● BFM Tech
📅 24/04/2026 à 16:53
Et si vous aussi vous étiez président des États-Unis? "President Simulator", un jeu 100% français qui vous met dans la peau orangée du prochain Donald Trump, avec le bouton rouge en option
Géopolitique
Dans "President Simulator", vous incarnez un président américain confronté à de multiples situations: prise de décision, conférences de presse, signature de décrets, gestion de la popularité.... Un premier jeu chaotique et parodique du tout jeune studio 14b, mené par deux Français embarqués dans une aventure aussi loufoque que leur jeu."On a passé plus de 30 heures au téléphone avant de se lancer, car on avait besoin de savoir si on partageait les mêmes valeurs". Ainsi Pierre Grimault explique les premiers contacts qu’il a eus avec Guillaume Cazelles, son comparse et cofondateur de 14b, le studio indépendant derrière le jeu President Simulator.À les entendre tous les deux plaisanter ainsi, on ne se doute pas un instant qu’ils peaufinent conjointement leur jeu de simulation séparés de… centaines de kilomètres. Et qu’ils ne se sont même jamais rencontrés en vrai! Cela donne déjà le ton de ce titre au fort potentiel chaotique et parodique.Leur tout premier jeu a fait bruisser les réseaux sociaux avec sa proposition finalement pas si éloignée d’une certaine réalité outre-Atlantique… "En une semaine après la diffusion du trailer, on a eu plus de 10.000 wishlists supplémentaires (ajout sur les listes de souhait de Steam, NDLR) et on en a plus de 14.000 maintenant", s’enthousiasme Guillaume Cazelles .L’Allemagne, les États-Unis, l’Angleterre et même la Chine ont été réceptifs à cette simulation à la première personne qui embarque les joueurs au coeur du Bureau Ovale. "C’est un jeu franco-français, mais pour le moment, la France n’est pas très sensible au jeu. On doit avoir 650 wishlists de joueurs français seulement" (au 20 avril, NDLR), regrette-t-il.Du burn-out au télétravail présidentielDans la lignée des Supermarket Simulator et autres jeux de simulation à la mode, ils ont donc peaufiné leur proposition, née dans la tête de Guillaume Cazelles . "J’ai fait un burn-out et, après un an de traversée du désert chez moi, à essayer de réfléchir à ce que je voulais faire, j’ai voulu monter ma boîte", confie cet ancien d’Homa Games, spécialiste parisien du jeu mobile. "J’ai fait des petits jeux seul pour retrouver le goût du développement. Puis, je me suis dit qu’il fallait que je refasse un jeu plus 'mass market' et l’idée de President Simulator est venue.""L’idée, c’était de prendre un concept qui puisse devenir viral, comme Supermarket Simulator, mais d’y injecter de la profondeur et de l’humour", résume Guillaume Cazelles . "On a voulu faire un jeu de 'col blanc', une simulation de bureau avec le rôle le plus iconique au monde. Le rôle de Président, tout le monde comprend les enjeux, de 13 à 75 ans."Les deux développeurs décident alors de s’autofinancer pour assurer leur liberté éditoriale et créative. "On veut aller vite et rester maîtres de nos choix", souligne Pierre Grimault pour justifier de ne pas faire de demandes d’aides publiques au CNC Jeux vidéo ou au Fonds de solidarité du jeu vidéo. "De toute façon, on est deux et il nous manquait des profils, notamment artistiques, pour déposer certains dossiers."Signez vos décrets et soyez-en fiers ! © Studio 14bDepuis un an, les deux hommes ont créé leur société, mais aussi leur façon moderne et inattendue de travailler. Entre Pierre Grimault, ancien d’Ubisoft davantage tourné vers les jeux AAA, et Guillaume Cazelles, plus spécialisé sur le mobile, il fut alors question de confiance absolue et d’équilibre. "On a un rituel tous les lundis pour briser l’isolement du télétravail. On se retrouve en ligne et on joue ensemble pendant deux heures. C’est notre manière de créer du lien comme si on était à la machine à café, mais à distance", raconte tout sourire Guillaume Cazelles. Du Team building clavier-souris, nourri d’humour et de blague, qui soude tout autant et donne l’envie d’aller de l’avant avec leur jeu qui, sous ses airs américains, fleure bon l’humour à la française.Montrer l'absurdité du pouvoirComment rester drôle sans devenir partisan? Comment faire une