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Baisse du prix du diesel en France : le détroit d'Ormuz rouvre et le baril de pétrole dégringole

Géopolitique 👤 Nassim Chentouf
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Baisse du prix du diesel en France : le détroit d'Ormuz rouvre et le baril de pétrole dégringole Par Nassim Chentouf Publié le 22/04/26 à 22h00 Nos réseaux : Suivez-nous Commenter 2 © Shutterstock/BearFotos Tout commence le 27 février 2026 avec le début des frappes sur l'Iran. Le détroit d'Ormuz a été partiellement bloqué. Ce passage stratégique représente environ 20 % du transit mondial de pétrole brut. Le baril de Brent a dépassé les 110 $, contre environ 70 $ avant le conflit. La France est particulièrement exposée sur le gazole.Une baisse à la pompe, oui, mais très minimeL'Hexagone importe 51 % du gazole qu'il consomme, dont 29 % depuis le Proche-Orient. Entre le 23 février et le 1er avril 2026, un plein de 40 litres de gazole coûtait plus de 20 € de plus qu'avant la guerre dans 70 % des stations-service françaises, selon le ministère de l'Économie.Il faut dire que la réouverture partielle du détroit depuis le 7 avril 2026 a changé la donne sur les marchés. Abbas Araghchi, ministre des Affaires étrangères iranien, a déclaré que le détroit était "entièrement ouvert." Le baril de Brent a chuté d'environ 15 $ dans la journée. Le WTI perdait plus de 12 %. Il y a eu des conséquences sur le prix à la pompe.Sauf que voilà, les prix restent bien au-dessus de leurs niveaux d'avant-guerre. Le litre de gazole s'établit à 2,2441 € en moyenne selon les dernières données du ministère de la Transition écologique. En gros, c'est 7 centimes de moins que la semaine précédente. Mais fin février, le litre de diesel se négociait autour de 1,6497 €. L'écart dépasse encore 59 centimes. La baisse est là mais elle est loin d'effacer la flambée. À lire également : Michel-Edouard Leclerc dénonce "un milliard de surprofit" de TotalEnergies grâce à la crise du carburant Mais ce n'est pas tout puisque le recul touche aussi l'essence. Le SP95-E10 est le carburant le plus répandu en France. Il perd 1,2 centime pour atteindre 1,9777 € le litre. Le SP95 passe de 2,0361 à 2,0226 €. Le SP98 recule de 2,0710 à 2,0585 €.Ces baisses restent timides sur l'essence. La raison est simple. La France dépend moins du Moyen-Orient pour ses approvisionnements en essence que pour le gazole. La baisse est donc plus lente et moins importante. Pour rappel, le gouvernement a refusé de mettre en place un bouclier tarifaire pour les particuliers. Le ministre des Finances a indiqué que l'État ne versera "pas une pluie de milliards que nous n'avons pas."Une accalmie de courte duréeLes taxes représentent 60 % du prix du litre. Elles n'ont pas bougé. Seuls les professionnels du transport et les pêcheurs bénéficient d'une aide exceptionnelle de 20 centimes par litre sur une enveloppe de 50 millions d'euros. Sébastien Lecornu, Premier ministre, a annoncé un dispositif d'accompagnement pour environ trois millions de "grands rouleurs." Les détails restent à préciser.Résultat, la baisse en cours reste fragile. Philippe Chalmin, spécialiste des matières premières, prévient que les prix "ne reviendront pas à la situation antérieure." Il estime que 80 $ le baril sera un plancher. Avant le conflit, le baril était à environ 60 $. À lire également : Hausse des prix de l’essence : les ventes de voitures électriques ont augmenté de 51 %, c’est le déclic en Europe Les marchés restent très sensibles à la situation car le cessez-le-feu reste provisoire. L'Iran a annoncé son intention d'imposer un droit de passage dans le détroit d'Ormuz. Bref, l'accalmie à la pompe est présente mais ne tiendra que si la situation géopolitique le permet. Suivez toute l'actualité des Numériques sur Google Actualités et sur la chaîne WhatsApp des Numériques Envie de faire encore plus d'économies ? Découvrez nos codes promo sélectionnés pour vous.
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