● Les Numériques Télécom 📅 24/04/2026 à 07:00

Switch 2 : on a testé la manette increvable de 8BitDo qui veut détrôner Nintendo

Géopolitique 👤 Diogo Ribeiro
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10 Commenter Présentation Voilà déjà près d’un an que Nintendo a mis sa Switch 2 sur le marché, et pour autant, le marché secondaire des périphériques compatibles demeure relativement discret. À l’exception de PowerA, HORI ou d’autres fabricants plus obscurs, rares sont les acteurs à s’être emparés de l’affaire avec assez d’entrain pour nous étonner — à l’exception, et c’est le sujet qui nous intéresse ici, de 8BitDo.Ce constructeur chinois, dont la réputation n’est plus à prouver, propose plusieurs gammes de manettes pour l’écosystème Switch : les Ultimate Controllers à disposition asymétrique façon Xbox, et les Pro Controllers, à la croisée des chemins entre le layout PlayStation et le feel retro des anciennes consoles Nintendo.La 8BitDo Pro 3.© Les NumériquesC’est à cette dernière qu’appartient la 8BitDo Pro 3, commercialisée en fin 2025 sur le Vieux Continent. Proposée aux alentours de 70 €, la manette se positionne ainsi sur le haut de gamme d’une marque habituellement connue pour ses tarifs plus doux… tout en restant moins chère d’une vingtaine d’euros par rapport au Pro Controller 2 officiel de Nintendo.L’alternative chinoise profite d’une flopée de fonctionnalités supplémentaires, dont des joysticks à technologie TMR et des gâchettes à bascule analogique ou numérique (autant d'atouts que nous explorerons au fil de ce test). Disponible en quatre coloris, c’est dans sa robe violette, largement évocatrice de la GameCube, que nous est parvenue notre unité de test. Publicité, votre contenu continue ci-dessous Publicité Construction et ergonomieRobuste et charmeuse Du premier coup d’œil, difficile de renier le charme de la 8BitDo Pro 3. Avec ses boutons colorés et sa construction soignée en plastique, il s’en dégage un cachet assez fort pour titiller le cœur des quadragénaires. L’ajout du code couleur façon GameCube, pour sûr, ravira les milléniaux.La disposition asymétrique, entre tradition et modernité, est héritée de la SN30 — peut-être la première manette de la marque à s’être forgé une renommée internationale — et n’a pas fondamentalement évolué. La prise en main est somme toute similaire à celle d’une DualSense, bien que légèrement plus ramassée en raison de dimensions (15,36 x 10,05 x 6,45 cm) finalement assez modestes. On concède néanmoins un petit avantage à la Pro 3 face au Switch Pro Controller 2 pour les utilisateurs aux mains petites ou moyennes, grâce à la flexion du pouce plus réduite nécessaire pour atteindre le stick droit.Notre directeur des labos (aux grandes mains) apprécie la préhension.© Les NumériquesLa Pro 3 creuse l’écart avec la manette de Sony en affichant un poids plus léger sur la balance : 242 g contre les 280 g de la DualSense et les 335 g de son modèle Edge. Elle se montre à peine plus lourde que le Pro Controller 2 de Nintendo (235 g), mais son poids est mieux réparti dans les poignées, ce qui gomme toute différence concrète à l’usage.Rien à redire sur la construction de la Pro 3, d’une robustesse en phase avec son placement tarifaire. Les poignées sont dotées d’un revêtement texturé, certes moins “classieux” que le caoutchouc de certaines manettes concurrentes, mais qui a l’avantage de ne pas s’effriter avec le temps. La préhension est en tout point une réussite.La forme est quasi identique à celle de la manette Pro 2.© Les NumériquesOn compte pas moins de 17 boutons (!) sur la Pro 3, sans inclure les “L3 et R3” assignés à la pression des sticks analogiques. Ainsi, en plus des quatre gâchettes et des six boutons “classiques” de façade, on trouve deux boutons de tranche supplémentaires, dont la fonction dépend de la machine sollicitée, mais nous y reviendrons plus tard.Trois boutons additionnels sont disposés sur la partie inférieure pour l’assignation des macros, le changement de profil et une commande Home analogue à celle de la Switch. Enfin, deux boutons sont placées à l’arrière de la manette, là où reposent les deuxièmes phalanges de nos annulaires. Une pléthore de commandes qui offre un éventail de personnalisation important.La manette compte deux boutons de tranche supplémentaires.