● BFM Tech
📅 22/04/2026 à 11:20
"Les prochaines années seront décisives": entre coordination et adaptation en temps réel, comment des "essaims IA" pourraient saper notre démocratie sans que l'on s'en rende compte
Géopolitique
Des chercheurs alertent dans une étude sur une menace en approche, baptisée "essaims IA". Après les bots sur les réseaux sociaux, ces essaims regrouperaient de faux profils alimentés par l'IA et qui pourraient influencer l'opinion publique.La prochaine menace après les bots sur les réseaux sociaux? Alors que certains misent sur ces logiciels pour répandre de fausses informations sur les plateformes, des chercheurs s'inquiètent d'un danger encore plus grand: les "essaims IA". Il s'agit de faux profils alimentés par l'intellligence artificielle, qui sont capables de se coordonner et de s'adapter en temps réel. Objectif: infiltrer des groupes et influencer l'opinion publique, alertent-ils dans une étude, publiée dans la revue Science."Le danger ne réside plus seulement dans les fausses informations, mais dans l'effondrement du fondement même du discours démocratique - les voix indépendantes - lorsqu'un seul acteur peut contrôler des milliers de profils uniques générés par l'IA", a mis en garde un des auteurs, Jonas R. Kunst, dans un communiqué.Avec les progrès dans le domaine de l'intelligence artificielle, notamment concernant les grands modèles de langage, une seule et même personne pourrait en effet déployer des milliers de comptes générés par IA, mais semblant authentiques.Coordination et adaptationCapables d'imiter les humains, ces faux comptes pourraient infiltrer des communautés en ligne, influencer les conversations ou pire encore des élections. "Contrairement aux botnets traditionnels, ces agents se coordonnent en temps réel, s'adaptent aux réactions et maintiennent des discours cohérents sur des milliers de compte", souligne un communiqué de l'université de la Colombie-Britannique.Ces essaims IA seraient en effet en mesure de mener des millions de micro-tests afin d'identifier les messages les plus convaincants et ainsi créer un consensus artificiel conçu pour manipuler le débat démocratique. En plus d'échapper à la détection en imitant les humains, ils pourraient également identifier des groupes vulnérables en cartographiant les réseaux sociaux, pour ensuite se fondre dans la masse en adoptant leur jargon.Autre problème avec ces essaims IA: contrairement à une campagne de propagande ponctuelle, ils sont actifs en permanence. Ils pourraient ainsi infiltrer des communautés pendant des années, changeant lentement et subtilement le langage et même l'identité d'un groupe, a alerté Jonas R. Kunst.De premiers signes d'alertePour le moment, le déploiement de ces essaims IA à grande échelle reste théorique, ont fait savoir les chercheurs. Mais ce n'est pas pour autant qu'il ne faut pas s'en inquiéter dès maintenant, car de premiers signes d'alerte ont émergé. Parmi eux figurent les deepfakes et les faux médias, qui ont influencé des débats électoraux aux États-Unis, à Taïwan ou encore en Inde, a prévenu Kevin Leyton-Brown, autre auteur de l'étude. Les prochaines élections sont susceptibles de servir de terrain d'expérimentation à ces faux comptes, estiment les chercheurs."Les prochaines années seront décisives pour déterminer si nous parviendrons à lutter contre la prochaine génération d'opérations d'influence basées sur l'IA, conçues pour nuire aux sociétés et aux démocraties et les influencer", a averti Daniel Thilo Schroeder, autre auteur.Les chercheurs recommandent plusieurs mesures pour se protéger de cette manipulation, à commencer par la réalisation de simulations de ces attaques. Cela permettra de comprendre et de prédire le fonctionnement et l'adaptation des essaims d'IA, pour ensuite rendre leur utilisation aussi difficile que possible. Comme l'a déclaré Daniel Thilo Schroder, "le but est de rendre la manipulation si coûteuse et faible que les campagnes de désinformation coordonnées s'effondrent rapidement et ne soient plus rentables".Les plus lusGuerre au Moyen-Orient: un porte-conteneur visé par des tirs iraniens au large d'Oman malgré la prolongation du cessez-le-feuUn compte dans le rouge de 559 euros pour Lecornu, un patrimoine modeste pour Darmanin mais 8,5 millions d'euros pour le ministre le plus aisé: ce qu'il faut retenir des patrimoines des membres du gouvernement"Bête sauvage", "idiote certifiée": un présentateur insulte Giorgia Meloni à la télévision russe, Rome convoque l’ambassadeurNBA: inquiétude pour Wembanyama, sorti sur protocole commotion lors de la défaite des SpursSon pire mois de mars depuis 2009: les Français se détournent encore du Livret A, dont le taux est passé de 3% début 2025 à 1,5% début 2026
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