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📅 23/04/2026 à 15:10
“J'emmerde le copyright” : Mathieu Kassovitz défend les acteurs IA, et le fait savoir
Tech & Innovation
👤 Thibaud Gomès-Léal
“J'emmerde le copyright” : Mathieu Kassovitz défend les acteurs IA, et le fait savoir Par Thibaud Gomès-Léal Publié le 23/04/26 à 15h10 Nos réseaux : Suivez-nous Commenter 4 © ProfiMedia - Mathieu Kassovitz lors de la conférence au WAIFF, ce 22 avril. De La Haine à l'amour... de l'IA. Dans le cadre de la deuxième édition du Festival mondial du film d'intelligence artificielle (ou World AI Film Festival), qui s'est tenue ces 21 et 22 avril à Cannes, l'acteur et réalisateur français Mathieu Kassovitz a profité d'une conférence pour clamer son amour de l'intelligence artificielle, et donner sa vision du futur métier d'acteur. À lire également : Tom Cruise et Brad Pitt en IA, c'est fini : YouTube dévoile son nouvel outil anti-deepfake "Tout le monde a peur"Dans des propos relayés pas nos confrères de The Guardian, le cinéaste a défendu avec passion cette nouvelle technologie qui est selon lui "le dernier outil artistique dont nous avons besoin".Il déclare : "Pour le moment, tout le monde a peur. Mais d’ici quelques années, vous aurez de véritables superstars de l’IA. Des acteurs virtuels avec des millions d’abonnés. Ils seront présents sur votre téléphone et, lors de la promotion d’un film, vous pourrez interagir directement avec eux.""Dans deux ans, plus personne ne se souciera de savoir si les personnages de films sont créés par une IA ou interprétés par des acteurs", conclut-il.Un discours qui arrive au moment où le célèbre Festival de Cannes (dont la 79e édition se tiendra du 12 au 23 mai prochain) a officiellement annoncé une interdiction de l'intelligence artificielle dans sa sélection, et alors que Kassovitz prépare lui un nouveau long-métrage quasi-intégralement généré en IA.Mathieu Kassovitz lors du Festival de Cannes 2019.© Denis MakarenkoCe projet de longue date, une adaptation de la bande-dessinée "La Bête est morte" d'Edmond Calvo (publiée en 1944), Kassovitz annonce pouvoir le produire pour 25 millions d'euros grâce à cette technologie, alors qu'une production traditionnelle aurait coûté selon lui plus du double.Si le réalisateur français a pour l'heure mis en pause son projet au vu de l'avancée trop rapide de la technologie, il ne s'arrête pas là et prépare l'ouverture d'un studio parisien dédié à l'intelligence artificielle.Mathieu Kassovitz veut réaliser son adaptation de La Bête est morte avec l'IA.© Gallimard"Même si l'IA s'approprie tout, elle ne vole rien"Au cours de son discours pro-IA, Mathieu Kassovitz a également tenu des propos assez contradictoires sur la pourtant délicate question du copyright et des droits d'auteurs. D'un côté, il déclare "j'emmerde le copyright" face aux inquiétudes concernant le vol du travail d'artistes par l'IA :"La Haine a été réalisé à partir d'autres films. Eux aussi ont plagié. J'ai repris des plans de Scorsese, qui les avait lui-même repris de Kurosawa, qui les avait lui-même repris d'Eisenstein. Donc, même si l'IA s'approprie tout, elle ne vole rien."La Haine de Mathieu Kassovitz, sorti en 1995.© Les Productions Lazennec / Le Studio Canal+Un argument de la copie comme inspiration qui peut s'entendre... sauf quand on place le réalisateur face à une réalité qui concerne un de ses propres films, comme l'a fait The Guardian. Là, il n'hésite pas à être plus nuancé sur la question : "Si je vois des types qui font La Haine et qui s'approprient l'œuvre et en font des conneries, bien sûr que je vais les poursuivre en justice."Un argumentaire à géométrie variable donc, pour une question qui est pourtant plus brûlante chaque jour. La preuve : le regretté Val Kilmer est récemment réapparu à l'écran grâce à l'intelligence artificelle générative, alors que la plateforme YouTube a déployé son outil anti-deepfake censé protéger l'image des célébrités.Val Kilmer recréé par l'intelligence artificielle dans le futur film As Deep As the Grave.© A Visionary FilmL'IA semble incontournable dans le futur des productions audiovisuels. Plutôt que de la combattre, l'industrie du cinéma - et leurs représentants comme Mathieu Kassovitz et d'autres - semblent chercher aujourd'hui à la dompter, quitte à mettre des générations de techniciens et d'artistes au chômage. L'avenir nous dira si se passer de l'humain était véritablement la meilleur des stratégies. Suivez toute l'actualité des Numériques sur Google Actualités et sur la chaîne WhatsApp des Numériques Envie de faire encore plus d'économies ? Découvrez nos codes promo sélectionnés pour vous.
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