● Courrier International 📅 27/04/2026 à 17:00

“Half Man”, une série “intelligente et éprouvante” sur la violence masculine

Géopolitique
Illustration
Dans “Half Man”, Richard Gadd (à gauche) interprète Ruben, un homme violent, qui entretient une relation toxique avec l’homme avec lequel il a grandi, Niall (Jamie Bell, à droite). Photo Anne Binckebanck/HBO Richard Gadd continue de tracer un sillon bien singulier dans le paysage des séries, après l’immense succès critique de Mon petit renne − une fiction semi-autobiographique, lancée sur Netflix en 2024, qui retraçait le harcèlement et les viols qu’il avait subis. Sa nouvelle création, Half Man, “se veut une démonstration farouchement intelligente, impitoyable et éprouvante, des causes du mal-être masculin”, écrit The Guardian. Dans ce drame “audacieux et plein de rage”, proposée en France sur HBO Max, Richard Gadd interprète lui-même l’un des deux protagonistes qu’il a écrits, le plus violent, Ruben, qui retrouve Niall (Jamie Bell) à son mariage, après de longues années sans se voir. À lire aussi : Sur Netflix. “Mon petit renne”, une série magistrale “qui vous laissera perturbé” Un flash-back nous ramène à l’époque du lycée, où Ruben, à sa sortie de prison, s’installe sous le même toit que Niall, leurs mères étant en couple. Une situation qui leur vaut railleries et brimades hors de chez eux. Le premier réplique et repousse toute la violence qui l’entoure, mais peine à l’école ; quand le deuxième, brillant en classe, la subit, se faisant harceler par des camarades. Une forme de codépendance s’installe alors entre les deux adolescents issus d’un milieu prolétaire, qui partagent la même chambre. Ruben “est un cas d’école de la victime devenue bourreau”, précise le Guardian. Il va exploiter la vulnérabilité des autres, dont celle de Niall, qu’il défend et utilise tout à la fois. Une acuité rare Half Man, une coproduction de la BBC et de HBO Max, est “sombre et brillante”, loue le Guardian. Et tout en soulignant quelques écueils, comme le fait que les personnages féminins sont moins écrits, le quotidien souligne l’intelligence avec laquelle elle questionne les rapports entre hommes. “La série aborde avec une acuité rare la question de la responsabilité des hommes : quand et comment doivent-ils assumer leurs actes – et pas seulement pour les hommes comme Ruben, mais aussi pour tous ceux à la masculinité moins ‘toxique’, comme Niall et les figures paternelles de l’intrigue, aux contours flous.” En tentant de comprendre les ressorts de “la virilité et de la menace homoérotique toxique”, Gadd rappellera des souvenirs à tous ceux ayant fréquenté un lycée comme le sien, “royaume des pantalons inconfortables, des profs trop contents de ne pas se faire eux-mêmes harceler pour oser intervenir et des repas douteux à la cantine”, détaille The Times. À lire aussi : Amour. Est-ce que les hommes hétérosexuels vont bien ? Cet autre quotidien britannique prévient toutefois les spectateurs qui auraient trouvé Mon petit renne éprouvante, que cette nouvelle série “leur donnera probablement envie d’aller s’enfermer dans le noir, une serviette sur la tête”. Très admiratif, le journal estime qu’elle est à la fois “sombre, oppressante, nihiliste, profondément dérangeante” et “superbement réalisée”. D’une brutalité implacable Loyauté, trauma et amour fraternel s’entremêlent dans une confusion et une rage intenses, tant les deux protagonistes sont aux antipodes l’un de l’autre. Et la série ne rechigne pas à montrer cette violence assez frontalement. Ce que The Independent, bien moins convaincu que le reste des critiques, déplore, mettant en cause “le caractère profondément déplaisant des personnages principaux”, estimant qu’ils sont bien trop caricaturaux. Les critiques sont toutefois unanimes quant au jeu des acteurs, particulièrement brillant. À lire aussi : Société. Dans un collège de garçons à Tokyo, des cours pour en finir avec la masculinité toxique Plus positif, The Financial Times y voit une œuvre “horriblement saisissante – mais aussi cynique, féroce et d’une brutalité implacable”. Lui préférant Mon petit renne, le journal estime que la série semble moins sûre de son propos sur la masculinité. Toutefois “l’intrigue fait preuve d’un subtil équilibre, le spectateur ne sait jamais vraiment sur quel pied danser avec les deux protagonistes et pour lequel prendre parti”. Pour le Guardian, c’est un chef-d’œuvre d’utilité publique, “une série à montrer partout où se rassemblent des hommes”. Oumeïma Nechi Europe Sur le même sujet Japon. Le manga fait sa mue internationale Gastronomie. Foin du luxe importé : les chefs malaisiens redécouvrent les saveurs de leur pays Séries. Comment le “female gaze” s’installe sur nos écrans Séries. Merci à Michelle Pfeiffer de révolutionner la figure de la grand-mère ! 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