● Courrier International 📅 23/04/2026 à 13:05

Son mandat à la dérive, Keir Starmer laissé “tout seul”

Géopolitique
Illustration
Le Premier ministre britannique, Keir Starmer, se retrouve “tout seul”, tance “The New Statesman” sur la couverture de son numéro daté du 24 avril 2026. “La clameur monte”, observe The New Statesman. Sur les bancs de l’opposition, dans les colonnes de la presse conservatrice. Et, de plus en plus, entre les murs des ministères. Tout le monde ou presque s’accorde à le dire : “Keir Starmer ne fait pas le boulot. Il est incapable de faire le boulot”, relaie le rédacteur en chef du magazine de centre gauche, proche du Parti travailliste, actuellement au pouvoir. “L’un des privilèges de mon poste est que je parle à tout le monde : députés, ministres, conseillers, fonctionnaires, liste Tom McTague. Tous me répètent la même chose.” À lire aussi : Analyse. Au Royaume-Uni, l’impopularité record de Keir Starmer intrigue : “Il éveille une haine remarquable” Le scandale actuel provoqué par la nomination d’un proche de Jeffrey Epstein, Peter Mandelson, au poste d’ambassadeur à Washington vient s’ajouter à une longue liste de déconvenues accumulées en moins de deux ans de mandat. “Il apparaît clair que Starmer est arrivé à Downing Street sans feuille de route”, assène Tom McTague. “Fondamentalement, il ne pensait pas en avoir besoin, du moins sur le plan idéologique. Il était arrivé à la conclusion que la faille de ses prédécesseurs conservateurs, de David Cameron à Boris Johnson, était avant tout morale. Son gouvernement serait donc différent simplement en se montrant plus sérieux et professionnel.” Cette incapacité à se doter d’une boussole politique “explique pourquoi son mandat est en train de pourrir de l’intérieur”. Depuis les élections législatives de juillet 2024, Keir Starmer a changé d’avis sur une douzaine de sujets. Les annonces de mesures impopulaires ou illisibles suivies de rétropédalages ont rapidement provoqué la chute de sa cote de popularité. Le risque du coup fatal “En l’absence d’une mission claire, des luttes de pouvoir se sont installées dans les couloirs de Downing Street”, ajoute McTague. Ces derniers mois, l’ancien procureur de 63 ans s’est séparé de son fidèle directeur de cabinet et du plus haut fonctionnaire du ministère des Affaires étrangères pour sauver sa peau, dans le cadre de l’affaire Mandelson. “Comme me le faisait remarquer une source gouvernementale, Starmer a repris les traits de la personne qu’il détestait tant, Boris Johnson. Sa droiture morale ne serait qu’une façade – il fait des erreurs mais demande aux autres de payer.” Résultat, le Premier ministre se retrouve “tout seul”, tance le New Statesman sur la couverture de son numéro daté du 24 avril. En coulisse, les manœuvres politiques s’intensifient au sein du Parti travailliste, assure McTague. L’aile gauche du Labour se montre de plus en plus vindicative. Les successeurs potentiels, comme le maire de Manchester, Andy Burnham, et l’ancienne vice-Première ministre Angela Rayner, aiguisent leurs couteaux. “Mais tous attendent le bon moment, avec à l’esprit une leçon historique cruciale : dans ce pays, la personne qui porte l’estocade se retrouve rarement avec la couronne sur la tête.” Une du jour Parti travailliste (Royaume-Uni) Affaire Epstein Europe Royaume-Uni Amériques Sur le même sujet Crise. Au Royaume-Uni, un gouvernement à la dérive et un Premier ministre sans cap Vu du Royaume-Uni. Affaire Epstein : pourquoi les Britanniques sont-ils les seuls à payer ? Une du jour. “C’est fini pour lui” : Keir Starmer en pleine tourmente sur sa gestion de l’affaire Epstein Une du jour. Affaire Mandelson : la défense de Keir Starmer provoque des “éclats de rire” Source de l’article The New Statesman (Londres) Depuis sa création, en 1913, cette revue politique, réputée aussi bien pour le sérieux de ses analyses que pour la férocité de ses commentaires, est le forum de la gauche indépendante. Le titre est le journal de référence de l’intelligentsia de gauche, mais ses colonnes sont ouvertes à un large éventail d’opinions. Soutien des travaillistes, le magazine s’était, chose rare, distancé du Labour lorsque Jeremy Corbyn, issu de l’aile gauche du parti, en assumait la direction. Son tirage enregistre une hausse depuis plusieurs années et atteint en 2023 les 43 000 exemplaires, son plus haut niveau en trente-cinq ans. Sa version en ligne connaît le même succès, avec 4 millions de visiteurs uniques par mois. Lire la suite Nos services HORS-SÉRIE Comment les Russes vivent-ils aujourd’hui ? Quatre ans après le début de la guerre en Ukraine, c’est une plongée rare dans ce pays de plus en plus fermé que nous vous proposons dans notre nouveau hors série, en vente à partir du 18 mars. Politique, économie, société, culture : dans la Russie de Vladimir Poutine, la guerre laisse partout son empreinte. Un numéro presque entièrement réalisé à partir de sources russes, la plupart en exil, qui dresse un portrait réaliste de la société russe. Je découvre → Slow Autriche [Contenu partenaire] Salzbourg en été : une scène à ciel ouvert Je découvre l’article → Paris Globe Festival Tentez de remporter un pass valable pour 2 spectacles au choix parmi la sélection du festival Paris Globe du 27 mai au 4 juin. Je tente ma chance → Éditions Drakoo Tentez de remporter un exemplaire de « Les enfants du bois » de Andrea Casaran aux éditions Drakoo. Je reçois ma bande dessinée →
← Retour