● Courrier International
📅 21/04/2026 à 17:04
Sofia Isella, nouvelle reine d’une pop féministe aux airs de “body horror”
Géopolitique
Sofia Isella à Los Angeles, le 24 mars 2026. La chanteuse américaine de 21 ans intrigue la critique avec ses morceaux dénonçant la violence du monde à l’égard des jeunes femmes. PHOTO CHANTAL ANDERSON/THE NEW YORK TIMES “J’ai toujours été très engagée politiquement”, confie Sofia Isella en se remémorant son enfance à Los Angeles dans un portrait publié par The New York Times. Et sa musique est à son image. Sorti vendredi 17 avril, son EP Something is a Shell confirme son statut d’ovni de la pop. Elle y explore la condition des femmes, avec une touche alternative, gothique et sombre. Aux antipodes des canons plus enjoués de la pop actuelle. À lire aussi : Musique. Mk.gee, le prodige de la guitare qui fascine les États-Unis La jeune femme a plusieurs cordes à son arc. Interprète-compositrice et productrice, elle baignait dans la musique depuis l’âge de 2 ans lorsqu’elle a commencé à apprendre le violon avec intensité. Rien d’étonnant donc à ce que l’artiste, fille du réalisateur Claudio Miranda, soit devenue, si jeune, une révélation de la scène musicale. Des sujets clivants Le New York Times fait des comparaisons très flatteuses, de Billie Eilish à Ethen Cain. “Mais Isella se distingue par une volonté qui lui est propre, celle d’aborder frontalement les sujets tabous ou clivants.” La chanteuse à l’attitude assez punk n’a peur ni de provoquer ni de dire sa colère. Au cœur de l’album, le morceau Numbers 31 : 17-18 dénonce l’hypocrisie religieuse, notamment à propos du viol. Il s’inspire d’une discussion particulièrement douloureuse que Sofia Isella a eue sur le sujet avec des amis catholiques. Avant même la sortie de cet EP, elle a été dès 2024 sous le feu des projecteurs lorsqu’elle a fait la première partie de Taylor Swift durant son Eras Tour. Ce qui peut paraître surprenant tant leurs univers paraissent à l’opposé du spectre de la pop. Mais la mégastar a été touchée par les paroles féministes de la jeune Californienne. Des paroles acerbes Selon Alternative Press, un magazine musical de Los Angeles, Sofia Isella “fait de la pop sans concession, en assénant des paroles acerbes telles que : ‘Everybody supports women / Until a woman’s doing better than you’ (‘Tout le monde soutient les femmes / Jusqu’à ce qu’une femme réussisse mieux que vous.’).” À lire aussi : Vu de l’étranger. Avec “Hit Me Hard and Soft”, Billie Eilish au firmament de la pop américaine Cette lucidité et cette acuité émaillent l’EP. Et suscitent également un grand intérêt dans la presse spécialisée britannique, toujours à l’affût des artistes émergents les plus novateurs. “Dans les décombres d’un paysage culturel ravagé qui produit avec le même enthousiasme des contenus pornographiques et ultraconservateurs, l’écriture de cet album fait l’effet d’une œuvre de body horror, où les mâchoires se déboîtent et la chair grille”, décrit le site spécialisé NME. Les titres de l’EP dénoncent sans détour la misogynie ou la pédophilie ambiantes. La pop de Sofia Isella expose dans sa réalité la plus gore ce que traversent les jeunes femmes, dans un monde où les scandales comme l’affaire Epstein se multiplient et où l’IA et les réseaux sociaux sont inondés de contenus masculinistes. Transformer la réalité Sa plume devient une arme. À propos de l’écriture, Sofia Isella explique à NME : les paroles “ne semblent pas venir de moi. Comme s’il y avait autre chose, une sorte de long filin.” Son objectif est bien précis : “Faire changer d’avis les gens.” Et aider les femmes à transformer leur colère. La musique et les échanges avec le public “me laissent espérer que les choses pourraient changer pour les femmes qui vivent dans la colère, et que la joie peut exister”, explique-t-elle au site britannique The Line of Best Fit. À lire aussi : Musique. Mitski, chanteuse du désespoir amoureux que “les psys détestent” La chanteuse use ainsi de son talent pour nous confronter sans détour au pire de notre monde. “Sa voix se caractérise par un son naturel et son univers sonore est captivant et hétéroclite, mais tout cela paraît accessoire. Ce qu’elle veut, c’est nous acculer pour nous forcer à écouter, en nous coinçant dans un film d’horreur sans issue pendant qu’elle nous met sous les yeux le monde sous son vrai jour”, analyse Far Out Magazine, une publication londonienne. Oumeïma Nechi Féminisme Amériques Sur le même sujet Récit. À l’Hotel Shanghai, légendaire club d’Essen, la fête est finie Opinion. Oui, je crois que Rosalía est le véritable messie que le monde attendait Musique. Angine de poitrine, le phénomène québécois trop étrange pour être de l’IA Vu du Québec. Le français de France est-il “le bon” ? À la Sorbonne, Kev Lambert “renverse” le préjugé Nos services HORS-SÉRIE Comment les Russes vivent-ils aujourd’hui ? Quatre ans après le début de la guerre en Ukraine, c’est une plongée rare dans ce pays de plus en plus fermé que nous vous proposons dans notre nouveau hors série, en vente à partir du 18 mars. Politique, économie, société, culture : dans la Russie de Vladimir Poutine, la guerre laisse partout son empreinte. Un numéro presque entièrement réalisé à partir de sources russes, la plupart en exil, qui dresse un portrait réaliste de la société russe. 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