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📅 27/04/2026 à 12:09
Dans un contexte de crise, des CHU misent sur l’IA pour créer un « hôpital augmenté »
Géopolitique
👤 Thomas Lefèvre
Dans un contexte de crise, des CHU misent sur l’IA pour créer un « hôpital augmenté » Ars longa, vita brevis Illustration : Flock Thomas Lefèvre Le 27 avril à 12h09 Portée par des financements publics et des partenariats privés, l’intelligence artificielle s’impose dans les centres hospitaliers universitaires français. Alors que six établissements de santé sur dix utilisent déjà des outils d’IA, les stratégies d’intégration se révèlent très hétérogènes sur le territoire. Une erreur ? En janvier 2026, le centre hospitalier universitaire (CHU) de Montpellier a obtenu 14,9 millions d’euros d’argent public, dans le cadre du plan France 2030, pour son projet « Alliance Santé IA ». Porté par la directrice de l’établissement, Anne Ferrer, ce projet a pour ambition de créer « le premier hôpital pilote augmenté par l’IA ». Si le CHU de Montpellier se place en fer de lance de l’intégration de l’intelligence artificielle au sein de l’hôpital public, cette dynamique dépasse largement la métropole de l’Hérault. Au niveau national, la transformation est déjà bien engagée. D’après la Fédération hospitalière de France, en 2025, plus de six établissements de santé sur dix utilisent déjà des outils intégrant de l’IA, et près de neuf sur dix prévoient de s’en équiper à court terme. En s’appuyant sur ces chiffres, le gouvernement souligne que « l’IA en santé n’est plus une perspective : c’est une réalité déployée sur le terrain », peut-on lire dans la stratégie intelligence artificielle et données de santé 2025 - 2028 (PDF). « Au CHU de Poitiers, l’IA est surtout utilisée comme outil d’aide au diagnostic, principalement en radiologie, indique le Dr Guillaume Herpe, radiologue et coordinateur IA de l’établissement. Elle sert aussi à des tâches documentaires, comme la rédaction de comptes rendus ou l’assistance lors des consultations, même si ces usages sont encore en cours de déploiement. » IA Comment les médecins s’emparent de l’IA générative IA Lundi 13 janvier 2025 à 09h10 13/01/2025 09h10 7 L’essor de l’IA hospitalière repose en grande partie sur des investissements publics, complétés par des partenariats avec des acteurs privés. À titre d’exemple, entre 2021 et 2025, environ 110 millions d’euros ont été mobilisés par l’État dans le cadre de France 2030 pour soutenir la constitution d’entrepôts de données de santé hospitaliers et des projets d’IA, impliquant plus de 30 CHU. Cette dépendance aux financements publics reste très marquée, le Dr Guillaume Herpe estime ainsi qu’ « environ 80 % des financements proviennent de budgets d’innovation ou d’investissement publics, contre 20 % issus de partenariats de recherche ». Des stratégies inégales selon les établissements Malgré l’essor des projets, les investissements restent souvent marginaux à l’échelle des budgets hospitaliers. Si certains établissements, comme Montpellier, bénéficient de financements conséquents, la majorité des CHU avancent avec des moyens limités. « Dans la plupart des CHU, les budgets dédiés à l’IA ne dépassent pas un million d’euros. À titre de comparaison, les coûts d’énergie et de consommables dépassent 20 millions par an, et une machine IRM peut coûter jusqu’à 3 millions », précise Guillaume Herpe. Ces écarts de financement se traduisent par des trajectoires différentes. Les établissements les mieux dotés peuvent structurer des stratégies globales et expérimenter à grande échelle. À l’inverse, d’autres avancent plus progressivement, en fonction des appels à projets, et restent dépendants de prestataires extérieurs. Du côté des directions, l’enjeu est également stratégique. Pour Sébastien Florek, directeur des services numériques du CHU de Bordeaux, l’hôpital public doit s’adapter pour ne pas décrocher face au privé : « Est-ce qu’on veut que le service public reste avec une technologie des années 90 ? Les citoyens attendent des services publics des outils modernes qu’il faut être en capacité de proposer. » Société Comment l’intelligence artificielle générative bouscule le métier d’avocat d’affaires Société Mardi 21 avril 2026 à 09h00 21/04/2026 09h00 8 Soutenez un journalisme indépendant, libre de ton, sans pub et sans reproche. Accédez en illimité aux articles Profitez d'un média expert et unique Intégrez la communauté et prenez part aux débats Partagez des articles premium à vos contacts Abonnez-vous La suite de cet article est réservée à nos abonnés Soutenez un journalisme indépendant, expert et sans pub. Abonnez-vous sur next.ink/subs bingo.crepuscule Premium Il y a 9 minutes Voir les réponses Message 1 Aller au commentaire enfant Signaler Bloquer cet utilisateur L’IA peut être un outil utile à l’hôpital, notamment en appui à l’analyse d’examens, à l’imagerie médicale, à la détection de signaux faibles ou à certains traitements ciblés. Mais elle ne doit surtout pas devenir un moyen de compenser le manque de personnel, la fermeture de lits ou la dégradation des conditions de travail.Le problème n’est donc pas l’IA en elle-même. Le problème, c’est l’usage politique et budgétaire qu’on risque d’en faire... 🤔En présentant une modernisation technologique comme une réponse à une crise qui est d’abord humaine, organisationnelle et sociale. 🫤Un hôpital public de qualité a besoin d’outils modernes, certes, mais surtout de soignants en nombre suffisant, correctement rémunérés, écoutés, formés, et associés aux décisions. L’IA doit rester un complément au service des professionnels et des patients, pas un substitut aux moyens humains. 🙄Si elle permet de gagner du temps médical réel, de mieux diagnostiquer, de sécuriser certains parcours et d’améliorer la prise en charge, très bien. Mais si elle sert à rationaliser encore davantage, à réduire les effectifs, à externaliser vers des prestataires privés ou à masquer l’effondrement du service public hospitalier, alors elle devient un problème. La priorité devrait être claire. D’abord des moyens humains et de bonnes conditions de travail, ensuite une IA encadrée, transparente, souveraine, évaluée scientifiquement, et réellement utile au soin. Pas l’inverse. TexMex Premium Il y a 2 minutes En réponse à Message 1.1 Signaler Bloquer cet utilisateur YouTubeSécurité !!! Sécurité !!! On a un flagrant délit de propos sensés.A 1 an des présidentielles, il faudrait déposer les textes. On va se les faire piquer par les candidats à ce train la. trytodosth Premium À l'instant Message 2 Signaler Bloquer cet utilisateur Les citoyens attendent des services publics des outils modernes qu’il faut être en capacité de proposer. Je crois qu'ils attendent un service de santé fonctionnel et complet, ce qui passe par suffisamment de personnel compétent et formé. L'un n'exclut pas l'autre mais l’IA au prix du reste ce n'est pas ce qui est demandé...Si vous avez des proches dans le secteur médical, pas besoin de vous faire un dessin. Signaler un commentaire Voulez-vous vraiment signaler ce commentaire ? Non Oui
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