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📅 22/04/2026 à 12:29
Comment l’industrie de l’IA tente de masquer son empreinte carbone avec l’aide de l’Europe
Cybersécurité
👤 Corentin Bechade
Comment l’industrie de l’IA tente de masquer son empreinte carbone avec l’aide de l’Europe Par Corentin Bechade (@corentinbechade) Publié le 22/04/26 à 12h29 Nos réseaux : Suivez-nous Commenter 3 © Département de la Seine–Saint-Denis - Le Paris Digital Park, immense centre de données situé en Seine–Saint-Denis L’industrie de l’IA ne s’est jamais vraiment démarquée par son amour de la transparence. À quelques exceptions près, les grands noms du secteur maintiennent sciemment une certaine opacité autour de l’empreinte carbone de leurs activités. Et cela ne risque pas de s’améliorer, puisque l’Union européenne vient de leur laisser le champ libre pour continuer à entretenir ce flou.Comme l’a révélé Le Monde, en association avec le collectif de journaliste Investigate Europe, les lobbys de la tech sont parvenus à faire adopter des dispositions les excluant des règles de transparence habituellement imposées sur le Vieux Continent.Du flou et un loupSi Bruxelles avait tenté en 2023 d’encadrer le secteur avec une directive sur l’efficacité énergétique, cette dernière a été largement dévoyée par les efforts de lobbying de Microsoft, Amazon, Google et Meta. Alors que le texte original prévoyait l’obligation pour les centres de données dont le raccordement dépasse 500 kilowatts de transmettre des données sur l’efficacité énergétique, l’usage de l’eau ou les "performances techniques", il n’en sera rien.Des amendements directement proposés par le groupe de lobbying Digital Europe ont été repris quasiment mot pour mot par la Commission. Ces derniers dispensent les opérateurs de dévoiler leur impact carbone détaillé en invoquant le secret des affaires. Point de chiffres précis par entreprise comme cela était convenu originellement, le continent devra se contenter d’un total à l’échelle nationale. À lire également : L’impact environnemental des IA est similaire à celui d’un pays comme le Danemark Pire encore, la Commission européenne a activement conseillé aux États membres de combattre les demandes d’accès à ces informations de la part de média ou du public, et ce, malgré des doutes sur la conformité de cette disposition face aux lois de transparence européennes. "Il est vraiment important de rappeler ce point, car la Commission a déjà reçu diverses demandes d’accès à des documents […] Toutes ont été rejetées », note la direction générale de l’énergie dans un courrier confidentiel dévoilé par Investigate Europe.Une course à la donnée nociveEn accord avec son objectif de rester dans la course à l’IA, la Commission européenne tente, plus généralement, d’assouplir les critères régissant l’installation des centres de données sur le territoire en accélérant les études d’impact en en raccourcissant les durées de consultation publique. La France est d’ailleurs pionnière sur ces questions avec la loi de simplification récemment votée par le parlement, qui permet désormais au centre de données d’être qualifié de "projet d’intérêt national majeur" et donc de bénéficier de certains passe-droits. Une course à la donnée qui a déjà été épinglée comme étant "incompatible avec l’accord de Paris".La carte collaborative des centres de données en France, établi par le projet DCWatch© Hubblo / DCWatch - licence ODbLEn parallèle,un projet comme DCWatch tente tout de même d’imposer plus de transparence dans le secteur en centralisant toutes les données disponibles sur les centres de données au sein d’une carte interactive. Cette dernière permet de voir entre autres la très inégale répartition des centres de données sur le territoire avec des grappes particulièrement denses autour de Marseille ou Paris. Quitte à créer des potentiels futurs conflits d’usage. Suivez toute l'actualité des Numériques sur Google Actualités et sur la chaîne WhatsApp des Numériques Envie de faire encore plus d'économies ? Découvrez nos codes promo sélectionnés pour vous.
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