simulation à la Maison Blanche, dans le Bureau Ovale, sans que le jeu ne se transforme en outil politique? Ce sont les questions qu’ils se sont de fait posées en définissant le spectre de jeu de President Simulator. "On ne veut pas faire un 'Troll Game'", martèle Pierre Grimault. "On ne dit pas si une loi est de gauche ou de droite quand elle est proposée dans le jeu. On montre simplement les conséquences absurdes ou dramatiques d’une décision prise." Et d'ajouter: "C'est un jeu de simulation un peu potache, amusant et accessible, pas un lieu pour exprimer ses opinions." Pas de politique partisane, juste une volonté ludique de souligner l’absurdité du pouvoir.Prenez vos décisions pour éviter le chaos... ou non © Studio 14bAu total, ils ont prévu pour le moment quelque 600 à 700 propositions de décret de loi à voter (ou non), de situations loufoques à trancher, etc. Tout cela ne va faire que grossir dans la dernière ligne droite. Il faut prendre les dossiers, les lire, apposer votre tampon, signer les textes, légiférer, communiquer et surtout tenter de survivre (financièrement, populairement et politiquement) en évitant la banqueroute, les soulèvements et les crises internationales. Sinon, il y aura toujours le bouton rouge pour tout régler…Si Guillaume Cazelles et Pierre Grimault y ont mis de l’humour et de la parodie (la réalité dépassant la possible fiction) tout en voyant large dans les thématiques abordées, ils se sont aussi interdit certains sujets. "Il y a des sujets auxquels on ne touchera jamais, comme la guerre ou certaines affaires sordides. On veut que ça reste un divertissement, pas un défouloir malsain", analyse Guillaume Cazelles. Pas question de parler de pédopornographie ni faire la moindre allusion à l’affaire Epstein. C’est une simulation de présidence américaine, pas un jeu sur Donald Trump, tiennent-ils à préciser.Supermarket Simulator, Power Wash, Taxi Life... : la folie des jeux de simulation !! 30:52La peur du review bombing MAGAConfiants dans leur produit qui commence doucement à faire parler de lui, les deux cofondateurs de 14b sentent aussi un léger stress monter alors qu’ils espèrent livrer une démo jouable courant mai, avant une sortie un peu plus tard. Une excitation teintée d’une grande vigilance, notamment face à la tendance du review bombing qui consiste à détruire un jeu par une note catastrophique, souvent injustifiée."Notre plus grande crainte, c’est que des gens politisés notent mal le jeu sans même y jouer, juste parce qu’ils pensent qu’on attaque leur camp. On doit être très clairs sur notre neutralité", clame Guillaume Cazelles. "On a mis toutes nos économies là-dedans. Le succès de President Simulator, c’est ce qui nous permettra de lancer notre deuxième projet et de peut-être agrandir l’équipe. Mais je pense qu’il y a moyen de rentabiliser ce jeu, au moins la production, et d’en faire un second après", se prend-il même à espérer. Pour le moment, à deux, ils doivent faire tourner leur affaire, apprendre aussi à mettre sur pied une stratégie marketing pour porter le jeu.Dans "President Simulator", il faut décider des priorités de votre mandature © Studio 14bTous deux savent le sujet sensible, surtout avec les récents événements internationaux ou même juste américains. Un bad buzz, le moindre faux pas et le succès viral pourrait tourner à la polémique inutile. Entre deux lignes de codes, ils tracent leur route vers la Maison Blanche sur Instagram, X et Tiktok avec plusieurs vidéos postées chaque semaine pour expliquer leur concept. Cela suffira-t-il à ce que le public voit un jeu et pas une critique acerbe? L’avenir leur dira. Mais President Simulator coche en tout cas toutes les cases pour attirer l’oeil des streamers, toujours prompt à partager avec leur communauté des jeux inattendus misant sur l’humour. Ils espèrent que ceux-ci seront leurs premiers partisans pour les porter vers le succès. Nous, nous avons déjà pris notre carte d'adhésion.Les plus lus"Opération des jambes", "prothèse"... Mojtaba Khamenei est gravement blessé et aura "éventuellement" besoin de chirurgie esthétique, selon le New York TimesQuel avenir pour Emmanuel Macron après 2027? 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