© Les NumériquesMais quid de leur ressenti ? Les quatre boutons d'action (A, B, X, Y) s'inspirent directement de ceux de la Super Nintendo : légèrement convexes, avec une course de clic généreuse. Ainsi, “masher” un bouton à répétition demande un peu plus d’effort que sur une manette du Big Three actuel. Bien qu’ils reposent sur une structure à membrane classique, leur rebond notable s’accompagne d’un son assez prononcé pour être remarqué. Une philosophie bien différente de la Wolverine V3 Pro de Razer, pour ne citer qu’elle, et qui évoque une conception propre à Nintendo fut un temps.La croix directionnelle est une réussite.© Les NumériquesSi les boutons de façade affichent un feeling très rétro, la croix directionnelle tente un compromis intéressant. De taille et d'aspect identiques au D-pad SNES, elle dispose d’un retour tactile précis à chacune de ses huit directions. Il en résulte un sentiment de justesse agréable qui sied parfaitement aux jeux de plateforme. On est toutefois moins convaincu par son aisance sur un jeu de combat façon Street Fighter, tant les diagonales peuvent être plus laborieuses à sortir qu'avec un D-pad circulaire.Les gâchettes arrière disposent d'interrupteurs visant à faire basculer leur commande analogique, avec différents degrés d'activation sur leur course, vers un fonctionnement binaire. Leur utilité dépendra du jeu ; ainsi, les titres rétro, qui ne prennent pas en compte les gâchettes analogiques, seront plus adaptés à des commandes digitales. Tout l'inverse d'un jeu de simulation automobile, où les nuances du pédalier ont toute leur importance.Enfin, quatre commandes supplémentaires sont disposées à côté des boutons de tranche (L4 et R4) et sur les poignées arrière (PR et PL). Leur assignation dépend du mode de connectivité sollicité par la manette ; mais nous reviendrons sur leur utilité dans la partie Personnalisation.Les deux palettes arrière de la manette.© Les NumériquesPour le reste, on note l'absence regrettable de sortie casque, un manque face au Pro Controller 2 ou au pad Xbox Series. La connectivité filaire et la recharge s’effectuent via l’interface USB-C située sur la tranche. 8BitDo promet une vingtaine d’heures d’autonomie, ce que nous avons pu confirmer lors de nos tests. C’est bien mieux que la DualSense, mais très inférieur à une manette Xbox équipée de piles AA. Preuve, une fois de plus, que la batterie intégrée n'a pas que des avantages, d’autant que celle de la Pro 3 n’est pas facilement remplaçable.La 8BitDo Pro 3 est livrée avec un dock de recharge USB-C, lequel permet d'insérer le dongle 2,4 GHz à l'intérieur pour le rendre compatible avec le dock de la Switch et de la Switch 2. Notez enfin que la connectivité se gère via un interrupteur à l'arrière, permettant de basculer entre les modes Switch, Direct-Input (Bluetooth) ou 2,4 GHz. Personnalisation et configurationEncore plus de polyvalence La 8BitDo Pro 3 est compatible avec le logiciel de gestion Ultimate Software V2, qui permet de personnaliser les touches, d’ajuster la sensibilité des joysticks analogiques et des gâchettes, ou encore de mettre à jour le microcode. Seule une version native, compatible Windows et macOS, est disponible ; l’absence de version web est regrettable pour les utilisateurs Linux.On ne trouve aucune fioriture du côté de l’interface, particulièrement austère, qui gagnerait à offrir plus de couleurs et de clarté quant à l’impact des personnalisations appliquées. À noter que l’assignation “miroir” des touches additionnelles, évoquée plus haut, peut également s’effectuer via une combinaison de boutons, sans ouvrir le logiciel. Jusqu’à trois profils d’appariements peuvent être enregistrés dans la mémoire embarquée.L'interface de l'Ultimate Software V2 est… sommaire.