● BFM Tech 📅 21/04/2026 à 17:04

"Une vraie gifle à notre promesse de protection": le site Coco fait son retour en ligne, sa version initiale a été impliquée dans des milliers d’affaires sordides, dont les viols de Gisèle Pelicot

Géopolitique
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Fermé il y a deux ans par la justice française, le site Coco.gg a fait son retour sur le web, mais sous un nouveau nom. Il ne cache toutefois pas son lien avec la précédente plateforme.Le forum permettant des discussions anonymes et sans aucune inscription Coco.gg a fait son retour sur le Web, mais sous un nouveau nom, révèle Ouest France. Le quotidien régional affirme en effet avoir découvert sa nouvelle identité, Cocoland.cc.Coco.gg avait été fermé en 2024 par la justice après de nombreux signalements, mais aussi des liens avec plus de 23.000 procédures pénales portant sur autant d'agressions sexuelles ou viols, en passant par le trafic de stupéfiant et des guet-d'apens homophobes. Il connaît une mise en avant médiatique considérable en septembre 2024 lorsqu'il est mis en cause pour avoir permis à Dominique Pelicot de recruter, pendant dix ans, des dizaines d'hommes pour violer sa femme, Gisèle Pelicot, alors droguée.Le site Cocoland.cc © Capture BFM TechDe nouveaux propriétaires qui se défendent de tout lienCocoland.cc, qui est toujours en ligne, a tout d'un nouveau Coco. Il reprend notamment ses mentions légales et son design, ainsi que son fonctionnement, puisqu'il ne nécessite aucune identification. On se contente de rentrer son pseudonyme et son âge, sans que celui-ci ne soit vérifié.Interrogé par Ouest France, un spécialiste en cybersécurité affirme même qu'il s'agit tout simplement de la même infrastructure, mais désormais accessible depuis un nouveau nom de domaine.Par ailleurs, le propriétaire de la plateforme semble s'être préparé à une demande de fermeture des autorités: Cocoland.cc est hébergé en Ukraine. La monétisation se fait par le biais d'annonces publicitaires, notamment gérées par Google Adsense et Brevo.Sur le site Cocoland.cc, un communiqué a été publié "à destination de la presse et des autorités": "Notre site n'encourage, ne tolère et ne facilite aucun comportement illicite," souligne-t-il, rappelant qu'en vertu du droit français et européen, "aucun site, aucune plateforme et aucun hébergeur n'est juridiquement responsables des agissements individuels de ses utilisateurs."Ses propriétaires se défendent de tout lien "juridique, technique ou organisationnel" avec l'ancien site Coco: "Seuls certains éléments visuels ont été repris afin de permettre aux anciens utilisateurs de retrouver des repères familiers. Cela ne reflète en aucun cas une continuité de l'ancien service."La charte à signer avant de rejoindre Cocoland.cc © Capture BFM TechLe communiqué ajoute que Cocoland.cc dispose d'une modération "active et renforcée" 24h sur 24 avec "des systèmes de détection automatiques des comportements abusifs" et "une collaboration ouverte avec les autorités compétentes".Notons que même si Cocoland.cc peut utiliser son statut d'hébergeur, il se doit, conformément à la loi, de modérer tous les contenus illégaux.Des procédures lancées pour fermer le nouveau siteSi Coco.gg a été créé par un certain Isaac Steidl, un entrepreneur français, le projet original a évolué grandement: il a profité d'un nom de domaine de l'île de Guernesey, avec des serveurs en Allemagne et un hébergement en Bulgarie, pariant sur les difficultés de coopérations internationales et européennes pour pérenniser son business. Isaac Steidl a néanmoins été mis en examen par le parquet de Paris en janvier 2025. Le propriétaire de Cocoland.cc, lui, a pris soin de s'anonymiser grâce à une fondation de protection de l'identité des détenteurs d'un nom de domaine basée au Pays-Bas.Alertée sur le sujet, la haute-commissaire à l'Enfance, Sarah el Haïry, y voit "une vraie gifle à la promesse de protection qu'on a fait": "Ces sites, ce ne sont pas des lieux anodins, ils utilisent toutes les failles, ils cherchent des proies, les proies ce sont des enfants," signale-t-elle sur RMC. "(Coco facilite) des guet-apens homophobes, des viols, du trafic de drogue et de la traite humaine.""Des procédures sont lancées", a-t-elle ajouté.Cocoland.cc n'est toutefois pas le seul site a tenté de faire revenir la plateforme Coco sur le devant de la scène. Peu après la fermeture du site original, plusieurs clones ont vu le jour, certains se révélant être des arnaques pour essayer de récupérer des données sensibles d'utilisateurs peu scrupuleux.Les plus lusUne Canadienne tuée dans une fusillade sur un site archéologique au Mexique, quatre autres personnes blesséesUn traceur bluetooth, une carte postale et deux timbres: comment un gadget à 5 euros a permis de suivre un navire de guerre qui escortait le porte-avions Charles de Gaulle en MéditerranéeLe roi Charles III rend hommage à Elizabeth II, sa "chère maman" et une reine "entièrement dévouée" qui aurait eu 100 ans cette année"On a vraiment merdé": primaire à gauche, municipales... Marine Tondelier remise en cause par ses opposants internesUn trophée de prestige pour Victor Wembanyama: le géant des San Antonio Spurs élu meilleur défenseur de l’année en NBA à l'unanimité
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