● Courrier International 📅 23/04/2026 à 15:40

Le paludisme a influencé la répartition des populations humaines en Afrique

Géopolitique
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Le paludisme, transmis par les moustiques, aurait influencé les déplacements des populations humaines en Afrique, bien avant l’avènement d’un mode de vie reposant sur l’agriculture. CDC-GATHANY/Phanie/AFP Une multitude de facteurs ont probablement influencé la façon dont les premières populations humaines vivaient et se déplaçaient sur le continent africain. Le climat est souvent perçu comme le principal moteur de l’organisation spatiale de ces populations, mais les maladies ont aussi joué un rôle non négligeable. C’est ce que montre une étude parue dans Science Advances le 22 avril, pour laquelle les chercheurs se sont intéressés à Plasmodium falciparum, l’agent pathogène responsable du paludisme. Selon eux, la présence de ce parasite transmis par le moustique a dicté les choix de migration et d’installation d’Homo sapiens entre soixante-quatorze mille et cinq mille ans avant notre ère. “Une bonne partie de cette période est antérieure au développement de l’agriculture, ce qui laisse à penser que le paludisme a eu une grande incidence sur l’humanité longtemps, bien avant l’avènement du mode de vie agricole”, fait remarquer le mensuel américain Discover. À lire aussi : Dans nos archives. Pourquoi il faut repenser l’histoire de l’humanité Pour parvenir à ces résultats, les chercheurs ont combiné des modèles de distribution géographique de plusieurs espèces de moustiques ainsi que des données paléoclimatiques et épidémiologiques afin d’en tirer un indice de risque de transmission du paludisme en Afrique subsaharienne à travers le temps. En parallèle, ils ont utilisé des reconstitutions indépendantes de l’aire de répartition adaptée aux humains (niche écologique humaine), fondées sur des sites archéologiques, pour suivre l’expansion humaine sur le continent. Validation indirecte La corrélation entre l’indice de risque et la niche écologique a permis de démontrer qu’Homo sapiens n’allait pas dans les zones potentiellement touchées par le paludisme. Il y a environ quinze mille ans, un chevauchement géographique entre les populations humaines et les moustiques vecteurs du paludisme se dessine, commençant par l’Afrique de l’Ouest. Or on sait que c’est à cette période qu’apparaît une mutation génétique humaine à l’origine de la drépanocytose, qui confère une protection partielle contre le paludisme. Pour les auteurs de l’étude, cela constitue une validation indirecte de leurs conclusions. “Nos résultats indiquent que les anciennes populations humaines évitaient soigneusement les zones à fort risque de transmission du paludisme ou étaient incapables d’y survivre, précise dans un communiqué Margherita Colucci, chercheuse au département de zoologie de l’université de Cambridge et première autrice de l’étude. Les effets de ces choix ont façonné la démographie humaine pour la plus grande partie des soixante-quatorze mille dernières années, et sans doute bien plus tôt.” Son collègue Andrea Manica, également à l’université de Cambridge et coauteur de l’étude, complète : “En fragmentant les sociétés humaines à travers le territoire, le paludisme a contribué à la répartition de la population telle qu’on l’observe aujourd’hui.” Courrier international Sciences Évolution Santé Afrique Moustique Nos lecteurs ont lu aussi États-Unis. Ces figures Maga qui s’excusent d’avoir soutenu Donald Trump Asie. Deux avions de chasse sud-coréens se sont percutés parce que les pilotes se prenaient en photo Criminalité. En Afrique du Sud, l’inquiétante explosion des “kidnappings express” Tribune. En Algérie, l’espace des libertés culturelles se restreint dangereusement Nos services Soirée de lancement Inscrivez-vous pour la soirée de lancement du jeudi 07 mai à 19h30 à l’auditorium du Groupe Le Monde. Je m’inscris → HORS-SÉRIE Comment les Russes vivent-ils aujourd’hui ? Quatre ans après le début de la guerre en Ukraine, c’est une plongée rare dans ce pays de plus en plus fermé que nous vous proposons dans notre nouveau hors série, en vente à partir du 18 mars. Politique, économie, société, culture : dans la Russie de Vladimir Poutine, la guerre laisse partout son empreinte. Un numéro presque entièrement réalisé à partir de sources russes, la plupart en exil, qui dresse un portrait réaliste de la société russe. Je découvre → Slow Autriche [Contenu partenaire] Salzbourg en été : une scène à ciel ouvert Je découvre l’article → Paris Globe Festival Tentez de remporter un pass valable pour 2 spectacles au choix parmi la sélection du festival Paris Globe du 27 mai au 4 juin. Je tente ma chance →
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