● Journal du Net
📅 25/04/2026 à 00:11
Sam Altman veut prouver que vous êtes humain sur Shopfy, Zoom, Tinder, et partout ailleurs…
Cybersécurité
👤 Frédéric Olivieri
Face à la montée des bots et des deepfakes, le projet World de Sam Altman déploie son système de "preuve d'humanité" sur des plateformes comme Tinder et Zoom. L'IA transforme profondément l'usage d'internet, et entre les bots conversationnels, les images générées et les arnaques avec des deepfakes de plus en plus crédibles, distinguer un humain d'un agent automatisé devient parfois difficile. C'est précisément ce problème que tente de résoudre le projet World, porté par Sam Altman. Lors d'une annonce officielle, l'entreprise a annoncé de nouvelles intégrations de son système de vérification d'identité sur plusieurs services majeurs, dont Tinder et Zoom. Avant d'intégrer d'autres partenaires comme Shopify, Docusign, ou encore AWS, l'objectif est de permettre aux utilisateurs de prouver qu'ils sont bien des humains, sans révéler d'informations personnelles sensibles… Un scan de l'iris pour prouver son humanité Le badge de vérification s'affiche directement en face de chaque intervenant - Source : World Le dispositif repose sur une technologie assez particulière : la reconnaissance de l'iris. Grâce à un appareil sphérique appelé Orb, les utilisateurs peuvent scanner la partie colorée de leur oeil afin de générer un identifiant numérique unique, appelé World ID. Ce système transforme l'iris en une empreinte cryptographique anonyme. Une fois la vérification effectuée, l'utilisateur reçoit un identifiant stocké sur son smartphone, qu'il peut ensuite utiliser pour s'authentifier sur différentes plateformes. World affirme que cette méthode protège la vie privée des utilisateurs : aucune donnée personnelle comme le nom ou l'adresse n'est nécessaire. Le système s'appuie notamment sur des mécanismes cryptographiques avancés, comme les preuves à divulgation nulle de connaissance (zero-knowledge proofs), afin de confirmer qu'une personne est humaine sans exposer son identité. À ce jour, environ 18 millions de personnes auraient déjà été vérifiées via World ID dans plus de 160 pays. Tinder et Zoom parmi les premiers partenaires… Parmi les premières plateformes à adopter cette technologie, on retrouve Tinder. En effet, l'application de rencontre souhaite renforcer la lutte contre les faux profils, un phénomène largement amplifié par l'intelligence artificielle. Les utilisateurs qui choisissent de vérifier leur identité via World ID pourront afficher un badge spécifique sur leur profil, afin de rassurer les autres membres sur le fait qu'ils discutent avec une "vraie" personne et non avec un bot. Contrairement à ce que l'on pourrait imaginer, ce problème est loin d'être anecdotique. Aux États-Unis, les arnaques sentimentales ont fait perdre plus d'un milliard de dollars aux victimes l'an dernier selon la Federal Trade Commission. Sur certains témoignages d'utilisateurs, jusqu'à 30% des profils rencontrés pourraient être liés à des systèmes automatisés ou à des escroqueries. Du côté de Zoom, la problématique est différente mais tout aussi sensible. La plateforme souhaite limiter les risques liés aux deepfakes lors des réunions professionnelles. En 2024, un employé à Hong Kong avait transféré 25 millions de dollars après avoir été trompé par des vidéos deepfake imitant plusieurs dirigeants de son entreprise. Avec l'intégration de World ID, Zoom pourra comparer plusieurs éléments (image initiale en rentrant dans la réunion, selfie en direct, flux vidéo de la réunion) afin de confirmer que la personne à l'écran correspond bien à un humain authentifié. Vers une infrastructure d'authentification pour l'ère de l'IA ? Au-delà des applications de rencontre ou des visioconférences, World ambitionne d'étendre ce système à de nombreux domaines, allant de la signature électronique avec DocuSign, à la billetterie de concerts ou encore d'autres services en ligne destinés aux entreprises. L'entreprise travaille également sur des outils destinés au futur "web agentique", dans lequel des agents d'IA pourraient agir au nom des utilisateurs. Ainsi, la capacité à prouver qu'un humain se trouve derrière certaines actions deviendrait une composante centrale de la confiance numérique. Pour Sam Altman, à mesure que les contenus générés par l'IA deviennent majoritaires sur internet, il deviendra indispensable de pouvoir identifier ce qui relève encore de l'activité humaine…
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