seraient emportés par les eaux.” Photo Joy Saha (Bangladesh), vainqueur de la compétition professionnelle des Sony World Photography Awards 2026, dans la catégorie Architecture et design. Photo extraite de la série Homes of Haor, 2025. Photo Joy Saha (Bangladesh), vainqueur de la compétition professionnelle des Sony World Photography Awards 2026, dans la catégorie Architecture et design. Photo extraite de la série Homes of Haor, 2025. “Les habitants connaissent parfaitement ce mode de vie, souligne le photographe bangladais. Pendant les crues saisonnières, n’ayant rien à cultiver, ils élèvent des canards et vendent leurs œufs pour subvenir à leurs besoins. Ils organisent aussi des promenades en bateau pour les touristes.” Joy Saha se veut confiant pour l’avenir des haor, rappelant que son pays est habitué à subir des inondations. Mais The Observer est plus circonspect : “La combinaison de la crise climatique et de l’intervention humaine dans la nature bouleverse l’équilibre de ces zones humides.” Et menace la pérennité de ces étonnants paysages dessinés par l’homme.— Matthieu Recarte À lire aussi : Photo. À la frontière mexicaine, Felipe Romero Beltrán saisit des vies en suspens À lire aussi : Diaporama. Un concours de photos pour “inspirer l’action climatique” À lire aussi : Photo. Les cavalières marocaines saisies par Chantal Pinzi, World Press Photo 2026
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