● Presse-Citron 📅 22/04/2026 à 08:46

« Dans le top 10 d’ici 3 ans » : la nouvelle marque automobile Changan dévoile ses ambitions mondiales

Géopolitique 👤 Camille Coirault
🏷️ Tags : chine cert rte
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© Hangzhou car freak / Wikipédia 0 Il y a encore dix ans, affirmer que la Chine allait rouler sur le marché de l’automobile mondiale dans une conversation de passionnés, c’était le meilleur moyen de passer pour le fou du village. Au fond, les arguments qu’on pouvait opposer à cette assertion étaient parfaitement recevables : les voitures chinoises de l’époque étaient plutôt laides, d’une qualité médiocre et les constructeurs excellaient dans l’art du copier-coller. BYD ? Une blague. SAIC ? Inconnu au bataillon. Nio, Xpeng, Geely, Li Auto ? Autant de noms imprononçables pour des voitures que personne n’achèterait jamais en dehors des frontières chinoises. Mais le vent a tourné : BYD est aujourd’hui un poids lourd qui a vendu plus de 4,2 millions de voitures en 2025, faisant de lui l’un des seuls constructeurs à pouvoir rivaliser Tesla sur son propre segment. Geely dépasse désormais Volvo, Polestar et Lotus, trois marques historiques que l’entreprise a rachetées, au passage. De nos jours, c’est la Chine qui dicte le tempo du marché de l’automobile, électrique, hybride ou thermique, personne ne peut le nier. Une montée en puissance fulgurante, qui profite à de « nouveaux » acteurs (tout est relatif, nous y reviendrons plus bas), comme Changan. Un constructeur d’État basé à Chongqing qui vient d’annoncer vouloir intégrer le top 10 mondial des constructeurs d’ici 2030. Au vu du profil de l’entreprise, il y a de fortes chances qu’elle connaisse un destin tout aussi prodigieux que les autres titans de l’Empire du Milieu. Changan, c’est qui exactement ? Avant de ricaner, quelques chiffres pour vous mettre en appétit. En 2025, Changan a vendu 2,9 millions de véhicules, en comptant les productions issues de Changan Ford et Changan Mazda, les deux joint-ventures via lesquelles le groupe assemble des modèles étrangers sur le marché chinois depuis les années 2000. Si vous croyez qu’elle n’est qu’une start-up aux dents longues, détrompez-vous. Changan est déjà une structure industrielle mature, qui carbure depuis les années… 1860. Ford n’était même pas encore née que Changan fabriquait déjà du matériel militaire à Shanghai pour l’empire Qing. Elle s’est reconvertie bien plus tard dans l’automobile, en 1980, en lançant son tout premier modèle : le Chang’an CJ210, un pick-up rudimentaire né d’un transfert de technologie avec Suzuki. Le groupe traîne donc 160 ans d’histoire industrielle derrière lui ; il connaît parfaitement la production de masse et ses usines sont parmi les plus automatisées du monde. En juillet 2025, China Changan Auto Group a été formellement restructuré en entreprise d’État centralisée, regroupant (tenez-vous bien !) 117 filiales, 308,7 milliards de yuans d’actifs et environ 110 000 salariés. « Notre mission est claire : bâtir un groupe automobile de classe mondiale, doté de ses propres technologies de pointe et d’une compétitivité à l’échelle globale », avait déclaré le président du Conseil d’administration de China Changan, Zhu Huarong, auprès de China Daily. Sous son portefeuille, il y a déjà quatre constructeurs : Changan, le socle historique ; Deepal, son fer de lance électrique premium ; Nevo, sa marque urbaine accessible ; et Avatr, son segment haut de gamme co-développé avec Huawei et CATL. Soit les deux acteurs de la tech et des batteries les plus stratégiques en Chine. Le triangle des Bermudes de la concurrence, qui risque de faire pâlir quelques uns de nos constructeurs européens, souffrant déjà du raz-de-marée chinois. Un des SUV de la marque, le Changan Uni K, qui offre les prestations digne d’un SUV européen à 70 000 euros pour la moitié de son prix. © Jengtingchen / Wikipédia L’empire contre-attaque : Changan s’invite à la table des rois D’ici 2030, le groupe veut vendre entre 