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📅 28/04/2026 à 07:04
Un véritable "Pearl Harbor spatial"? Les États-Unis s’inquiètent des nouvelles capacités antisatellites récemment déployées par la Russie
Géopolitique
Les États-Unis s’inquiètent des nouvelles capacités antisatellites déployées par la Russie ces dernières semaines (illustration) - BFM TechDans de récentes déclarations, les forces armées américaines se sont inquiétées des nouvelles capacités russes en matière de défense antimissile. Outre les missiles, le Kremlin développe des satellites capables de détruire d’autres satellites, ainsi que certaines options à caractère nucléaire.Dans l’espace, personne ne vous entend tirer... mais le silence du vide n’empêche pas la montée des tensions. Le général Stephen Whiting, chef du Commandement spatial des États-Unis, s’est récemment inquiété de mouvements jugés suspects de satellites russes. Après plusieurs essais en orbite terrestre basse, décrits comme des dispositifs "à poupées russes", Moscou développerait désormais des capacités antisatellites potentiellement opérationnelles, capables de cibler des actifs stratégiques américains.Sans nommer explicitement le programme, le haut gradé faisait très probablement référence au système russe "Nivelir". Comme le rappelle Ars Technica, après leur mise en orbite, ces satellites auraient libéré des engins plus petits pour effectuer leurs propres manœuvres et l’un d’eux aurait projeté un objet non identifié à grande vitesse lors d’un essai en 2020 que des analystes américains ont interprété comme un possible projectile destiné à viser un autre satellite.Image satellite du site 43 au cosmodrome de Plesetsk, à 800 km au nord de Moscou, avec ses deux pas de lancement Soyouz © Image satellite Google EarthLe satellite le plus récent suspecté d’appartenir au programme russe Nivelir aurait été lancé en mai depuis le cosmodrome de Plesetsk, situé dans l'Oblast d'Arkhangelsk, à 800 km au nord de Moscou. Et cela avec un timing très précis... coïncidant avec le passage orbital d’un satellite espion américain. Selon les autorités américaines, ce système, testé depuis 2013 et observé en approche de satellites américains depuis 2019, serait désormais opérationnel."Il est évident que la Russie déployait une arme spatiale dans cette zone et la plaçait sur une orbite lui permettant d'atteindre des satellites essentiels à la sécurité nationale américaine", a déclaré le général Whiting lors d'une conférence au Centre d'études stratégiques et internationales (CSIS) à Washington. "Si l'on se penche sur les premiers lancements de ce système, le système russe de poupées russes, on constate qu'il s'agissait de tests."Un "long passif" d'armes antisatellitesMoins dotée financièrement que les programmes américain et chinois, l'industrie spatiale russe produit moins de satellites et procède à des lancements moins fréquents, mais elle développerait néanmoins une approche singulière des armes antisatellites. Au-delà de ses capacités de "satellites antisatellites", la Russie dispose également de missiles capables de frapper des objets en orbite.Aux débuts de l’ère spatiale, en raison de la faible précision des missiles, ceux-ci devaient emporter une charge nucléaire destinée à exploser à proximité du satellite visé. Par la suite, d’autres méthodes ont été développées, comme la création de nuages de débris ou de projectiles sur la trajectoire de la cible, ou encore l’utilisation d’engins cinétiques capables de percuter directement les satellites."La Russie demeure une puissance spatiale compétente, même si son industrie spatiale souffre d’un sous-financement systémique, de problèmes de contrôle de la qualité, de sanctions internationales et de contrôles à l’exportation", ont par ailleurs estimé les agences de renseignement américaines dans leur évaluation annuelle non classifiée des menaces publiée plus tôt cette année.L’Union soviétique avait aussi conçu des satellites antisatellites, les "IS" (Istrebitel Spoutnikov, "destructeur de satellites"). Dans les faits, seuls quelques pays ont démontré la capacité de détruire des satellites par missile: les États-Unis, la Chine, la Russie (et auparavant l’URSS) ainsi que l’Inde, à travers différents essais menés depuis les années 1980.Des capacités nucléaires dans l'espace?Toutefois, l’état-major américain ne s’est pas uniquement penché sur les satellites et les missiles du Kremlin, mais aussi sur ses capacités nucléaires. L’hypothèse d’une arme nucléaire antisatellite russe a ainsi été au cœur du dernier exercice de simulation de guerre du Commandement spatial américain, qui a mobilisé autorités, alliés et plus de 60 entreprises de défense pour anticiper les conséquences d’un tel scénario.Une fusée Soyouz 2.1b avec l'atterrisseur Luna-25 sur la rampe de lancement au cosmodrome de Vostochny, le 8 août 2023 (photo d'illustration) © HANDOUT / RUSSIAN SPACE AGENCY ROSCOSMOS / AFPBaptisé "Apollo Insight", cet exercice confidentiel, achevé le mois dernier, a exploré un scénario de crise impliquant des armes de destruction massive en orbite. Celui-ci a été jugé préoccupant au regard d’informations sur les intentions supposées de la Russie, selon le général Stephen Whiting. Plusieurs experts, cités par Defense One, rappellent qu’un tel usage nucléaire dans l’espace violerait le Traité sur l’espace extra-atmosphérique, même si Washington estime nécessaire de se préparer à ce "scénario catastrophe".Selon The Times, une explosion nucléaire en orbite basse (entre 480 et 1.930 km d’altitude) pourrait endommager ou détruire jusqu’à 10.000 satellites, soit environ 80% du total en activité. Un tel événement frapperait à la fois les capacités militaires de renseignement et de ciblage, mais aussi une large part des services civils (communications, internet, téléphonie et GPS), conduisant le journal britannique à qualifier cette hypothèse d'un véritable "Pearl Harbor spatial".Les plus lus"On marche sur la tête": Emmanuel Macron attaque "les mabouls qui disent qu'il faut se fâcher avec l'Algérie""Ça n'a pas été chose aisée": Charles Alloncle réagit sur BFMTV à l'adoption de son rapport sur l'audiovisuel publicINFOGRAPHIES. +69% en 5 ans: les dépassements d'honoraires des médecins explosent, l'Assurance maladie ouvre une négociation pour tenter de les réguler"A 99,9%, le PSG va rester au Parc des Princes": le maire de Paris Emmanuel Grégoire optimiste pour une future vente du stade au clubLe tribunal de Pointe-à-Pitre met fin à un an d'attente: Air Antilles placée en liquidation judiciaire, avec cession immédiate d'activité
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