● Courrier International
📅 23/04/2026 à 09:58
Où partir si les choses tournent mal ? La question que de plus en plus de gens se posent
Géopolitique
Photo josealbafotos / Pixabay / CC [Cet article a été publié pour la première fois sur notre site le 15 mars, et republié le 23 avril 2026.] L’hiver pour moi, c’est l’Allemagne. Si je passe une partie de l’été dans les Pouilles, je reviens en général au pays à la saison froide, pleine de sentiments contradictoires. Je suis toujours tout euphorique de revoir les amis, d’écumer la scène culturelle, d’être à un endroit que je comprends parfaitement, où je me fonds dans la masse et où je ne suis pas obligée de m’expliquer. À lire aussi : Vu d’Allemagne. “Il faut partir tant qu’il est encore temps” Dans le même temps, avec un regard à moitié extérieur, je vois les mauvaises choses plus clairement et vis la dégringolade plus drastiquement : la police des frontières de plus en plus martiale ; la paupérisation et la pénurie de logement dans les villes ; les prix monstrueux ; la prudence quand on discute avec des inconnus pour ne pas aborder de sujet qui divise. Chaque fois que je reviens, j’ai peur. Ces phénomènes existent sûrement ailleurs, mais ça fait plus mal quand c’est dans son pays. Cette fois pourtant, c’est différent. Les gens parlent plus concrètement d’émigrer. Le fait que je possède une petite maison de vacances avec un terrain en Italie éveillait déjà la curiosité avant. Il y avait déjà des réflexions : “Si l’AfD arrivait au pouvoir, je…” Avant. Mais devant la montée du fascisme, les guerres, l’effondrement climatique, les questions se font plus concrètes et sérieuses. À lire aussi : Destinations. Où s’expatrier quand l’extrême droite progresse partout ? Amis, collègues et inconnus me demandent comment je règle ceci ou cela à l’étranger. Ils me confient songer à quitter l’Allemagne. Ils s’interrogent : faut-il partir ou résister ? D’autres envisagent de s’acheter un bout de terrain au cas où il y aurait la guerre. Une de mes amis se demande si elle a l’air assez blanche pour échapper à l’expulsion. Fini de jouer. Et même si l’Italie n’est pas un point de chute qui échappe au fascisme, même si la Méditerranée n’est peut-être pas le choix le plus intelligent en cas d’effondrement climatique, je suis infiniment reconnaissante d’avoir un bout de terrain loin de tout, où il ne pleut pas des bombes, où on peut vivre en autonomie et où on ne dépend pas d’un propriétaire. Trop cool. À lire aussi : Témoignage. “J’ai 15 ans et je veux m’expatrier” En Italie, je rencontre des gens qui sont un peu plus loin dans le processus. Un Allemand à l’étranger attire obligatoirement les Allemands. Quand je leur demande pourquoi ils sont partis ou songent à le faire, ils me répondent souvent : “Ça va de mal en pis en Allemagne.” J’acquiesce, mais ce que les intéressés entendent par là varie fortement : les impôts, le politiquement correct, l’AfD, les étrangers, les prestations médicales – c’est comme s’ils vivaient dans une autre Allemagne. Puis ils se lâchent sur les Italiens avec un sourire entendu. Parce que tout va peut-être de mal en pis en Allemagne, mais c’est bien entendu mieux là-bas. Alina Schwermer Lire l’article original Expatriation Europe Sur le même sujet Extrême droite. Les expatriés inquiets d’un virage xénophobe après les élections japonaises Témoignage. “Est-il temps pour moi de quitter Lisbonne ?” Classement. Où s’expatrier pour survivre au changement climatique ? Discriminations. Pourquoi Madrid attire de plus en plus d’Italiens LGBTQI Source de l’article Die Tageszeitung (Berlin) Le journal Tageszeitung, ou TAZ, est né en 1978 à Berlin-Ouest en réaction au terrorisme d’extrême gauche de la Fraction armée rouge (RAF). Se démarquant de la presse traditionnelle, il s’est imposé comme le quotidien de gauche des féministes, des écologistes et des pacifistes.Le journal est partenaire du Monde diplomatique, dont il édite l’édition allemande. Lire la suite Nos services HORS-SÉRIE Comment les Russes vivent-ils aujourd’hui ? Quatre ans après le début de la guerre en Ukraine, c’est une plongée rare dans ce pays de plus en plus fermé que nous vous proposons dans notre nouveau hors série, en vente à partir du 18 mars. Politique, économie, société, culture : dans la Russie de Vladimir Poutine, la guerre laisse partout son empreinte. Un numéro presque entièrement réalisé à partir de sources russes, la plupart en exil, qui dresse un portrait réaliste de la société russe. Je découvre → Slow Autriche [Contenu partenaire] Salzbourg en été : une scène à ciel ouvert Je découvre l’article → Éditions Drakoo Tentez de remporter un exemplaire de « Les enfants du bois » de Andrea Casaran aux éditions Drakoo. Je reçois ma bande dessinée → Gymglish FLE Un mois de cours de français langue étrangère offert Je teste mes connaissances →
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