● BFM Tech 📅 24/04/2026 à 15:47

Du "contenu pédopornographique en deux clics sur n’importe quel réseau social": loin du dark web, comment des milliers de sites illégaux se cachent en pleine lumière

Cybersécurité
Illustration
Image d'illustration pour cybercrime - Photo par PHILIP DULIAN / DPA / DPA PICTURE-ALLIANCE VIA AFPDans son rapport annuel, l'Internet Watch Foundation alerte sur une hausse significative des sites vendant des contenus pédopornographiques. Elle permet aux pédocriminels de gagner facilement de l'argent. Et à la vue de tous, dans certains cas."Ces chiffres sont écoeurants". Ainsi Jess Phillips, secrétaire d'État britannique aux violences faites aux femmes et aux filles, a résumé les découvertes glaçantes de l'Internet Watch Foundation (IWF). Chargée de détecter et retirer les contenus d'abus sexuels sur mineurs, cette organisation britannique a publié son rapport annuel le 23 avril.Elle y révèle qu'il est désormais trop facile pour les criminels de se faire de l'argent avec ce type d'images et de vidéos, à travers des sites sur lesquels ils les commercialisent. Leur nombre a en effet doublé en un an, passant de 7.028 en 2024 à 15.031 en 2025. Ces sites proposent une vaste gamme d'images pédopornographiques, avec des victimes de tous âges et certaines des formes les plus graves et extrêmes d'abus sexuels, a alerté l'IWF.Des contenus dissimulés à la vue de tousCe n'est pas le seul problème avec ces sites. Contrairement à ce que l'on pourrait croire, ils ne sont pas cachés dans les recoins les plus sombres d'internet, car les criminels ont trouvé un moyen de les dissimuler à la vue de tous. Certains apparaissent ainsi comme des sites légaux ou inactifs lorsqu'ils sont chargés dans un navigateur. Cela leur permet d'opérer sur le web sans être repérés.Ce n'est qu'en passant par un chemin spécifique ou un site référent qu'ils révèlent leur véritable nature, affichant alors des images pédopornographiques et d'autres contenus illégaux. 2.458 des sites commerciaux découverts par l'IWF étaient dissimulés de cette manière, soit 16%."Je peux trouver du contenu pédopornographique, notamment les pires catégories, de catégorie A, c'est-à-dire des agressions sexuelles sur des enfants, y compris des bébés, sur n'importe quel réseau social, en un seul mot-clé et deux clics", a fait savoir un analyste ayant participé à la rédaction du rapport au Guardian.La directrice générale de l'IWF, Kerry Smith, appelle ainsi à démanteler ce système. "Il est nécessaire d'imposer des mesures obligatoires aux services financiers afin de détecter, supprimer et signaler de manière proactive les liens de paiement numérique servant à la vente d'images et de vidéos pédopornographiques", a-t-elle déclaré.Le gouvernement britannique prévoit lui aussi de sévir face à ce fléau, avec son projet de loi sur la criminalité et la police. De nouvelles dispositions permettraient en effet de sanctionner les personnes gérant ou modérant ces sites en leur influgeant de lourdes peines de prison.Un moyen parmi d'autresCes sites ne sont malheureusement qu'un moyen parmi d'autres pour les criminels de monétiser les abus sexuels sur les enfants. La sextorsion en est un autre. Consistant à menacer de divulguer des images intimes d'une personne si elle ne paye pas une certaine somme, elle a connu un bond de 127% entre 2024 et 2025.L'IWF a ainsi confirmé 397 signalements liées à ce délit l'année dernière, avec les adolescents de 14 à 17 ans qui étaient les plus susceptibles d'être impliqués. Certains étaient plus jeunes dans quelques cas. Un des rapports provenait par exemple d'un enfant âgé entre 7 et 10 ans.Si les garçons sont les principales victimes de cette pratique, les filles restent les plus exposées aux images à caractère sexuel en ligne. L'IWF a d'ailleurs trouvé des "packs" de ces images vendus comme des "coffrets" l'année dernière, des personnes n'ont pas hésité à les acheter pour voir des enfants apparaître dans des scènes humiliantes et dégradantes.Les plus lus"Opération des jambes", "prothèse"... Mojtaba Khamenei est gravement blessé et aura "éventuellement" besoin de chirurgie esthétique, selon le New York TimesQuel avenir pour Emmanuel Macron après 2027? Le président promet de ne plus faire de politique après la présidentielle400.000 dollars empochés grâce à des informations confidentielles: un militaire américain poursuivi pour des paris sur la chute de Nicolas MaduroContrôle routier, arme blanche… Ce que l'on sait sur l'homme abattu par des policiers municipaux à MarseilleBenzema de retour avec les Bleus si Zidane devient sélectionneur? La réponse du buteur français
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