● BFM Tech 📅 23/04/2026 à 16:10

De l'Australie à l'Europe, en passant par les États-Unis, comment Anthropic est devenu, avec son tout nouveau modèle frontière, la star du moment de la cybersécurité

Géopolitique
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L'Australie est le dernier pays en date à manifester son intérêt pour Mythos, le modèle d'IA d'Anthropic capable de détecter des failles de sécurité dans des logiciels existants depuis des années. Son gouvernement collabore avec la start-up pour mieux sécuriser les infrastructures critiques.C'est l'outil que tout le monde veut utiliser. Depuis son annonce en presque catimini, Mythos, le modèle d'IA le plus performant d'Anthropic, ne cesse d'intéresser et d'inquiéter les entreprises, agences et pays par ses capacités présumées ou réelles. Le dernier en date, c'est l'Australie, qui a décidé de collaborer avec la start-up concernant d'éventuelles failles de sécurité, a révélé Reuters.Mythos est en effet capable de détecter des vulnérabilités dans des logiciels bien établis. Disponible pour quelques entreprises sous la forme d'une version préliminaire pour le moment, il a déjà trouvé des milliers de bugs ou failles, plus ou moins critiques dans tous les principaux systèmes d'exploitation et navigateurs web, selon Anthropic."Notre gouvernement prend très au sérieux la protection des infrastructures critiques, c'est pourquoi nous collaborons avec des fournisseurs de logiciels et des entreprises comme Anthropic afin de rester vigilants face aux failles émergentes", a déclaré un porte-parole du ministre de l'Intérieur, Tony Burke.Un accès bientôt étenduAvec cette collaboration, le gouvernement australien espère doter les fournisseurs des outils adéquats pour développer des logiciels plus sécurisés et protéger les infrastructures. Il n'est pas le seul dans le pays à s'intéresser au modèle d'Anthropic. Les banques centrales de l'Australie et de la Nouvelle-Zélande surveillent son déploiement.Actuellement, seuls les partenaires (Apple, Microsoft, JPMorganChase...) de l'initiative Projet Glasswing y ont accès pour identifier et corriger les failles dans leurs logiciels, ainsi qu'une quarantaine d'organisations "qui conçoivent ou maintiennent des infrastructures logicielles critiques".Anthropic prévoit cependant d'ouvrir l'accès à Mythos aux banques européennes et britanniques prochainement d'après Reuters. Un processus susceptible de prendre quelques semaines car il implique des vérifications afin de garantir un déploiement sécurisé. Cela permettra peut-être d'apaiser les craintes des législateurs du Vieux Continent, qui ont reproché à la start-up de ne pas les avoir prévenus de l'arrivée de son outil."Il comporte certains risques, et nous avons besoin d'informations à ce sujet. C'est pourquoi nous avons contacté la plateforme Anthropic", avait déclaré Thomas Regnier, porte-parole de l'UE sur les questions numériques à la presse il y a quelques jours."Nous avons déjà reçu certaines informations et d'autres réunions de suivi auront lieu", avait-il ajouté.Entre intérêt et inquiétudesL'administration britannique avait aussi fait part de ses inquiétudes concernant Mythos, surtout après que le modèle a réussi à 73% un test de cybersécurité qu'aucun autre n'était parvenu à boucler jusqu'à présent. Il est également une source de préoccupation, aux États-Unis. Le gouvernement Trump voit surtout le potentiel de cet outil, au point de chercher à calmer le jeu avec Anthropic après des semaines de tensions.Culture IA : Anthropic retarde une IA jugée trop puissante - 09/04 4:09Fin février, le président américain a en effet sanctionné l'entreprise en la qualifiant de "risque pour la sécurité nationale" après qu'elle a refusé de laisser l'armée utiliser ses modèles sans restrictions. Mais son patron, Dario Amodei, a été reçu par la Maison Blanche vendredi dernier pour une réunion considérée comme "productive" des deux côtés."Nous allons nous entendre. Ce sont des gens très intelligents et ils peuvent nous être très utiles", a assuré Donald Trump quelques jours après.Des agences gouvernementales, comme la National Security Agency (NSA), n'ont cependant pas attendu ce rapprochement pour utiliser Mythos, malgré le veto. D'autres, en revanche, en seraient privées. Tel est le de cas de l'agence américaine de cybersécurité (CISA) d'après le média Axios. L'outil aurait pourtant pu aider l'agence, qui est fragilisée par des coupes budgétaires et des départs imposés.Les plus lus"Apprécié de tous": émotion dans la Marne après "l'action héroïque" du caporal-chef Anicet Girardin, tué dans l'attaque au Liban"On pense encore à une séquestration": les proches de Manon Relandeau, disparue en Loire-Atlantique, gardent espoir"Le jeu est très très ouvert": Bruno Retailleau et Gabriel Attal accélèrent vers la présidentielle 2027 et espèrent doubler Édouard Philippe"Une menace pour la sécurité nationale": aux États-Unis, la disparition d'une dizaine de scientifiques interroge, le FBI lance une enquêteCoupe du monde 2026: "Que l'Italie remplace l'Iran", la proposition choc d’un proche de Donald Trump
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