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📅 22/04/2026 à 11:00
IA, garantie trois ans et "transparence absolue" : comment Recommerce veut vous convaincre de ne plus acheter de neuf
Data Science
👤 Corentin Bechade
IA, garantie trois ans et "transparence absolue" : comment Recommerce veut vous convaincre de ne plus acheter de neuf Par Corentin Bechade (@corentinbechade) Publié le 22/04/26 à 11h00 Nos réseaux : Suivez-nous Commenter 7 © Recommerce - Un piédestal Recommerce en boutique Après une période d’intense émulation et de restructuration en tout genre, le marché de la seconde vie patine un petit peu ces dernières années.Une personne sur cinq environ dispose d’un téléphone de seconde main, que ce soit du reconditionné ou de l’occasion. Un chiffre admirable, mais qui n’évolue plus beaucoup depuis quelques mois. Le secteur se heurte à une espèce de plafond de verre face au marché du neuf qui concentre encore le gros des intentions d’achats.Pour Augustin Becquet, PDG de Recommerce, c’est un problème de confiance du grand public qui ne pourra être réglé qu’en intervenant à la fois du côté législatif et commercial du secteur. Publicité, votre contenu continue ci-dessous Publicité 3 ans de garantie pour plus de sérénitéCôté commercial, la marque a mis les petits plats dans les grands dernièrement. Depuis quelques semaines, le revendeur promet une garantie de trois ans automatique et gratuite sur tous les produits vendus sur son site. Une durée "plus longue que sur le neuf" pour "redonner confiance aux clients et aux consommateurs", explique le responsable. "L’idée, pour nous, c’est d’être dans une démarche de transparence pour tirer le marché vers le haut".Malheureusement, cette garantie n’est pas aussi protectrice que sur le neuf. Les produits d’occasions sont régis par une garantie légale de conformité aux conditions un peu spécifiques qui exige que le client ou la cliente prouve qu’un défaut était présent au moment de l’achat si un dysfonctionnement intervient après les 12 premiers mois. La troisième année offerte par Recommerce reste dans cette même logique pour des questions de simplicité vis-à-vis de la loi. Cela dit, Recommerce explique ne pas être "dans une logique destiné à embêter le client" et promet que les prises en charge se feront sans trop de négociations avec les clients de bonne foi. Publicité, votre contenu continue ci-dessous Publicité Les fondateurs de Recommerce avec Augustin Becquet à droite© RecommerceSi le revendeur fait mieux que certains sites concurrents qui offrent 12, 24 ou 30 mois de garantie, il ne prend pas beaucoup de risques pour autant. De l’aveu même d’Augustin Becquet "la plupart des problèmes interviennent dès les premiers mois après l’obtention d’un produit". Pas sûr qu’en étendant la période de garantie de deux à trois ans, le volume de retour en S.A.V explose. La firme a pu l’observer au Portugal, où la garantie est de trois ans pour tous les produits et où les volumes de retour ne sont pas beaucoup plus importants sur cette période.L'arrivée du passeport numérique de produitAutre mesure prise pour rassurer la clientèle, tous les produits seront désormais accompagnés d’un QR Code qui donnera accès à tout l’historique du produit. "On explique quels ont été les points qui ont été vérifiés en atelier et tous les tests réalisés sur le produit toujours pour montrer aux clients qu’ils achètent chez un acteur sérieux", pointe le PDG de l’entreprise. "On avait déjà toutes ces données, autant offrir de la visibilité à nos clients".Là encore, l’inspiration vient d’ailleurs. De Bruxelles plus exactement. La Commission européenne va bientôt imposer un "passeport numérique de produit" pour tous les gadgets vendus sur le Vieux Continent. Ce dernier offrira exactement les mêmes informations que le QR Code mis à disposition par Recommerce. D’autres enseignes, comme Fnac Darty, ont aussi pris un peu d’avance sur la législation afin de présenter cette nouveauté comme une innovation en termes de transparence, de fiabilité et de suivi. Publicité, votre contenu continue ci-dessous Publicité L'IA pour aider le reconditionné ?Et enfin, que serait une annonce en 2026 sans sa dose d’IA ? Là aussi, Recommerce veut utiliser la technologie pour simplifier le recours au reconditionné et offrir des meilleures garanties aux clients. Le logiciel Recommerce Copilot