● Journal du Net 📅 27/04/2026 à 11:01

Comment trouver son product market fit : les 6 meilleurs conseils des fondateurs

Cybersécurité 👤 Raphael Hazan
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Design partners, vitesse d'exécution, certitudes à questionner… Les fondateurs de Naboo, Lemrock et Club Employés partagent leur expérience sur ce sujet essentiel de l'entrepreneuriat. Pour un entrepreneur qui lance sa start-up, trouver son product market fit, autrement dit l’adéquation entre un produit et son marché, constitue l’une des premières étapes clés. Voici les conseils et erreurs à éviter par des fondateurs qui sont parvenus à atteindre ce fameux PMF. 1. Se méfier de son instinct et de ses certitudes Voici un premier conseil pas toujours simple à appliquer pour un entrepreneur, souvent réputé pour la force de ses convictions. Et pourtant, "l'instinct est un ennemi dans le cadre de la recherche de son PMF", assure Maxime Eduardo, CEO de Naboo, une plateforme dédiée aux achats événementiels, notamment pour les séminaires. "Les fondateurs ont souvent des idées préconçues sur les attentes du marché. Au départ, Naboo était une plateforme de télétravail. J’étais persuadé que ce produit allait exploser. J’avais même interdit à mes équipes d’utiliser le mot "séminaire", alors que c’était précisément ce que demandaient les clients. J’avais des œillères. Heureusement, j'ai fini par écouter les signaux du marché". 2. Privilégier son marché à son produit Si le product market fit désigne l'adéquation entre un produit et son marché, c’est plutôt le second élément qui doit concentrer le plus d’attention. "Il ne faut pas tomber amoureux de sa solution mais plutôt répondre à un besoin client. On a procédé à la méthode du Mom Test, qui permet de mieux comprendre ses interlocuteurs pour résoudre leurs problèmes", confie Roxane Laigle, CEO de Lemrock, une start-up qui permet aux e-commerçants d'apparaître sur les IA conversationnelles. "L'obsession ne doit pas être de créer un logiciel mais un service qui se vend. A nos débuts, on n'avait pas encore de logiciel, on faisait du service. Il faut trouver son marché avant de trouver son produit", complète Maxime Eduardo. Autrement dit, c'est le produit qui s'adapte à son marché, et non l'inverse. 3. Ne pas impliquer trop de monde La force d'une start-up repose en partie sur son agilité. Alors autant en profiter : "Lorsque tout le monde donne son avis et ses recommandations, cela devient vite complexe, d’autant plus que nous sommes désormais 400 collaborateurs. Le retour le plus pertinent reste celui du client. J’aime limiter le nombre de personnes impliquées lors du lancement de nouveaux projets. Surtout qu'aujourd’hui, avec l’intelligence artificielle, on peut développer des POC très rapidement et tester une solution en un temps record", indique Romain Rostagnat, CEO de Club Employés, une plateforme d'avantages salariés. 4. Lancer son produit rapidement "Si vous attendez que votre produit soit parfait pour le lancer, il est déjà trop tard. Il est illusoire de penser pouvoir répondre directement à tous les besoins des clients dès le départ. Mieux vaut proposer une version imparfaite, puis l'ajuster en fonction des retours des utilisateurs. Cela évitera de subir un pivot contraint", estime Romain Rostagnat. Un point de vue partagé par Roxane Laigle : "On dit souvent que si l’on n’a pas un peu honte de son produit au moment de son lancement, c’est qu’il y a un problème. Même imparfait, un produit qui répond à un vrai besoin peut rencontrer le succès, et les clients sauront se montrer compréhensifs". 5. Recourir à des design partners A l'automne 2025, le JDN consacrait un article aux design partners, ces entreprises qui participent activement à la conception d'un produit d'une start-up avant son lancement officiel. De précieux alliés selon Roxane Laigle : "Je conseille de solliciter sept à neuf design partners pour coconstruire son produit, si possible avec des profils variés. C'est une aide déterminante". 6. Ecouter les retours qui comptent Si nos trois interlocuteurs s’accordent sur l’importance de recueillir des retours sur son produit, tous ne se valent pas pour autant. Maxime Eduardo insiste sur la nécessité de distinguer les retours des personnes qui paient la solution de ceux qui ne la paient pas. "Au début, tout le monde nous disait que notre produit était génial. Mais tant que la personne n’achète pas, son retour a peu de poids, aussi positif soit-il. Les avis enthousiastes peuvent même entretenir une forme de complaisance. Au final, ce qui compte, c’est que l’utilisateur sorte sa carte bancaire pour s'offrir un produit qui répond à l'un de ses besoins".
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