● Courrier International
📅 22/04/2026 à 05:55
Donald Trump prolonge le cessez-le-feu avec l’Iran et donne “une autre chance” à la diplomatie.
Géopolitique
Donald Trump à la Maison Blanche le 21 avril 2026 (Brendan SMIALOWSKI / AFP) BRENDAN SMIALOWSKI / AFP Donald Trump a finalement prolongé le cessez-le-feu avec l’Iran. Il avait pourtant menacé d’attaquer ses infrastructures énergétiques en l’absence d’un accord de paix. “Le dernier exemple en date de TACO Tuesday”, s’amuse The Independent en reprenant “l’acronyme moqueur” des critiques du président américain. TACO, pour “Trump Always Chickens Out” (Trump se dégonfle toujours), une référence à l’habitude du dirigeant à revenir sur ses menaces au dernier moment. Tuesday, parce qu’il a pris sa décision un mardi, jour où les restaurants mexicains aux États-Unis offrent un prix réduit sur leurs tacos. “Toute la journée de mardi, les informations contradictoires se sont multipliées sur les négociations entre l’Iran et les États-Unis. Les délégations iraniennes et américaines étaient arrivées dans la capitale pakistanaise, puis n’y étaient pas… Elles auraient dû y être lundi soir, puis y seraient mardi ou peut-être mercredi matin. L’incompréhension était à la hauteur de la méfiance et de la fragilité du cessez-le-feu”, raconte Le Soir. À lire aussi : Revue de presse. Les contradictions qui risquent de faire sauter le cessez-le-feu avec l’Iran “Aujourd’hui, plus personne ne se risque à des prédictions dans le monde de chaos qu’est celui de Donald Trump”, poursuit le quotidien belge. On a d’abord appris que le voyage de JD Vance à Islamabad, ville où devaient se tenir les négociations, était annulé avant que M. Trump n’annonce sur son réseau Truth Social que la trêve était prolongée. Elle le sera “jusqu’à ce que l’Iran présente une proposition et que les discussions soient conclues, d’une manière ou d’une autre”, a justifié le président américain qui dit avoir répondu à la demande du Pakistan, pays médiateur, pour laisser du temps à Téhéran. Un temps nécessaire parce que, selon M. Trump, “le gouvernement iranien est sérieusement fracturé”. Le New York Post souligne en effet des dissensions entre les gardiens de la Révolution, inflexibles, et “des leaders plus modérés, comme le président Masoud Pezeshkian”. Le président maintient en revanche le blocus de sa marine sur les ports iraniens. À lire aussi : Analyse. Détroit d’Ormuz : le contre-blocus américain fera-t-il plier Téhéran ? « Revirement abrupt » El Mundo a ironisé sur une autre tendance du locataire de la Maison Blanche, “les deux semaines”. Explications : “quand Donald Trump a un problème avec le reste du monde, qu’il soit économique, diplomatique ou militaire, sa réponse immédiate est quasiment toujours la même : les droits de douane. Quand Donald Trump a un problème et que les droits de douane ou la promesse de les appliquer ne suffisent ou ne marchent pas, il a recours à son second mécanisme préféré : les deux semaines”. C’est en général la période qu’il donne quand la presse lui demande dans quel laps de temps il compte prendre une décision sur tel ou tel sujet. En l’occurrence, observe Al-Jazeera, il n’a cette fois pas fixé de “date limite”. Cette prolongation “marque le dernier revirement abrupt de la Maison Blanche” puisque quelques heures plus tôt, M. Trump disait s’opposer à l’idée de repousser l’échéance. Le magnat de l’immobilier donne ainsi “une autre chance à la diplomatie de mener à un accord”, estime Axios tout en indiquant que “si la décision signale qu’il n’est pas prêt à reprendre la guerre, elle risque d’affaiblir ses moyens de pression, à la fois le compte à rebours d’une date butoir et la crédibilité de ses menaces militaires”. Même analyse du côté de CNN pour qui “le président donne toujours la priorité à une solution diplomatique” mais sans ultimatum, “Téhéran peut faire durer les négociations, ce sur quoi ses conseillers l’ont alerté lors de conversations privées”. À lire aussi : États-Unis. Donald Trump est-il définitivement fou ? L’Iran pas convaincu Les premières réactions iraniennes n’ont pas été très positives. “La prolongation de ce cessez-le-feu ne veut rien dire. Le perdant ne peut pas dicter ses termes”, a commenté sur Twitter Mehdi Mohammadi, le conseiller de Mohammad Bagher Ghalibaf, le leader du Parlement. “Un siège ne vaut pas mieux que des bombardements et doit donner lieu à une réponse militaire”, a-t-il prévenu. “Je n’ai jamais vu une négociation comme celle-là”, s’étonne un chroniqueur du Washington Post. “Les deux veulent un accord. Les deux continuent de se comporter comme s’ils n’en voulaient pas. Les deux camps sont sur une pente glissante au-dessus de l’abysse et ils ont l’air étrangement convaincu que c’est la route du succès plutôt que celle du désastre”, se lamente-t-il encore. À lire aussi : Moyen-Orient. Téhéran et Washington se menacent mutuellement à l’approche de la fin de la trêve Le Daily Telegraph a peut-être une explication côté américain. “Le président américain s’appuie de plus en plus sur des loyalistes qui lui dépeignent une version idyllique du conflit”, note le journal. Une source du Telegraph résume la situation ainsi : “personne dans l’administration n’a l’air de savoir ce qu’il se passe. Ce que sont les plans. Ce que sont nos objectifs. C’est juste un immense merdier”. Loïc Pialat Guerre en Iran Réveil Iran Donald Trump Amériques Sur le même sujet Intelligence artificielle. Mythos, l’IA qui fait peur même à son créateur Économie. La Chine se tourne “en urgence” vers l’Afrique du Nord pour garantir sa sécurité énergétique Moyen-Orient. Pendant ce temps, la bande de Gaza “reste plongée dans la tragédie” Vu des États-Unis. La NBA ne fait rien pour arranger les fans français de Victor Wembanyama Nos services HORS-SÉRIE Comment les Russes vivent-ils aujourd’hui ? Quatre ans après le début de la guerre en Ukraine, c’est une plongée rare dans ce pays de plus en plus fermé que nous vous proposons dans notre nouveau hors série, en vente à partir du 18 mars. 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