● Courrier International
📅 23/04/2026 à 14:50
Amal Khalil, journaliste libanaise et “icône du terrain”, tuée dans une frappe israélienne
Géopolitique
La une du quotidien libanais Al-Akhbar du jeudi 23 avril 2026. “La témoin… toujours”, titre sur sa une le jeudi 23 avril le quotidien libanais Al-Akhbar après la mort, la veille, de sa journaliste Amal Khalil dans une frappe israélienne dans le sud du Liban. Un titre en forme de jeu de mots : Chahed, en arabe, qui signifie “témoin”, est très proche phonétiquement du mot chahid, “martyr”. Pour le journal de gauche, réputé pour son hostilité à Israël dans le paysage médiatique libanais, il n’y a pas de doute : l’incident était prémédité. Tsahal (l’armée israélienne) a voulu “assassiner” la journaliste, qu’il qualifie d’“icône du terrain”, déployée dans le sud du pays depuis le début de la guerre. “Amal Khalil ne portait pas d’arme, mais elle portait quelque chose de bien plus troublant pour l’ennemi : une histoire vraie racontée au cœur même des événements”, écrit-il. À lire aussi : Carte. Comme à Gaza, Israël cherche à imposer une “ligne jaune” dans le sud du Liban Âgée de 42 ans, la journaliste se trouvait le 22 avril dans la localité de Tiri, non loin de la zone tampon qu’Israël cherche à consolider dans le Sud libanais, en compagnie de la photographe Zeinab Faraj. Une première frappe israélienne a eu lieu dans l’après-midi, visant une voiture qui roulait devant elles. Au moins deux passagers ont été tués. La journaliste et la photographe ont abandonné leur véhicule et aussitôt trouvé refuge dans une maison voisine, rapportent plusieurs médias libanais. C’est alors qu’un second raid a visé la maison, et les a ensevelies sous les décombres. Empêchés pendant plusieurs heures par Israël de se rendre dans la localité visée, selon Al-Akhbar et d’autres médias locaux, l’armée libanaise et la Croix-Rouge libanaise ont finalement pu arriver sur les lieux. Zeinab Faraj est rapidement sauvée et transportée à l’hôpital tandis que la dépouille d’Amal Khalil est extraite en fin de soirée, après de longues heures de recherche. “Ciblage délibéré” L’incident, loin d’être le premier de ce type au Liban, a suscité une vague de condamnations sur le plan local et à l’international. Le Comité pour la protection des journalistes (CPJ) a averti que l’entrave aux efforts de sauvetage “pourrait constituer un crime de guerre”. L’organisation s’est dit, en outre, alarmée par les informations selon lesquelles Amal Khalil avait reçu une menace de mort directe attribuée à Tsahal, en septembre 2024. Pour le CPJ, cela “soulève de sérieuses inquiétudes quant à un ciblage délibéré”. De son côté, le Premier ministre libanais, Nawaf Salam, ancien président de la Cour internationale de justice (CIJ), a dénoncé un “crime de guerre” et promis de saisir la justice internationale. À lire aussi : Conflit. Tollé au Liban après la vandalisation d’une statue du Christ par un soldat israélien “Le ciblage par Israël des journalistes dans le sud du pays, alors qu’ils exercent leurs fonctions, n’est plus un incident isolé mais une politique avérée que nous condamnons […]. Le Liban ne ménagera aucun effort pour que ces crimes soient poursuivis devant les instances internationales compétentes”, a-t-il écrit sur le réseau social X. En mars, trois journalistes, dont un correspondant vedette de la chaîne du Hezbollah Al-Manar, ont été tués par une frappe ayant directement visé leur voiture dans la région de Jezzine, dans le sud du Liban. Leur mort portait déjà à onze le nombre de journalistes tués au Liban depuis le début de la guerre à Gaza, selon le CPJ. Moyen-Orient Liberté de la presse Guerre Israël-Hezbollah Sur le même sujet Médias. “Il était la voix de Gaza” : le meurtre d’Anas Al-Sharif déclenche une avalanche de condamnations Reportage. Invasion israélienne, tensions communautaires : au Liban, la crainte d’une guerre totale Reportage. “Une joie mais aussi une souffrance” : au Liban, le douloureux retour des déplacés Source de l’article Al-Akhbar (Beyrouth) Né au mois d’août 2006, en pleine guerre entre Israël et le Hezbollah, “Les Nouvelles” se veut l’expression du refus de la politique américaine au Moyen-Orient. Ses sources de financement sont mystérieuses et certains parlent de capitaux privés proches du Hezbollah. Son directeur, Joseph Samaha, ancien rédacteur en chef du quotidien “islamo-progressiste” libanais As-Safir, est l’un des journalistes les plus influents du Liban et défend une ligne politique proche de l’axe irano-syrien. A noter toutefois, que lors de la controverse sur le port du voile à l’école en France, Samaha avait défendu la position française. Curieusement, même si Al-Akhbar affiche aujourd’hui une ligne radicalement antiaméricaine et anti-israélienne, les articles les plus violents des premiers numéros sont dirigés contre… la France. Le site d’Al-Akhbar est relativement clair et facile à consulter. Le logo du quotidien est particulièrement élégant. Lire la suite Nos services HORS-SÉRIE Comment les Russes vivent-ils aujourd’hui ? Quatre ans après le début de la guerre en Ukraine, c’est une plongée rare dans ce pays de plus en plus fermé que nous vous proposons dans notre nouveau hors série, en vente à partir du 18 mars. Politique, économie, société, culture : dans la Russie de Vladimir Poutine, la guerre laisse partout son empreinte. Un numéro presque entièrement réalisé à partir de sources russes, la plupart en exil, qui dresse un portrait réaliste de la société russe. Je découvre → Slow Autriche [Contenu partenaire] Salzbourg en été : une scène à ciel ouvert Je découvre l’article → Paris Globe Festival Tentez de remporter un pass valable pour 2 spectacles au choix parmi la sélection du festival Paris Globe du 27 mai au 4 juin. Je tente ma chance → Éditions Drakoo Tentez de remporter un exemplaire de « Les enfants du bois » de Andrea Casaran aux éditions Drakoo. Je reçois ma bande dessinée →
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