4 et 5 millions de véhicules par an dans le monde, avec 60 % de modèles électriques ou hybrides rechargeables dans le lot, et une présence à l’export qui devrait tripler par rapport à 2025. Soit entre 1,4 et 1,8 million d’unités écoulées hors de Chine, contre 638 000 aujourd’hui. Sur la base des chiffres de l’industrie 2025, 5 millions de véhicules vendus placerait ainsi Changan au cinquième rang mondial des constructeurs automobile mondiaux. Leur puissance de feu est telle qu’ils pourraient même se permettre d’échouer sur trois marques et d’en réussir trois autres, là où une seule erreur de lancement peut aujourd’hui couler un constructeur européen moyen. L’une de ses armes fatales : ses véhicules électriques conçus pour la production de masse sont équipés de batteries au sodium-ion et non au lithium-ion. Le pire cauchemar des marques occidentales, car elles sont beaucoup moins chères à produire, et il n’y a besoin d’aucuns métaux rares pour les fabriquer. Elles craignent moins le froid, se chargent beaucoup plus rapidement, même si leur gros point faible est leur densité énergétique, qui les limite à des courts trajets. Mais devinez quoi ? Changan s’en fiche royalement, puisque l’écrasante majorité des trajets mondiaux ne dépasse pas les 50 km. Ce que l’entreprise veut, c’est vendre des millions de véhicules à un prix défiant toute concurrence ; les berlines qui tapent les 800 km d’autonomie ne sont pas leur priorité. Seule leur marque Avatr, qui utilise la technologie lithium ion, servira de vitrine technologique clinquante pour humilier la concurrence sur le terrain de la recharge, avec des plateformes 800V capables de récupérer jusqu’à 600 km d’autonomie en 10 minutes chrono. Dans les années 1980, quand Toyota et Honda ont commencé à vendre sérieusement en Europe, les constructeurs du Vieux Continent ont mis trop longtemps à réaliser qu’ils allaient affronter l’une des pires crises existentielles et industrielles de leur histoire. Alors oui, Volkswagen, Renault, Peugeot, BMW, Mercedes et consorts ont réussi à s’adapter, mais au prix de douloureuses restructurations et de certaines parts de marchés durablement perdues. L’histoire s’est répétée avec la Chine et BYD dès 2022-2024, et elle risque de se répéter de nouveau avec Changan. La seule différence, c’est que l’Europe n’a plus que quatre ans pour réagir ; les tentatives de riposte (comme les fameux droits de douane) n’ont jusqu’ici pas suffi à arrêter ce tsunami, et rien ne dit que la suite sera différente. Changan, constructeur automobile chinois historique, vise à intégrer le top 10 mondial d’ici 2030 en vendant entre 4 et 5 millions de véhicules par an. Avec une production principalement axée sur des modèles électriques abordables, Changan exploite des batteries au sodium-ion pour réduire les coûts. L’essor rapide de Changan pourrait créer une nouvelle crise pour les marques européennes, déjà affaiblies par la montée de concurrents chinois comme BYD. 📍 Pour ne manquer aucune actualité de Presse-citron, suivez-nous sur Google Actualités et WhatsApp. Newsletter 🍋 Abonnez-vous, et recevez chaque matin un résumé de l’actu tech Votre email : Je m'inscris J'ai lu et accepte les termes et les conditions Laissez ce champ vide si vous êtes humain : automobileChineVoiture électrique [ Source ] Sur le même sujet Carburant hors de prix : les ventes européennes de voitures électriques s’envolent de 51 % Comment Mercedes va rompre une tradition de 50 ans avec la nouvelle Classe C Running : un robot humanoïde brise le record du monde sur semi-marathon Nous avons testé l’Xpeng P7+ : en plus de se recharger trop vite, cette berline ultraconfortable s’affiche à moins de 46 000 € Les dernières actualités Carburant hors de prix : les ventes européennes de voitures électriques s’envolent de 51 % « Dans le top 10 d’ici 3 ans » : la nouvelle marque automobile Changan dévoile ses ambitions mondiales La Poste : est-ce bientôt la fin du courrier papier ? 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