● Courrier International
📅 25/04/2026 à 12:27
Face à la menace de troisième guerre mondiale, la Gen Z choisit le rire
Cybersécurité
Sur les réseaux sociaux, depuis plusieurs mois, la Gen Z crée des mèmes sur une potentielle Troisième Guerre mondiale. Ces vidéos et images ironiques cachent en fait une saturation face à une actualité déprimante et un avenir de plus en plus incertain, analyse la presse étrangère. Capture d’écran @readchoi via TikTok Vidéo. Face à la menace de troisième guerre mondiale, la Gen Z choisit le rire 25 avril 2026 La troisième guerre mondiale est une source inépuisable de blagues pour la Gen Z, qui reçoit la médaille de la génération “la moins sérieuse”. Car, sur les réseaux sociaux, les tensions géopolitiques sont détournées dans des mèmes, des images ou des vidéos pleines de second degré et d’humour noir, à propos d’un potentiel conflit à venir. Explication en vidéo. L’utilisation de l’humour noir en temps de crise n’est pas récente et ne se limite pas à la guerre. “Charlie Chaplin a eu recours à la satire dans Le Dictateur en 1940 pour désamorcer et aborder la menace posée par Adolf Hitler”, rappelle la site américain HuffPost. Toujours en 1940, lors de l’occupation nazie, “les Tchèques se moquaient des oppresseurs en faisant appel à l’humour noir”. Et de nos jours, dans les hôpitaux “les patients atteints de cancer plaisantent sur leur mortalité pour se détendre et reprendre le contrôle”, note le site de la chaîne singapourienne CNA Today. “En 1927 déjà, Sigmund Freud, le pionnier de la psychanalyse, considérait que l’humour était le moyen par lequel l’esprit se protégeait des réalités douloureuses. Les psychologues ont remarqué depuis longtemps qu’il permettait de supporter l’insupportable.” Le site de la chaîne singapourienne CNA Today Les mèmes ne sont pas une preuve d’insensibilité. “C’est la manière qu’a une génération, élevée dans l’idée d’une mondialisation synonyme de paix mondiale, d’encaisser le choc provoqué par Trump”, écrit le média indien “The Print”. Capture d’écran @orlandomoonlight via TikTok Ce que fait la génération Z est donc loin d’être inédit. Mais “ce qui a changé, ce n’est pas l’existence de l’humour noir, mais sa portée”, note CNA Today. Avec les réseaux sociaux, cette forme d’autodéfense à l’égard d’une actualité de plus en plus morbide est très courante et accessible à tous à travers le monde. Et s’ils peuvent être vus comme divertissants, il ne faut pas sous-estimer le pouvoir des mèmes. Comme le rappelle le média indien The Print : “On a vu au Bangladesh, au Népal, et à Madagascar que des mèmes peu sérieux pouvaient tout aussi bien déboucher sur une révolution”, faisant référence aux révoltes de jeunes dans ces pays, qui ont parfois mené au renversement du pouvoir en place. “Les responsables politiques du monde entier ont de quoi s’inquiéter”, conclut le média indien. Et si ce n’est pas pour eux, pour l’avenir de cette génération désabusée qui, faute d’une perspective de paix mondiale et durable, a choisi d’en rire.⏤ Camille Miloua Giraudeau À lire aussi : Société. Le service militaire pour guérir d’un chagrin d’amour : pourquoi les Thaïlandais s’enrôlent en masse À lire aussi : Drogues. Chez la Gen Z, l’addiction à la kétamine tourne à l’épidémie À lire aussi : Vidéo. Au Népal, c’est Discord qui nomme la Première ministre
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