● Courrier International
📅 22/04/2026 à 17:29
En Russie, la persécution de la maison d’édition Eksmo reprend de plus belle
Géopolitique
L’édition du 22 avril 2026 du quotidien russe “Kommersant”. “La direction de la maison d’édition Eksmo est soupçonnée d’extrémisme”, annonce le quotidien Kommersant à la une de son édition du 22 avril. La veille, les médias russes avaient donné un large écho aux perquisitions menées chez différents responsables de ce groupe fondé en 1991, principal éditeur du pays. Parmi eux, Evguéni Kapiev, son directeur général depuis 2018, “mis en cause dans une affaire d’extrémisme”, et dont le visage apparaît en couverture du journal. Kommersant expose la version des enquêteurs, selon lesquels les professionnels interpellés “vendaient des livres ‘faisant la promotion des activités’ du mouvement LGBT, reconnu comme extrémiste et interdit en Russie, à un ‘groupe de personnes non spécifié’, y compris à des mineurs”. À lire aussi : Justice. La Cour suprême de Russie interdit le “mouvement international LGBT” Selon une source proche du dossier citée par le journal, “les accusés devraient être interrogés dans le cadre d’une affaire pénale ouverte en mai 2025”. Cette affaire dite “des éditeurs”, au cours de laquelle une dizaine d’employés avait été arrêtée, avait provoqué un fort retentissement médiatique en Russie. Elle concernait alors principalement la maison d’édition Popcorn Books, propriété d’Eksmo : cette dernière, spécialisée dans la littérature young adult, a publié plusieurs livres abordant l’homosexualité, sujet que le pouvoir russe a rendu tabou cette dernière décennie. Vigilance accrue À travers son titre, “Une affaire en cravate de pionnier”, Kommersant fait référence à celui retient toute l’attention des organes judiciaires russes : L’été en cravate de pionnier, paru en 2021 et devenu un succès commercial, avant d’être retiré de la vente fin 2022 – les députés venaient de renforcer la loi pénalisant la “propagande LGBT”. Ce roman écrit par deux femmes, Elena Malisova et Katerina Silvanova, raconte l’histoire de deux jeunes hommes (l’un Ukrainien, l’autre Russe) dans un camp de pionniers – l’organisation de jeunesse soviétique –, dans l’URSS des années 1980 (la traduction française a été publiée l’année dernière aux éditions Pocket Jeunesse sous le titre Un été en foulard rouge). Ce livre, puis sa suite, ont fait l’objet en Russie d’une campagne de dénigrement, et les deux romancières ont été inscrites sur le registre des “agents de l’étranger”. La maison d’édition Popcorn Books a quant à elle annoncé sa fermeture en janvier dernier, rappelle Kommersant. À lire aussi : Idéologie. L’“affaire des éditeurs” : en Russie, l’autocensure s’installe dans le monde du livre “En fonction des résultats des interrogatoires, une décision sera rendue pour déterminer qui de la direction d’Eksmo conservera le statut de témoin et qui sera formellement inculpé d’un crime passible d’une peine pouvant aller jusqu’à dix ans d’emprisonnement”, indique une source interrogée par le journal. Kommersant rappelle qu’Eksmo avait auparavant adressé une lettre à ses distributeurs pour leur demander de faire disparaître une cinquantaine de références “suscitant un intérêt accru des siloviki”, les services de sécurité. Une du jour Littérature Livres Censure LGBTQI Nos lecteurs ont lu aussi Entre la Russie et les Émirats. une “amitié” qui se consolide Transport maritime. Ormuz n’est pas le seul goulet d’étranglement : l’explication en cartes Révélations. La Russie continue de fabriquer des armes chimiques en secret, révèle une enquête Décryptage. Du Golfe à la mer Caspienne, les routes commerciales de la Russie sous tension Source de l’article Kommersant (Moscou) Kommersant est l’un des premiers journaux russes indépendants, créé dès 1990 à la faveur de la perestroïka, un an avant la chute de l’URSS. Dans la Russie post-soviétique, il est un quotidien influent à dominante économique, considéré comme un titre de référence. De 1999 à 2006, il est la propriété de l’oligarque Boris Berezovsky, qui le vend à l’homme d’affaires géorgien Badri Patarkatsichvili. Le quotidien est repris quelques mois plus tard par l’oligarque Alicher Ousmanov qui, jusqu’à aujourd’hui, en est le propriétaire. Depuis 2022, Ousmanov est visé par des sanctions occidentales. Quotidien généraliste, Kommersant accorde toujours une place privilégiée à la couverture de l’actualité économique. En raison de sa perte d’indépendance éditoriale, le journal a vu sa réputation faiblir, mais il demeure un titre informé, connecté au milieu des affaires et au monde politique. Lire la suite Nos services HORS-SÉRIE Comment les Russes vivent-ils aujourd’hui ? Quatre ans après le début de la guerre en Ukraine, c’est une plongée rare dans ce pays de plus en plus fermé que nous vous proposons dans notre nouveau hors série, en vente à partir du 18 mars. Politique, économie, société, culture : dans la Russie de Vladimir Poutine, la guerre laisse partout son empreinte. Un numéro presque entièrement réalisé à partir de sources russes, la plupart en exil, qui dresse un portrait réaliste de la société russe. Je découvre → Slow Autriche [Contenu partenaire] Salzbourg en été : une scène à ciel ouvert Je découvre l’article → Paris Globe Festival Tentez de remporter un pass valable pour 2 spectacles au choix parmi la sélection du festival Paris Globe du 27 mai au 4 juin. Je tente ma chance → Éditions Drakoo Tentez de remporter un exemplaire de « Les enfants du bois » de Andrea Casaran aux éditions Drakoo. Je reçois ma bande dessinée →
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