● Presse-Citron 📅 25/04/2026 à 08:00

Ces jeunes français ont imaginé l'IA vocale qui va révolutionner le quotidien de votre entreprise

Data Science 👤 Mathilde Rochefort
Illustration
© Lexia 0 À son arrivée fin 2022, ChatGPT promettait de révolutionner chaque strate de l’entreprise. Pourtant, en franchissant la porte des bureaux en 2026, le constat est souvent plus nuancé : si l’intelligence artificielle est bien là, son usage reste très fragmenté, parfois même archaïque. Pour Mathis Escriva, cofondateur de Lexia, ce décalage s’explique par la barrière du texte. « On s’est rendu compte qu’il y avait un immense écart entre les prouesses en laboratoire et la pénétration réelle de l’IA dans les entreprises », observe-t-il dans un entretien accordé à Presse-citron. Car pendant des décennies, l’informatique nous a dicté sa loi : pour obtenir une réponse, il fallait taper des mots-clés ou synthétiser sa pensée pour l’adapter au moteur de recherche. L’avènement de l’IA générative a soudainement inversé la donne, exigeant des utilisateurs qu’ils fournissent un contexte riche et détaillé sous forme de prompts. Un exercice de rédaction qui s’avère parfois complexe pour de nombreux professionnels. « Les gens n’étaient pas du tout à l’aise à taper avec l’IA. On le voyait en formation : ils n’arrivaient pas à obtenir ce qu’ils voulaient », raconte l’ingénieur de 22 ans, qui a également fait ce constat lors d’un stage chez un groupe du CAC 40. Avec ses collaborateurs, il a donc fondé Lexia avec un pari audacieux : supprimer le clavier de l’équation. Plutôt que de forcer les travailleurs à devenir des experts du prompt, pourquoi ne pas laisser l’IA s’adapter à notre vecteur de communication le plus naturel ? Ainsi, la deeptech considère le texte comme un « sous-produit », c’est la voix qui apporte avant tout le contexte et les nuances. Elle a donc donné naissance à Gilbert avec une mission claire : réconcilier l’efficacité de l’IA avec la spontanéité de l’oral. Rencontrez Gilbert Ce « dictaphone intelligent » capture « le capital vocal de l’entreprise », c’est-à-dire la masse d’informations critiques qui s’échange chaque jour de manière informelle et qui, jusqu’ici, s’évaporait dès la fin de la discussion. « Ce qui constitue la valeur d’une entreprise, ce sont ses actifs, ses documents, ses processus. Mais aujourd’hui, 80 % des décisions passent par la voix, sans même un échange d’e-mails », souligne Mathis Escriva. Qu’il s’agisse d’une réunion de chantier, d’un rendez-vous client ou d’un point café, Gilbert permet, en un clic sur smartphone ou ordinateur, de figer ces échanges pour les transformer instantanément en données exploitables. Mais pour que l’adoption soit massive, la société privilégie une ergonomie fluide et intuitive, loin des logiciels complexes et surchargés. « Une technologie où il y a besoin de formation, c’est que c’est une mauvaise technologie. Elle ne s’intègre pas bien dans les processus métiers », tranche le cofondateur. Avec Gilbert, l’utilisateur parle naturellement et l’IA se charge du reste : structurer les notes, identifier les actions à entreprendre et les injecter dans les outils quotidiens comme Slack, Notion ou un CRM. © Lexia La promesse de la souveraineté Contrairement à certains acteurs qui se contentent de brancher leur interface sur les API américaines, la deeptech s’appuie sur des Small Language Models (SLM) open source pour développer et fusionner ses propres modèles. Bien plus spécialisés que les LLM, ils garantissent une approche de « cuisine interne » qui permet une précision chirurgicale sur des jargons métier complexes. « On a la main sur toute notre pipeline technologique, peu importe l’étape du processus », affirme Mathis Escriva. Par exemple, « on choisit un modèle qui est très fort en mathématiques, puis on le fusionne avec un autre très doué pour raconter des histoires, ça donne un très bon prof de maths », illustre-t-il. Une agilité permet de garantir un taux de précision compris entre 97 % et 99 %, assure la firme. Elle est aussi essentielle pour s’illustrer sur un terrain crucial : la souveraineté. Puisque la voix constitue une donnée biométrique par nature sensible, l’entreprise garantit un traitement 100 % français. Les données peuvent être hébergées sur un cloud privé sécurisé ou directement sur les serveurs du client. Les SLM garantissent, en outre, une solution dix fois moins énergivore que les technologies généralistes, sans sacrifier la performance pour autant. De quoi faciliter une exécution plus rapide et une meilleure intégration locale. Recommandée par le gouvernement Gilbert de Lexia connaît une traction fulgurante : lancée officiellement en janvier 2026, elle a déjà séduit 900 utilisateurs actifs. Une accélération soutenue par Bpifrance et une recommandation de l’État à ses administrations. Côté business, la jeune pousse s’adapte à toutes les échelles, de l’abonnement individuel autour de 20 euros jusqu’aux forfaits sur mesure pour les structures aux besoins critiques. « On travaille typiquement avec le milieu médical qui a des contraintes d’hébergement pour les données de santé », précise Mathis Escriva. Une telle adoption nécessite bien entendu des mises à jour constantes. Cette semaine, la deeptech a lancé son système MCP (Model Context Protocol). Cette nouvelle brique permet à Gilbert de se connecter directement aux IA préférées des clients et à l’ensemble de leurs outils. « Nous proposons vraiment un outil qui communique avec tous les systèmes de l’entreprise », se félicite l’ingénieur. Et désormais, son ambition dépasse le simple logiciel, pour conquérir physiquement les salles de réunion, la startup travaille sur des partenariats hardware afin de coupler son IA à des micros professionnels. Objectif : équiper les entreprises d’un dispositif complet capable de capter l’audio de manière optimale en présentiel. Gilbert de Lexia permet aux professionnels de piloter l’IA par la voix, transformant ainsi l’oral naturel en données structurées. En fusionnant ses propres modèles SLM basés sur l’open source, la startup garantit une solution 10 fois moins énergivore et un hébergement 100 % français. Grâce à son nouveau système MCP, son IA Gilbert se connecte directement aux outils métiers pour déclencher des actions immédiates. 📍 Pour ne manquer aucune actualité de Presse-citron, suivez-nous sur Google Actualités et WhatsApp. Newsletter 🍋 Abonnez-vous, et recevez chaque matin un résumé de l’actu tech Votre email : Je m'inscris J'ai lu et accepte les termes et les conditions Laissez ce champ vide si vous êtes humain : entrepriseFrench Tech Sur le même sujet Sauvé par les Français, Duralex replonge : son patron déserte et l’entreprise est « dans une impasse » Un ancien salarié de chez Airbus vient d’obtenir le Graal : l’avionneur va lui racheter l’entreprise qu’il a créé au moment de partir Deux banques françaises vont permettre de payer avec Wero : une grande première La pépite française C12 annonce un ordinateur quantique intégrable dans un datacenter d’ici à 2033 Les dernières actualités Ces jeunes français ont imaginé l’IA vocale qui va révolutionner le quotidien de votre entreprise Les nouvelles offres BBox sont là avec des réductions folles sur des PS5, Xbox, Smart TV Samsung… Boire deux à trois cafés par jour : un réflexe santé à adopter, selon cette nouvelle étude Le PC portable HP de 17 pouces à prix sacrifié chez Cdiscount Ce soir, regardez la Lune : c’est l’un des meilleurs moments pour voir sa surface en détail Voici 4 films à voir absolument au ciné ce week-end « L’iPhone ne sera pas remplacé par l’IA » : selon le PDG de Perplexity, le smartphone a encore de beaux jours devant lui Xiaomi Pad 7 : à quasi moitié prix, cette tablette part comme des petits pains ⚡️
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