● Courrier International
📅 23/04/2026 à 18:06
Que pense la presse américaine de “Michael”, le biopic sur Michael Jackson ?
Géopolitique
Jaafar Jackson interprète son oncle Michael Jackson dans le biopic “Michael”, réalisé par Antoine Fuqua. Lionsgate C’est un biopic qui ne s’embarrasse absolument pas des questions qui fâchent. À l’affiche cette semaine en France et aux États-Unis, Michael fait grincer des dents certains critiques américains. Car le film retrace uniquement le début de la carrière de Michael Jackson, de ses 10 ans à ses 30 ans, sans jamais évoquer les accusations de pédocriminalité qui ont suivi. Le tout avec un enthousiasme qui dessert la complexité du personnage. “Ce Michael est sans relief, il est à peine humain”, tance The New York Times. À lire aussi : MUSIQUE. “Leaving Neverland” : pourquoi l’heure de la disgrâce a sonné pour Michael Jackson Le parti pris interroge, tant la vie et la mort de Michael Jackson ont été entachées. Car, d’un côté, il y a l’incontestable “roi de la pop”, dont l’influence sur la musique du XXe siècle est sans égale – Thriller reste à ce jour le single le plus vendu au monde. De l’autre, le visage bien plus sombre d’un homme accusé à plusieurs reprises de pédocriminalité, et qui a souvent suscité l’incompréhension, notamment en se blanchissant la peau. Sous silence Mais voilà, l’histoire s’arrête en 1988. Ce qui “permet à Michael de rendre hommage aux éléments de l’histoire qui valent la peine d’être rappelés : ce talent unique et cette détermination qui propulsent les membres d’une famille modeste au rang de célébrités mondiales, qui pulvérisent les barrières empêchant les Noirs d’être traités comme les autres artistes sur MTV et qui, de manière éphémère, vont même donner l’illusion que l’humanité peut vivre en harmonie”, relate le Los Angeles Times. Ainsi, “si le biopic ne cherche pas à faire de Michael Jackson un héros irréprochable, les accusations portées contre lui sont complètement passées sous silence”, insiste le quotidien. Ce n’est qu’en 1993 qu’éclate la première affaire de pédocriminalité, avec l’ouverture d’une enquête par le FBI. Suivront d’autres accusations à l’aube des années 2000, sans que le chanteur ne soit jamais condamné. Sur la forme, le réalisateur Antoine Fuqua signe un biopic assez classique, où dominent des scènes entraînantes recréant les concerts les plus mythiques des Jackson Five, le groupe de la fratrie. Jusqu’au moment où Michael Jackson prend son envol et se détache de l’emprise d’un père exigent et parfois violent, Joe (joué par Colman Domingo). Reste que le film pèche même dans la représentation du processus créatif. Il “manque des éléments qui auraient pu être passionnants, comme ces moments où l’artiste en plein doute parvient enfin à accoucher d’une chanson. Le Michael qu’on nous montre à l’écran n’a presque pas besoin de progresser dans son art, et ses chansons lui viennent sans aucune difficulté apparente”, juge le New York Times. Une affaire de famille Michael apparaît tantôt comme un ange venu d’un autre monde, tantôt comme un enfant coincé dans un corps d’adulte, en décalage avec son environnement. Le film est une affaire de famille, comme souvent chez les Jackson, bien que certains membres, dont Janet Jackson, aient refusé de participer au projet. Prince, l’un des fils de Michael, est coproducteur du film, et c’est le propre neveu du chanteur, Jaafar, fils de Jermaine, qui lui prête ses traits. “Jaafar a hérité de l’éclat du regard de Michael et de son sourire. Et il maîtrise parfaitement le moonwalk. Mais, pour incarner le rôle avec justesse, Jaafar doit aussi avoir l’air ridicule et factice, parce que c’était le cas de Michael”, estime le Los Angeles Times. Il “reproduit de manière troublante les talents de danseur de Michael”, décrit, plus positif, The Hollywood Reporter. Le biopic créé in fine une image de la star fidèle à ce que son père voulait de lui : “Un enfant prodige, une bête de scène et rien de plus. Du moins dans ce domaine.” Du monde en salle ? La presse spécialisée estime que le film pourrait malgré tout attirer du monde en salle, tant la musique de Michael Jackson reste à ce jour extrêmement populaire. The Hollywood Reporter en veut pour exemple deux productions, le documentaire Michael Jackson’s This Is It (2009) et la comédie musicale MJ the Musical, encore jouée à Broadway, qui ont connu un grand succès récemment tout en laissant de côté, eux aussi, les sujets qui fâchent : cela incite à penser que nombre de fans “vont se délecter de ce parcours légendaire d’enfant star du label Motown à roi incontesté de la pop, avec ces trois albums cultissimes, produits par Quincy Jones, que sont Off the Wall, Thriller et Bad”, écrit le magazine. À lire aussi : Musique. Des chansons inédites de Michael Jackson découvertes dans un garde-meuble à Los Angeles Bien plus élogieux que le reste de la presse, Variety voit dans le film “un biopic captivant mais sans prétention”. Ce qui fait la beauté de ce film, c’est la manière dont il raconte “comment Michael Jackson va pouvoir devenir lui-même en se libérant du passé”, ajoute la revue spécialisée. “Le public va forcément s’identifier à ce parcours, et le film devrait connaître un grand succès.” Oumeïma Nechi Cinéma Michael Jackson Musique Amériques Sur le même sujet États-Unis. Ces cinéphiles qui se retrouvent autour d’une passion pour les chiffres du box-office Cinéma. Akio Fujimoto, réalisateur : “J’ai voulu raconter leur histoire aux enfants rohingyas” Musique. Angine de poitrine, le phénomène québécois trop étrange pour être de l’IA Musique. Mk.gee, le prodige de la guitare qui fascine les États-Unis Nos services Soirée de lancement Inscrivez-vous pour la soirée de lancement du jeudi 07 mai à 19h30 à l’auditorium du Groupe Le Monde. Je m’inscris → HORS-SÉRIE Comment les Russes vivent-ils aujourd’hui ? 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