● BFM Tech
📅 22/04/2026 à 20:10
Les data centers spatiaux sont "une évidence", dit Elon Musk, mais ils "pourraient ne pas atteindre une viabilité commerciale" et reposent surtout sur "des technologies non éprouvées", prévient SpaceX, avant son entrée en bourse
Géopolitique
SpaceX a averti les investisseurs intéressés par ses usines IA basées dans l'espace qu'elles risquaient de ne jamais être rentables financièrement et même viables techniquement. Mais cela n'empêche pas Elon Musk de pousser à leur adoption.Présentés par leurs zélateurs comme l'avenir des usines à IA, les centres de données spatiaux font de plus en plus régulièrement le buzz. Ils ont pour eux un accès à une énergie virtuellement infinie et gratuite, le soleil, à un refroidissement naturel, le vide spatial et n'occupent pas de place au sol... Mais ils ne sont pas sans défaut. Au point que même SpaceX, qui défend cette solution, a averti ses investisseurs que ce domaine pourrait ne pas devenir "commercialement viable" et surtout qu'il repose sur "des technologies qui n'ont pas été éprouvées", révèle Reuters, qui a pu consulter un document de l'entreprise.SpaceX met en avant des risques réels et financiers alors qu'il prépare son introduction en bourse d'ici la fin du printemps 2026, et cette reconnaissance n'est pas anecdotique. En écrivant ces quelques mots, l'entreprise déclare implicitement que les risques sont bien plus importants que ce que veut bien prétendre Elon Musk, son fondateur milliardaire.L'espace et son environnement hostileMais les centres de données IA ne sont pas les seuls concernés par une rentabilité incertaine. Les futures bases que souhaite installer la Nasa sur la Lune, puis sur Mars entrent dans cette catégorie."Nos initiatives pour développer le calcul IA en orbite, ainsi que l'industrialisation en orbite lunaire et interplanétaire, en sont à des stades précoces, impliquant une complexité technique significative et des technologies non éprouvées qui pourraient ne pas atteindre une viabilité commerciale," est-il écrit.En cause "un environnement hostile et imprévisible". L'espace et les risques qui s'y trouvent restent les principales causes pouvant créer des dysfonctionnements ou des défaillances, ce qui peut réduire considérablement les espoirs d'installer des centres de données géants dans le vide stellaire.Un discours à rebours de celui porté par Elon Musk. En janvier 2026, lors du Forum économique mondial, il avait décrit ces centres de données IA dans l'espace comme une "évidence", avant de lancer une fusion entre SpaceX et xAI, sa start-up dédiée à l'intelligence artificielle et qui gère le développement de Grok: "C'est la seule voie d'expansion," avait-il même ajouté.La bourse encore loin d'être convaincueSur Terre, les différentes entreprises du secteur font face à d'autres défis tout aussi complexes. D'abord, il faut (beaucoup) de place pour installer des centres, et également beaucoup d'énergie.Les risques inhérents à l'espace ne sont pas les seuls qui doivent préoccuper les investisseurs: les retards sont aussi mis en avant dans le document. Par ailleurs, la forte dépendance à Starship, sa fusée entièrement réutilisable, est aussi pointée du doigt: "Tout échec ou retard dans le développement à grande échelle de Starship ou dans le rythme de lancement et de la réutilisabilité pourrait retarder ou limiter notre stratégie de croissance."Le document rendu public par Reuters met donc en avant un business loin d'être complètement maîtrisé à quelques semaines d'une introduction en bourse. Bret Johnsen, le directeur financier de SpaceX, cherche à convaincre Wall Street depuis plusieurs semaines que sa société pourrait valoir jusqu'à 1.750 milliards de dollars (soit environ 1.490 milliards d'euros). Les investisseurs aiment les rêves géants, mais ils sont généralement un peu moins des incertitudes de la réalité...Les plus lusGuerre au Moyen-Orient: un porte-conteneur visé par des tirs iraniens au large d'Oman malgré la prolongation du cessez-le-feuUn compte dans le rouge de 559 euros pour Lecornu, un patrimoine modeste pour Darmanin mais 8,5 millions d'euros pour le ministre le plus aisé: ce qu'il faut retenir des patrimoines des membres du gouvernement"Bête sauvage", "idiote certifiée": un présentateur insulte Giorgia Meloni à la télévision russe, Rome convoque l’ambassadeurNBA: inquiétude pour Wembanyama, sorti sur protocole commotion lors de la défaite des SpursSon pire mois de mars depuis 2009: les Français se détournent encore du Livret A, dont le taux est passé de 3% début 2025 à 1,5% début 2026
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