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📅 28/04/2026 à 06:45
Un “raccourci spatial” pour aller sur Mars en seulement 56 jours est découvert, mais à quel prix ?
Énergie & Environnement
👤 Brice Haziza
Un “raccourci spatial” pour aller sur Mars en seulement 56 jours est découvert, mais à quel prix ? Par Brice Haziza (@_NotreEspace_) Publié le 28/04/26 à 06h45 Nos réseaux : Suivez-nous Commenter 3 © Illustration générée sur Banana - Illustration d'un voyage vers Mars empruntant une trajectoire d'astéroïde. Le voyage vers Mars est aujourd'hui une affaire de patience. Avec les technologies actuelles, une mission classique via une orbite de transfert de Hohmann nécessite environ sept à neuf mois de trajet aller. Un calvaire logistique et sanitaire pour les futurs astronautes, exposés aux radiations et à l'apesanteur prolongée. Pourtant, Marcelo de Oliveira Souza, chercheur à l'Université d'État du Nord Fluminense (Brésil), propose une approche radicale : utiliser l'orbite de l'astéroïde 2001 CA21 comme un “gabarit géométrique” pour identifier des couloirs de transfert ultra-rapides.Le “plan de vol” de l'astéroïdeTrajctoire optimale "Possible" proposée dans l'article.© Marcelo de Oliveira Souza, Science Direct (2026)L'idée ne consiste pas à se poser sur l'astéroïde, mais à caler la trajectoire du vaisseau spatial sur son plan orbital. En analysant les données orbitales préliminaires de 2001 CA21, l'étude a identifié des fenêtres d'opportunité uniques, notamment lors de l'opposition de Mars en 2031.En contraignant les trajectoires de transfert à rester à moins de 5 degrés du plan orbital de l'astéroïde, le chercheur a découvert deux scénarios de missions aller-retour particulièrement efficaces: La version “Possible“ : un aller en 56 jours et un retour en 135 jours, pour une mission totale de 226 jours. La version “Extrême” : un sprint spatial de seulement 33 jours pour atteindre Mars, avec un retour en 90 jours. 2031 : L'alignement parfaitPourquoi 2031 ? L'étude a comparé trois fenêtres (2027, 2029 et 2031). Il s'avère que la configuration planétaire de 2031 est la seule à offrir une symétrie géométrique permettant des transferts rapides à l'aller comme au retour tout en respectant l'alignement avec le plan de l'astéroïde. Dans les autres cas, l'énergie requise ou le freinage à l'arrivée (vitesse dépassant les 20 km/s) rendraient la mission impossible pour nos boucliers thermiques actuels.Le mur de l'énergie : quel coût pour un tel sprint ?C’est ici que la physique impose sa réalité. Si ces trajectoires sont géométriquement possibles, leur coût énergétique est colossal.Pour la mission “Possible“ (56 jours), l'énergie caractéristique de départ est d'environ 17 km/s (la vitesse qui reste après “s'être arraché” à la Terre). À titre de comparaison, c'est environ 15 fois plus que ce qu'on sait faire pour une mission de ce type. On est ici sur une exigence qui flirte avec les limites supérieures de nos capacités de lancement chimique actuelles.Pour la mission “Extrême” en 33 jours, le constat est sans appel : c’est environ 40 fois l'énergie d'une mission classique. Avec une vitesse de départ de 27,5 km/s et une arrivée à 30,3 km/s sur Mars, la propulsion chimique traditionnelle est hors-jeu. À lire également : Nasa : le moteur nucléaire devient enfin une réalité, cap sur Mars dès 2028 Le verdict techniquePour que ce rêve de 33 jours devienne réalité, il faudra impérativement passer à la vitesse supérieure : la propulsion nucléaire thermique (NTP) ou électrique avancée. Seule cette technologie, capable d'offrir une impulsion spécifique très élevée, pourrait fournir la poussée nécessaire sans que le vaisseau ne soit constitué à 99% de carburant. L'étude de Marcelo de Oliveira Souza prouve que le chemin existe ; reste maintenant à construire le moteur pour l'emprunter. Suivez toute l'actualité des Numériques sur Google Actualités et sur la chaîne WhatsApp des Numériques Envie de faire encore plus d'économies ? Découvrez nos codes promo sélectionnés pour vous.
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