© Les NumériquesUtilisée sur Steam, la Pro 3 gagne encore en polyvalence puisqu’elle dispose d’un profil de configuration Direct-Input, en complément de la norme X-input du marché. Quelle différence entre les deux ? La norme X-input, universellement adoptée par l’industrie, permet à toutes les manettes d’être reconnues instantanément par les jeux récents, sans avoir à manipuler les pilotes. La norme Direct-Input, plus ancienne, autorise les constructeurs à définir librement le nombre de commandes. C’est ce qui permet à la Pro 3 de profiter de ses quatre boutons additionnels comme de “vraies” commandes indépendantes, et non comme de simples “miroirs” d'autres boutons, comme c’est le cas sur console ou via X-input. Steam prend en charge cette configuration sans difficulté via son menu de réglages manette, à condition d’utiliser la connectivité filaire ou Bluetooth.Steam permet de profiter de toute l'étendue des commandes de la Pro 3© Les NumériquesS’il est possible de connecter la Pro 3 à la Nintendo Switch 2 via les trois modes proposés (filaire, Bluetooth et radio 2,4 GHz), une fonctionnalité est réservée au Bluetooth : le “shake and wake”, qui permet de sortir la console de veille en secouant la manette. Pour activer cette option, il faut passer par une série de manipulations peu intuitives, expliquées dans un court tutoriel vidéo. Et si nous avons réussi à synchroniser la Pro 3 avec notre Switch 2 pour la sortie de veille, un temps de latence certain subsiste avant d’accéder au menu principal. En bref, cette petite entorse au protocole sans-fil de Nintendo demande encore à être perfectionnée…Quatre boutons colorés sans sérigraphie sont inclus pour personnaliser la manette.© Les NumériquesAu-delà des macros, l’attrait de la Pro 3 réside aussi dans sa personnalisation extérieure : les boutons peuvent être retirés et replacés pour passer d’une disposition Nintendo à un layout Xbox — pratique pour ceux dont les habitudes sont ancrées dans la mémoire musculaire. L'opération s'effectue via un astucieux extracteur de touches (key-puller) aimanté. Les capuchons de joysticks peuvent aussi être remplacés par des doubles façon stick arcade. C’est charmant, certes, mais l’intérêt ergonomique reste anecdotique. Précision et réactivitéUne bonne manette grand public S’il est encore un peu tôt pour rendre un verdict définitif sur la supériorité absolue des joysticks à magnétorésistance à effet tunnel (TMR), le constat de nos semaines de test est sans équivoque : la 8BitDo Pro 3 offre des mouvements précis et constants, avec une absence quasi totale de “dead zone”. Ne pas avoir à s’inquiéter de l’usure des pièces mécaniques des joysticks, comme c’est le cas avec les potentiomètres des Joy-Con ou du Pro Controller 2, constitue un véritable atout pour qui recherche une manette durable.La seule ombre au tableau, finalement, réside dans la fréquence d’interrogation relativement basse pour un produit d’un tel acabit. Plafonnée à un maximum de 250 Hz en filaire et via dongle 2,4 GHz en X-input sur PC, tombant à 200 Hz en mode Bluetooth, elle peut décevoir là où d’autres modèles comme la Wolverine V3 Pro proposent 1000 Hz en filaire sur PC. Rappelons qu’une haute fréquence d’interrogation permet de limiter l’impact de la latence entre le périphérique et la machine sollicitée — même si elle est loin d’être le seul facteur déterminant. La Pro 3 reste avant tout une manette grand public, pas véritablement taillée pour le jeu compétitif de haut niveau. Publicité, votre contenu continue ci-dessous Publicité Points forts Design charmant et retro. Joysticks TMR précis et durables. Dock de recharge inclus. Croix directionnelle réussie. Boutons interchangeables. Versatilité à toute épreuve. Bonne préhension. Points faibles Fréquence d'interrogation plafonnée à 250 Hz. Boutons bruyants. Boules de joysticks dispensables. Autonomie améliorable. Conclusion Note de la rédaction Comment fonctionne la notation ? Et si la Nintendo Switch 2 tenait déjà sa meilleure manette tierce, voire sa meilleure manette, point final ? 8bitdo présente une copie quasi parfaite avec sa Pro 3 : charmante, précise et très versatile, cette manette (presque) tout-terrain affiche un très beau rapport qualité/prix. Certaines concessions sont néanmoins repérables, comme une autonomie médiocre, une faible fréquence d’interrogation et sa synchronisation encore imparfaite avec la Switch 2. Face à la concurrence Pour une vingtaine d’euros de plus, le Pro Controller 2 officiel de Nintendo profite d’une disposition asymétrique pour celles et ceux qui en préfèrent l’usage, ainsi qu’une intégration parfaite avec les fonctionnalités de la console. Las, ses joysticks à potentiomètres et sa compatibilité PC médiocre restent des facteurs limitants à un tel prix. Sous-Notes Construction et ergonomie Personnalisation et configuration Précision et réactivité Lire la suite
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