peut ainsi estimer le prix de reprise d’un téléphone sur la base de quelques photos et de quelques diagnostics automatique. À terme, des applications intégrées à ChatGPT devraient aussi voir le jour pour faciliter la revente d’un vieux téléphone ou l’achat d’un mobile reconditionné."On a plus de 7000 références. Pour un client, ça peut être complexe de choisir. S’il y a bien un endroit où les LLM peuvent aider, c’est dans notre secteur pour simplifier la vie des clients", s’enthousiasme Augustin Becquet. Aucune des fonctionnalités offertes par le chatbot ne sera exactement révolutionnaire, puisqu’il s’agira surtout de filtrer par produit, par grade esthétique ou par capacité de stockage, des choses qu’il est possible de faire sur le site sans l’aide d’une IA. "Il faut être là où les clients sont. Aujourd’hui, on est de moins en moins dans une logique d’aller chercher et de plus en plus dans une logique d’obtenir un résultat" justifie le responsable. Il faut être là où les clients sont. Aujourd’hui, on est de moins en moins dans une logique d’aller chercher et de plus en plus dans une logique d’obtenir un résultatPour la reprise d’anciens appareils, par contre, l’IA pourrait changer des choses. "C’est un outil qui permet d’avoir un diagnostic cosmétique beaucoup plus précis", nous explique-t-on. Diagnostic qui pourrait être utilisé pour sécuriser la valeur de reprise de manière certaine et ainsi offrir une potentielle remise immédiate à l’achat d’un nouveau téléphone. De quoi rendre la reprise et l'achat de mobiles reconditionnés beaucoup plus incitative "On pourrait même revendre les téléphones en fournissant les photos faites lors du processus de reprise pour s’inscrire encore une fois dans cette logique de transparence absolue", détaille Augustin Becquet. Publicité, votre contenu continue ci-dessous Publicité Des problèmes persistantsSi le PDG de Recommerce est tant obsédé par la transparence, c’est que, selon lui, il s’agit de la seule manière de justement faire passer le marché du reconditionné au niveau supérieur. Obsédé par le concept de "réassurance client" depuis des années, le marché du reconditionné n’est toujours pas parvenu à se défaire de certains des stigmates négatifs qui lui sont souvent associés (arnaque, produit de mauvaise qualité, etc.) Un problème causé par une poignée d’acteurs qui prennent malgré tout beaucoup de place."On voudrait que le gouvernement et l’UE contrôlent beaucoup plus ce qui se passe sur les places de marché. Comme 70 % des ventes viennent de là, c’est l’endroit le plus facile pour frauder", regrette Augustin Becquet. Oubli de la TVA, de la taxe copie privée, vente de produits sans certification européenne… La liste des reproches est aussi longue que le secteur est vieux. Récemment, une enquête de la DGCCRF mettait en évidence les pratiques peu glorieuses qui avaient encore cours dans le secteur. À lire également : “J’y croyais au fait d’arrêter d’acheter du neuf pour se tourner vers l’occasion” : la seconde main est-elle la solution à la crise de la RAM ? "Le petit acteur basé à Malte ou à Chypre et qui vend sur une marketplace aura beaucoup moins de chance de se faire taper sur les doigts que les commerces qui ont pignon sur rue", continue le patron de Recommerce. Ne souhaitant pas citer une enseigne en particulier, il observe tout de même un certain effet d’entraînement de ces grandes plateformes quand il s’agit de glisser dans la zone grise de la légalité. À propos de la recrudescence des vendeurs internationaux pas toujours très regardants sur les lois françaises, Augustin Becquet note que "dès qu’il y en a un qui bouge en rouvrant les vannes, les autres sont obligés de suivre. Ils essaient de faire du volume sans se poser trop la question de comment."La solution pour Recommerce ? Une charte adoptée par les places de marché et une législation qui rendrait solidaires les plateformes avec les obligations législatives de leurs vendeurs. En cas d’abus, il ne serait alors plus possible de prétendre être un simple entremetteur entre un professionnel et un client. "En attendant, nous, on continue à faire le boulot et à faire en sorte que le processus soit le plus transparent et que les clients soient mieux informés" conclut Augustin Becquet. Publicité, votre contenu continue ci-dessous Publicité
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